‹ Le matérialisme et la scienceChapitre 19 sur 39 · Sixième lettre , t. le', p · texte numérisé non relu

Sixième lettre , t. le', p

qu'à les extraire en fouillant les entrailles de la terre. Les combinaisons organiques ( l'albumine, la graisse et le sucre) sont éternelles, puisque la plante les prépare avec des corps simples qui sont eux-mêmes éternels, et que l'animal, après les avoir consommées, les rend au règne végétal sous forme d'ammoniaque, d'acide carbonique et d'eau. Une répartition raisonnable de la matière, voilà l'œuvre sociale et humanitaire de la science. Le devoir le plus sacré du savant est donc d'analyser les terres, les pierres, les plantes et les animaux, afin d'apprendre à apprécier les rapports exacts de cette répartition, à balancer le budget des recettes par celui des dépenses, la quote-part contributive de chaque être par la quantité correspondante des besoins qui réclament leur satisfaction légitime.

Une seule substance en acte , c'est-à-dire v.n mouvement de toute éternité, une seule l force diversifiée à l'infini, mais dont les manifestations variées sont réductibles à l'unité, toutes susceptibles de se transformer les unes

(Jans les autres; une seule loi, multiple en apparence par le nombre et la complexité des applications, et qui au fond n'est que mécanique pure, voilà le résumé de la doctrine. Le point fondamental, c'est le principe de l'unité absolue de la nature, cette idée que, dans la variété des phénomènes physiques, intellectuels et moraux, il n'y a pas de passage brusque d'un ordre de substances à un autre ordre, qu'il y a seulement transition insensible, ascension graduelle d'un ordre de formes et de phénomènes à un autre, dont l'ordre précédent contient la raison d'être et détermine les conditions. Chaque terme inférieur explique et produit le terme supérieur. C'est dans la matière que réside le principe du mouvement. C'est dans le mouvement qu'est la raison de la vie. C'est dans la vie qu'est la raison de la pensée. De sorte qu'en retournant au premier terme de la série on voit que la pensée et la vie ne sont que des formes du mouvement, lequel est la propriété originelle, inhérente à l'éternelle matière. Quant à la nature, n'ayant pas de principe

transcendant, elle n'a pas de but ni de fin en dehors d'elle-même. Elle est à elle-même cause et fin, principe et création, perfection enfin, puisque du premier anneau au dernier anneau de la chaîne elle est identité et nécessité.

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