‹ Le matérialisme contemporainChapitre 6 sur 24 · Verdet, Théorie mécanique de la chaleur, p · texte numérisé non relu

Verdet, Théorie mécanique de la chaleur, p

2. Traité élémentaire de physique, par MM. d’Almeida et Boutan.

La physiologie vient à l’appui de la physique pour démontrer la subjectivité de nos sensations. "Voici la loi fondamentale de nos sensations, suivant Müller, le grand physiologiste allemand : « La même cause peut produire des sensations différentes dans les diverses espèces de nerfs; les causes les plus différentes produisent une même sensation dans chaque catégorie de nerfs (4). » C'est ainsi que l’électricité mise en contact avec chacun de nos sens détermine dans chacun d’eux des sensations spéciales : dans l’œil des phénomènes lumineux, dans l’oreille des sons, dans la bouche des saveurs, dans les nerfs tactiles des picotements. Les narcotiques produisent également des phénomènes internes d’audition et de vision, des bourdonnements dans les oreilles, des flamboiements dans les yeux, des fourmillements dans les nerfs tactiles. Réciproquement, la sensation lumineuse est produite dans l’œil par les vibrations de l’éther, par des actions mécaniques, par un choc, un coup, par l’électricité, par des actions chimiques. Il en est de même de chacun des autres sens. Müller conclut de ces faits que les sens ont chacun leurs énergies distinctes et déterminées, qui en sont comme les qualités vitales, et il approuve cette belle théorie d’Aristote, anticipation de tout ce que nous venons de dire, à savoir que la sensation est « l’acte commun du sensible et du sentant. »

Je suis loin de vouloir affirmer qu’il n’y a rien d’extérieur, et, comme on dit, d’objectif dans nos percep-

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