‹ Le mauditChapitre 12 sur 57 · LE CONTREBANDIER · texte numérisé non relu

LE CONTREBANDIER

riale Napoléon III a échoué auprès du gouvernement delà Sanlila.

— Oui, lacomo.

— Cela est fort. Pourtant, sans vous autres Français, la Santita serait bien forcée de changer la tiare pour la mitre.

— C'est comme cela. On ne tient pas à nous prouver qu'on attache un grand prix à ce service. Au reste, mon petit prélat n'a pas été plus heureux que l'ambassadeur.

— Je le comprends, mais il a gardé vos pièces d'or.

— Oui, lacomo.

— Ah ! si j'avais eu le quart de ce que ce filou vous a enlevé !

— Qu'à cela ne tienne, lacomo, j'ai encore de Tor, et, tirant un rouleau de pièces de vingt francs, et déchirant le papier, le Pyrénéen versa sur la table du contrebandier mille francs en or. Jamais somme si énorme, et en espèces si brillantes, n'était entrée dans la cabane de lacomo.

— Reprenez cet or, dit-il à Loubaire, je suis payé, moi! La pauvre enfant a été généreuse à Voiscarcetta, et je sens que j'ai accompH à moitié ma tâche... Il faut sauver le frère.

— Vous auriez pour cela quelques moyens?...

— J'essayerai. lacomo ne se vante jamais; mais puisque Son Excellence l'ambassadeur de France

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n'a pas réussi, il faut bien que lacoino se décide à agir. Ce cher enfant ne peut pas rester là. Je ne l'ai vu que bien peu d'heures, mais il me par;jît si vrai, si bon, que je l'aime comme un fils. Il ne serait pas resté huit jours où il est; mais lacomo seul ne peut pas faire tout. Je vous en prie de nouveau, je vous le commande au besoin : serrez cet or ; il nous le faudra à Rome. Adieu, femme! prie la madone pour lacomo. C'est une terrible expédition; mais l'honneur est là.

Loubaire et lacomo partirent pour Civitta-Vecchia ; le soir même ils étaient à Rome.

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