Remarquer l'aualogie de cette théorie de la logique
Le raisonnement suggéré par l'observation des piiénoniènes conduit donc à instituer des expériences d'après lesquelles on reconnaît les causes d'où ils dépendent, et ce raisonnement constitue la méthode justement appelée expérimentale^ parce qu'en définitive Texpérience est le contrôle, le critérium de l'exactitude du raisonnement dans la recherche des causes ou mieux des conditions du phénomène. L'élément essentiel , le signe distinctif de cette méthode, c'est donc la vérification, puisque l'expérience instituée par notre esprit a pour objet de nous assurer que l'interprétation d'un phénomène est exacte. C'est la condition du contî'ôle qui est le vrai caractère de la méthode et qui lui donne sa valeur scientifique; sans cette condition, il n'y a dans l'ordre de la réalité physique que de V empirisme (observations faites avec plus ou moins de discernement, sans principe fixe et sans vérification
expérimentale, d'après M. Chevreul, avec celle que nous a donnée M. Claude Bernard. Voir le premier chapitre de ce livre, y)age 27.
suffisante) ou du do^milisme ( affirmations sans preuve)*.
La méthode expérimentale ainsi définie s'applique à toutes les sciences physiques; mais l'esprit de cette méthode est applicable même à des connaissances fort différentes des sciences fondées sur l'expérience sensible. Les preuves prescrites en arithmétique pour vérifier les nombres obtenus en pratiquant l'addition, la soustraction, la multiplication et la division, sont de véritables contrôles. Une erreur^ une faute d'attention peuvent avoir été commises. Ce n'est que la preuve faite^ c'est- à dire le contrôle, qui nous donne la certitude. Il n'y aurait certitude absolue sans la preuve que pour un esprit assez fort pour répondre de lui-même à chaque moment de sa vie intellectuelle, à chaque phase du raisonnement. Dans les sciences sociales, il y a un critérium, un contrôle tout naturel, c'est celui des faits précis (|ue l'on met en regard de cer-
1. Histoire des connaissances chimiques y p. 25, 233, 236» 355, el passim.
tailles conclusions obtenues par le raisonnement et qui les confirment ou les réfutent ^ Dans les sciences psychologiques dont M. Chevreul ne parle pas à cette occasion, tout moyen de vérification n'est pas non plus interdit, comme on l'a trop souvent et trop témérairement affirmé ; mais il est bien vrai de dire qu'ici les moyens de contrôle perdent quelque peu de leur rigueur et de leur exactitude positive. Pour vérifier l'observation psychologique que j'ai faite et la loi que j'en ai tirée, je décris le phénomène, j'en expose le détail et les circonstances devant d'autres consciences, qui m'approuvent en reconnaissant l'exactitude de ma description ou qui la censurent en me refusant leur adhésion. Évidemment l'élément mathématique de la mesure fait défaut, et je dois me contenter d'un critérium moral en l'absence de tout contrôle mathématique ou physique. Quoi qu'il en soit de ces divers moyens plus ou moins indirects de vérification, ce n'est pas là qu'il faut cher-