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Foi et Vie, 16 nov

DL" .NATURALISME A L IDEALISME

C'est pourquoi, soucieux de voir toutes les morales et de choisir la vraie,

Je suis parti, un jour, lanterne en main, comme Diogène autrefois cherchant un homme.

D'abord pour me donner un peu le frisson de la nouveauté {car, entre nous, c'était chose monotone, toutes ces morales contradictoires).

Je suis allé trouver ceux dont la morale est qu'il n'en faut point avoir {c'est un système, après tout, comme un autre, pensais-je).

Et voici le langage qu'ils m'ont tenu, bons sceptiques, qui m'ont paru croire bien ferme à leur scepticisme :

4 Point ne faut, nïont-ils dit, de rigide système. Peut-on prévoir l'imprévisible f Et tout le charme de la vie n'est-il pas dans l'imprévisible ?

« Remets-t-en aux circonstances du soin de te dicter l'état d'âme propre à les bien accueillir.

a Ainsi tu goûteras une série ininterrompue de petites jouissances instantanées.

a. Et la jouissance d'aujourd'hui n'entravera pas la jouissance de demain.

î Renonce à te traîner à la remorque d'un idéal. Ne renonce pas à l'idéal. Il ne faut renoncer à rien.

a Mais n'enchaîne pas ta vie : aie pour principe de n'en point avoir.

a Sois la chose ailée qu'un souffle emporte et qu'un souffle ramène ».

Ainsi de ces bouches parfumées tombait le conseil de me dissoudre en une poussière d'être.

De répudier la tyrannie d'une ferme volonté pour mieux me soumettre à celle du hasard.

« Non, leur ai-je répondu, vos préceptes ne sauraient m'agréer. Vous me faites penser en présence de la vie

i A des profanes qui écouteraient de la musique : leur oreille ne laisserait pas d'être doucement flattée par instants

« Ils auraient de petites secousses agréables et comme à fleur de peau. Mais à tout jamais 'M

« Ils ignoreraient le rythme profond, incapables * de s'y reconnaître dans Vallernance entrelacée des thèmes,

a Noyés dans l'harmonie comme dans une ivresse sans mémoire, sans conscience et sans but ».

De dépit, j'ai quitté ces hommes et j'ai braqué ma lanterne sur ceux

Dont je savais, non sans quelque intime anxiété, qu'ils me donneraient un moi d'ordre plus clair :

Car leur âme est comparable à une table de marbre où le bien et le mal sont gravés en caractères éternels.

C'est pourquoi ils parlent à autrui le sourire aux lèvres et le mépris au cœur,

Habiles à persuader par ruse et à convaincre par force.

Ils se sont donc jetés sur moi et m'ont dit :

Q. Quoi ? vous cherchez la vraie morale. Qu'y at-il de plus simple ?

« Ecoutez ce qu'enseigne, par notre faible organe, la tradition : notre vérité a fait ses preuves.

« Ce n'est pas en vain que Dieu a parlé ni que des hommes prédestinés recueillent ses paroles,

« En extrayant au fur et à mesure des siècles la riche sève que le profane ne saurait découvrir,

DU NATURALISME A l'idÉALISME 191

a Et qui met dans son cœur, par nos soins, le rassasiement et Vobéissance »

— « Hé quoi ? me suis-je écrié sans vouloir en entendre davantage, si mon âme a besoin d'être mise en tutelle,

d Oui vous donne le droit d'en juger ? Qui vous donne le droit de la mettre en tutelle ? »

— « Nous possédons la norme infaillible. Tu traverseras ta vie, guidé par nous,

CI Racheté par la beauté rituelle des actes que tu accompliras, même en ignorant cette beauté. »

— « Arrière, ai-je dit, mes actes vaudront ce que vaudra mon âme. J'ai une âme, entendez-vous ».

Et tout un long moment j'ai couru, avide de boire l'espace et de me sentir libre,

Comme un poulain sauvage qu'on aurait failli cloîtrer dans une écurie somptueuse.

De nouveau j'ai braqué ma lanterne et j'ai prêté l'oreille tout en marchant. Des voix sont venues jusqu'à moi en concert discordant.

i Sois logique avec toi-même, m'a dit quelqu'un.

— « Serai-je logique dans la mort ou dans la vie ? « Simplifie-toi, m'a dit un autre.

— « Oui me dira ce qu'il faut émqnder de Varbre ?

« Elargis-toi.

— « Quels horizons assigner ez-vous à ma conquête ?

a Sacrifie-toi au bien social.

— « Qu'est-ce que la société ?

« Sois juste.

— « Où est votre balance f

« Ne cherche qu'à comprendre.

— a Je ne comprends pas pourquoi comprendre. « Songe que tu as un corps.

— « Eh ! n'ai-je que cela ?

'( Agis à lout prix.

— e Mais encore que faire ?

a Absliens-loi.

— d Le puis-je ?

« Sois heureux d'être inquiet.

— « L'inquiétude serait-elle un remède à Vinquiétude ? »

Et comme j'avançais toujours, je me suis aperçu que j'étais fatigué

El qu'il y avait tant de morales à parcourir, oh ! un grouillement confus de morales,

Que je n'en viendrais jamais à bout.

Alors, un peu mélancolique, je me suis assis au bord de la route, posant ma lanterne à mes côtés,

Et, ma tête lasse sur mes genoux las, j'ai songé.

Parmi tant de belles morales que n'avais-je trouvé l'élue ?

Mais de tous les doutes qu'elles avaient fait naître en moi

•Je n'arrivai pas à me désespérer. En eux je pressentais ma délivrance

Et voici : peu à peu, d'avoir consenti à être fatigué, j'ai connu l'apaisement :

a O moralistes, vous tous, hommes à préceptes, et qui vous consumez en œuvres et en vertus de détail, écoutez :

a Malheur à moi qui vous ai demandé mieux que ma jeunesse et mieux que mon Christ !

« Vous voulez diriger mon action et ne me proposez même pas une raison d'agir.

DU NATURALISME A LIDÉALISME 193

« Vous distingue: le bien et le mal et vous ne croyez plus à rien.

« Vous m'offrez quelques miettes tombées de la table divine,

« A moi qui veux avoir part à tout le festin.

« Quand il s'agit de conserver la patrie et d'édifier la civilisation,

a Vous parlez bien de cimenter les consciences par une saine morale. Or sachez-le :

« Ce n'est pas du ciment, chose morte qu'il nous faut.

C'est une vie, c'est une foi, c'est un chant qui soulève le monde comme une poitrine :

« Que mes actes soient le reflet de mon âme,

« Que ma vie ou ma mort, ma souffrance ou ma joie se consument en témoignage,

« Que j'aie l'amour — et toute la morale me sera donnée par surcroît ! »

Gaston Riou.

Un critique pénétrant, qui connaissait très bien le théâtre et qui avait étudié de près ses relations avec les idées et les mœurs, J.-J. Weiss, distinguait deux dates capitales dans la littérature ou, pour mieux dire, dans le mouvement général des esprits au xix^ siècle : 1830 et 1852. Il insistait, comme on l'a fait tant de fois, sur l'opposition et le contraste de l'enthousiasme romantique et de l'esprit positif qui avait pris sa place à Tavènement du Second Empire, transformé la pensée et l'art, instauré le réalisme. Volontiers, il aurait résumé les différences des deux époques en ces deux mots : idéalisme et matérialisme.

Le 2 décembre a été une douche d'eau glacée sur des cerveaux en feu. Tout le travail de l'imagination française s'est arrêté net. On ne peut pas dire que le champ de la pensée se soit rétréci; la marche en avant de la philosophie naturelle, dont nous suivons chaque jour le progrès hardi, date de ce moment-là. Si le champ de la

t. Conférence faite par Firrain Roz.

pensée ne s'est pas rétréci, il s'est abaissé. Le coup d'aile est tombé; nous n'avons plus eu de char de Phaéton, ni d'essor à travers la nuée bleue. Éloquence, poésie, philosophie idéale, enthousiasme de la politique et de la liberté, ivresse de la foi et de l'amour, qu'êtes-vous devenus?

Qu'êtes-vous devenus au théâtre? — demandait en particulier le sagace observateur des productions dramatiques que lui offrait son temps. Et il dressait un réquisitoire contre les personnages de Dumas fils, de Victorien Sardou et d'Octave Feuillet. Tl s'indigne de ce que, dans Le Supplice d'une femme, ces personnages « ne valent et ne vivent que par les rapports légaux et sociaux qu'ils expriment », de ce que jamais ils ne nous font entendre l'accent profond de l'honnêteté, le cri du repentir, le vrai cri de l'âme :

Chez cette femme écrasée sous le poids de sa faute, la douleur et la honte du supplice supporté pendant sept années parlent seules. Quelle sécheresse ! Quelle dureté ! Et cette morale d'airain, ce serait toute la morale ! Au fond, il ne s'agit pas ici de nos devoirs, il s'agit des nécessités du mariage et des retours vengeurs de la loi sociale. De tels exemples peuvent rendre plus sages et plus prudents ceux qui les reçoivent, ils ne les convertissent point.

Weiss trouve cette prudence trop terre à terri. et cette sagesse trop positive. Mais ce qu'il reproche surtout à l'auteur du Roman d'un jeune homme pauvre, ce qu'il lui reproche comme une

trahison, c'est d'avoir, dans La Belle au bois dormant, transporté à son tour au théâtre le panégyrique du jeune homme riche et du jeune homme pratique, auquel appartient désormais le globe :

De toutes les victoires que réconomie politique, armée du code de commerce, a remportées depuis quelques années dans le domaine des lettres et ailleurs, la plus étonnante, la plus inattendue, est certainement celle qui a mis à ses pieds, avec Blanche de Guy-Chàtel, Marguerite, Bellah, Sabine et M""' de Palm.

Ces victoires de l'économie politique et du code de commerce, et toutes les victoires du même genre, celles de l'ordre légal, de l'ordre social, voilà ce que J.-J. Weiss considère comme un insupportable et brutal triomphe de l'esprit positif. Voilà ce qu'il reproche aux mœurs de son temps et au théâtre qui non seulement les reflète, mais contribue sans doute à les former.

Nous voyons mieux aujourd'hui l'exacte relation qu'il y a entre les deux époques et sans méconnaître les caractères par lesquels, en effet, elles s'opposent, nous sommes en mesure de mieux pénétrer peut-être le sens de cette opposition. Il nous apparaît assez clairement à distance que la réaction de 1852 s'est faite contre certaines conséquences des principes de l'époque précédente et non pas contre ces principes eux-mêmes. Nous avons compris que ce qui fait le fond du romantisme, c'est

l'exaltation, l'affranchissement, le déchaînement de l'individu. Nous voyons aussi que le Second Empire est né d'un besoin, d'un désir d'arrêter, modérer, comprimer, dans l'ordre politique et social, les effets de cet individualisme et de l'anarchie qui en était ou qu'on en croyait la suite. Il semble bien, dès lors, quand on essaie de regarder l'Histoire avec sérénité, que l'Empire de Napoléon III fut une tentative — louable ou regrettable, heureuse ou non, bienfaisante ou malfaisante : voilà ce qui ne nous regarde pas ici, et ce qui appartient aux discussions des partis et aux passions politiques — une tentative pour restaurer, avec l'autorité, un certain ordre lég»l et social dans le désordre moral. Et c'est de cette compression des effets, dans la persistance des causes, que naît le malaise, contre lequel ne cessent de protester ensemble, pour des raisons différentes, mais pour d'excellentes raisons, les légitimistes et les libéraux. C'est de ce formalisme que se plaint, et c'est contre ce réalisme social que proteste le critique libéral J.-J. Weiss, quand il les rencontre et les poursuit et les dénonce dans les pièces de Dumas fils, de Sardou et de Feuillet. L'esprit positif, les faits, la loi, les exigences sociales, — voilà ce qu'il n'aime pas, voilà ce qui lui paraît dur, — voilà ce qui explique pour lui la sécheresse, la brutalité de ce théâtre sans âme.

Oui, sans àme... Et c'est en quoi, précisément, on peut dire qu'il est, en effet, sans le vouloir et sans le savoir, matérialiste. Vous entendez bien qu'il ne faut pas prendre le mot au sens strict. Nous sommes ici non dans la philosophie, mais dans la littérature. Littérairement, cette tendance se manifeste par une transformation fâcheuse des personnages, que Weiss ne manque pas de signaler.

On ne met presque plus des hommes au théâtre. L'ancienne scène française connaissait des amoureux, des avares, des jeunes gens, des vieillards, des sots, des méchants, des coquins et des imbéciles. Tous ces gens-là, même ceux qui, comme Turcaret, tenaient le plus parfaitement de la brute, ne laissaient pas que d'être des créatures douées d'un certain discernement intellectuel et moral. Ils avaient, de quelque manière qu'on veuille définir l'àme, ce qui s'appelle une àme. C'étaient en un mot des personnes. On les a remplacés trop souvent par de purs pantins.

Voyez, ajoute le critique, le théâtre de M. Sardou : marionnettes. Si nous pouvons nous y plaire, c'est que nous avons affaire au plus étourdissant, au plus étincelant montreur de marionnettes. Mais il faut, comme Alexandre Dumas, qu'il soit toujours là, toujours derrière eux, toujours en scène, avec sa verve, avec son esprit, avec ses mots, avec ses tirades, à quoi nous ne pouvons pas plus échapper qu'à la faconde d'un cicérone chargé d'interpréter une collection de figures de cire.

Y a-t-il là une influence de la philosophie? J.-J. Weiss serait tenlô de le croire.

Les auteurs dramatiques ont pris, peut-être à leur insu, le spectre primitif et le type uniforme de leur homme-machine dans les diverses philosophies aujourd'hui en possession des intelligences, et il se peut que cette réduction des mouvements de l'àme à des mouvements automatiques, dont nous sommes choqués dans les pièces de M. Sardou et de quelques-uns de ses contemporains, atteste moins la décadence de l'art dramatique que l'altération de nos plus vieilles et de nos plus saines croyances.

Je ne le pense pas. Nos vieilles et saines croyances n'avaient pas attendu, pour s'altérer, le coup d'Etat du 2 Décembre. La théorie de l'hommemachinedate de la première moitié du xviii" siècle; elle est exposée sous ce nom même dans l'ouvrage de La Mettrie; si tous les contemporains de ce médecin matérialiste n'allèrent pas aussi loin que lui, ce n'est pas un esprit très différent qu'on rencontre dans le séduisant Traité des sensations qui fit de Condillac un chef d'école, dans L'Esprit, d'Helvétius, dans Le Système de la Nature, de ce baron d'Holbach que ses soupers avaient fait surnommer le «Maître d'hôtel de la philosophie». Tout cela n'avait point empêché, mais avait provoqué plutôt, par une réaction naturelle, cet enthousiasme, cette foi, ces élans de tendresse et d'amour, ces rêves de justice et de liberté, ces

longs espoirs et ces vastes pensers, cette poussée d'idéal et cette fièvre d'idéologie que J.-J Weiss admire dans la France de 1830, Pourquoi la France de 1852 serait-elle devenue soudain si sensible à la philosophie et à cette philosophie? En littérature, les sentiments et les mœurs l'emportent de beaucoup sur les idées, — qui sont elles-mêmes, beaucoup plus qu'on ne le croit, dans la dépendance des mœurs et des sentiments. Voyez, par exemple, l'idée de science. Au xvii^ siècle, elle reste parfaitement circonscrite dans le domaine des faits de la nature ; elle n'empiète ni sur celui de l'esprit, ni sur celui de la société. Elle donne naissance à une admirable discipline qui laisse subsister à côté d'elle toutes les autres disciplines, aussi indépendantes, et non moins légitimes. Le xviii* siècle, critique et batailleur, en fait une arme contre les institutions et les croyances : par elle, il espère tout détruire. Et voici qu'au xix' siècle certains lui demanderont une reconstruction universelle. Elle se flattera de supplanter la philosophie, qui en est si foncièrement distincte, la religion qui n'a avec elle rien de commun. Non, certes, ce n'est pas la science qui est matérialiste ou spiritualiste, individualiste ou socialiste ; ce sont nos opinions et nos croyances qui tirent à elles et tordent et déforment l'idée de la science. Et pareillement, mais bien plus encore, parce qu'il

LE MATEBIAI.ISME

s'agit de notions plus indéterminées, plus complexes, nos dispositions, nos instruments, nos mœurs commandent à nos idées, nous les font choisir, développer et forcer....

Revenons donc aux dispositions profondes que nous avons cru reconnaître, maintenues, contenues, et comprimées durant cette période qui s'ouvre vers 18.50 et qui marque l'avènement du réalisme. Ce sont elles qui reparaissent dans le naturalisme, et rien ne les contient cette fois. On oppose d'ordinaire le naturalisme au romantisme. Rien de plus faux. Le romantisme devait aboutir au naturalisme. Le romantisme disait : tout ce qui est dans la vie peut être dans l'art, doit être dans l'art, le laid comme le beau, le grotesque comme le sublime, l'ignoble comme le grand, et ce qui est abject comme ce qui est pur. Inévitablement on dira — et le pas sera franchi : — c'est même sur ces éléments nouveaux qu'il convient d'insister, précisément parce qu'ils sont nouveaux et qu'ils ont été méconnus : ce n'est pas assez que l'artiste revendique leurs droits : il doit leur assurer une revanche. Donc les laideurs, les ignominies, les bassesses ne seront même point considérées comme une partie de l'art, mais pour l'instant du moins, comme l'art tout entier. On se réclamera de la science, on se réclamera de la philosophie, pour ennoblir et relever la doctrine. En réalité, il y a là surtout une

réaction littéraire, une adaptation en partie spontanée, en partie consciente, volontaire et calculée, aux mœurs et au goût du temps, une exploitation de ces mœurs et de ce goût.

C'est ici qu'on voit nettement la solidarité, l'action réciproque, des mœurs et de l'art, si l'art subit l'influence des mœurs, les mœurs subissent à leur tour l'influence de l'art. Ils peuvent mutuellement s'ennoblir ou se dégrader. Il faut bien le reconnaître : depuis vingt-cinq ans, ils se sont l'un l'autre quelquefois — trop souvent — dégradés.

Donc, le naturalisme est venu. Vers 1885 il triomphait dans le roman ; il ne s'était pas encore impose au théâtre. La scène était occupée ou dominée par Emile Augier, Alexandre Dumas fils, par les imitateurs aussi ou les continuateurs de Scribe. De plus, le naturalisme n'est pas dramatique. Ni l'étude du milieu, ni la peinture de tous les aspects de la vie, et principalement des aspects négligés et négligeables, ne se prêtent aux lois du genre, à ses exigences et à ses conventions. Avec un grand talent et une incontestable originalité, Henry Beyie, qui n'était le disciple de personne, tira du naturalisme tout ce que le théâtre ne pouvait s'assimiler. Le Corbeau ei La Parisienne sont des chefs-d'œuvre de pessimisme, de dureté et d'ironie. Leur influence ne fut pas étrangère sans doute à l'esthétique du Théâtre-Libre. Mais dans les huit années où celui-ci

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