‹ Le matériel roulant des tramways a l'exposition de 1900Chapitre 4 sur 7 · L. Courtier · texte numérisé non relu

L. Courtier

3° Les locomotives sans foyer de la Compagnie Continentale d’exploitation.

La Compagnie Continentale avait exposé, sous forme de dessins et de photographies, différents types de locomotives sans foyer, en service ou étudiées par elle pour divers cas spéciaux, ainsi que diverses installations.

Les locomotives sans foyer ont été complètement décrites dans le Numéro de Décembre 1890 de la Revue Générale. Mais, depuis cette époque, certaines améliorations importantes ont été apportées à ces locomotives et nous indiquerons les plus caractéristiques.

a. Surchauffeur de vapeur. — Pour éviter le panache de vapeur, on condensait la vapeur d’échappement des cylindres, au moyen d’un condenseur à tubes, placé au-dessus du corps cylindrique de la chaudière.

Dans les nouveaux types de locomotives, ce condenseur à air a été supprimé et remplacé par un surchauffeur de vapeur.

Vers l’une des extrémités, le récipient est traversé par un gros tube vertical rivé sur lui et qui reçoit les appareils de surchauffe.

Ceux-ci comprennent un foyer conique, une grille circulaire mobile qu’on peut animer

d’un mouvement intermittent ou continu, dans le but d’expulser les mâchefers et les escarbilles ; un tube vertical de chargement, fermé à sa partie supérieure par un couvercle ; des vannes que le mécanicien commande de sa plateforme et qui permettent de régler l’entrée de l’air sous la grille et, enfin, les serpentins qui entourent le tube de rechargement et sont en contact direct avec les gaz du foyer. Le serpentin intérieur est parcouru par la vapeur se rendant aux cylindres et le serpentin extérieur par la vapeur d’échappement. Les gaz du foyer s’échappent par les trous percés dans la plaque horizontale et la vapeur d’échappement, après avoir été surchauffée dans le gros serpentin, vient se mélanger avec les gaz chauds, en sortant par les trous pratiqués sur le pourtour de la couronne. De cette façon, la vapeur d’échappement surchauffée, et mélangée aux gaz du foyer, qui sont encore à haute température, peut être complètement invisible à sa sortie. On évite ainsi le panache, en donnant au surchauffeur une surface de chauffe convenable.

De plus, la vapeur venant du récipient est surchauffée en passant dans le serpentin, avant de se rendre aux cylindres, ce qui, pour un même travail, produit une économie de vapeur et permet d’allonger les parcours.

Enfin, le foyer, placé au sein de la masse d’eau, lui cède une certaine quantité de calories qui tend à maintenir la température de l’eau du récipient.

Le combustible employé sur la grille est le coke.

La Compagnie a également étudié un second type de surchauffeur par combustion des huiles lourdes. Le type a été obtenu par la combinaison du système Francq et du système Seigle.

La Fig. 4, donne le schéma du surchauffeur par combustion d’huiles lourdes.

Fig. 4. — SURCHAUEKEUR PAR COMBUSTION D’HUILES LOURDES.

b. Automotrice sans foyer. — Nous signalerons également le projet d’une automotrice sans foyer, dont l’aspect extérieur a quelque analogie avec les automotrices électriques de l’Est Parisien.

Au centre, se trouve le véhicule moteur, supporté par deux essieux actionnés par un appareil moteur à cylindres extérieurs, alimentés par la vapeur fournie par la chaudière sans foyer, placée au-dessus.

En avant et en arrière de ce véhicule moteur sont fixés, au moyen d’articulations permettant la circulation dans les courbes, deux autres véhicules, servant au transport des voyageurs et supportés à leur extrémité par un bogie à deux essieux.

L’accès de ces deux deux véhicules se fait au moyen d’une porte placée de chaque côté au milieu de chacun des véhicules.

Ces automotrices d’une longueur totale de 20”, 52, peuvent circuler indifféremment en avant ou en arrière.

c. Chaudière à grand volume d’eau. — Ce dispositif s’applique plus spécialement aux lignes de tramways où la traction se fait au moyen de locomotives à feu.

Il consiste à employer une chaudière à grand volume et à emmagasiner dans cette chaudière, sur les parcours faciles ou sur les pentes, et à une pression supérieure à celle d’admission dans les cylindres, un volume d'eau supérieur à celui nécessaire pour la marche normale, et, par conséquent, supplémentaire. On bénéficie, ensuite, de ce volume d’eau, soit sur les parties difficiles du profil, sans demander une production exagérée de vapeur à la chaudière, soit dans le passage des agglomérations, en évitant ainsi la production de la fumée, en fermant temporairement le cendrier et en capuchonnant la cheminée.

Ce volume d’eau supplémentaire, dépensé dans ces cas exceptionnels, est ensuite restitué, en dehors des agglomérations et sur les parties faciles du parcours.

3me CLASSE.

Énergie produite par line usine centrale, puis distribuée en marche, au fur et à mesure des besoins.

Nous décrirons succinctement, dans cette classe, les automotrices présentant certaines dispositions différentes des types ordinaires, aujourd’hui bien connus, soit au point de vue de l’ensemble et de la disposition de la voiture, soit au point, de vue du truck, soit enfin au point de vue des organes moteurs.

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