LE CARDINAL ANTONELLI
çais, cela est difficile. Il faut pour cela un délit constaté, comme dans le cas de cet athée d'abbé Julio.
— Monsieur l'abbé, dit-il à Loubaire, d'un ton patelin, j'ai travaillé, je vous assure... Si vous saviez les peines que j'ai prises. . ., ce que j'ai dépensé pour vous, bien au delà certes de ce que vous m'avez confié. Tenez! je puis vous en donner une preuve positive. Je suis parvenu, moyennant finances, bien entendu, à savoir tout l'entretien de Son Éminence le cardinal Antonelli avec votre ambassadeur chargé de réclamer votre ami.
Et il lui raconta, dans tous ses détails, la conversation des deux diplomates.
La colère du Pyrénéen tomba. Ces races sont âpres et vives, mais elles sont droites, surtout elles sont généreuses. Le malheureux prélat était plus mort que vif. Il sentit pourtant que le ton de son interlocuteur s'adoucissait.
— Diable ! c'est terrible cela. Et vous ne pensez pas réussir autrement?
— Mon Dieu ! il n'y a plus qu'à arriver à faire intercéder auprès du pape. Je vais essayer... Oh! je vous promets de me presser... Mais je vous demande un peu de temps.
Soit. Je reviendrai dans huit jours.
Pendant que Loubaire se rendait triste et déconcerté à son hôtel, l'idée lui vint d'aller voir les
lieux où s'était passée l'équipée de Julio. Louise lui avait raconté la scène d'une manière très-pathétique.
— Je pars, se dit Loubaire, je vais visiter Notre- Dpme de Forcassi. Cela me fera prendre patience.
Le lendemain, blotti dans la voiture publique qui fait le service de Viterbe, il se rendait à Vefi'Lila.