‹ Le mauditChapitre 20 sur 57 · L0LI3E A TARIS · texte numérisé non relu

L0LI3E A TARIS

La première pensée de Louise fat pour sou frère. Était-ii parvenu à trouver quelqu'un qui pût donner de ses nouvelles à sa malheureuse sœur? Peut-être même, ô bonheur ! était-ce la nouvelle de sa délivrance? Elle reçut cet homme.

— Je vais être franc avec vous, mademoiselle, lui dit-il, je suis un envoyé des révérends Pères Jésuites. Mais je ne viens pas à vous en ennemi. Au contraire, je vous apporte des propositions de paix.

— Parlez, monsieur.

— Je dois d'abord vous demander une chose : Croyez-vous que les révérends Pères soient étrangers à tout ce que madame la comtesse de *** a fait contre vous dans un moment de zèle inconsidéré?

— Je n'en sais rien.

— Eh bien, mademoiselle, je puis, sur mon honneur personnel et sur celui de la Compagnie, vous affirmer qu'ils n'ont su l'aventure que huit jours après votre départ de Saint- Aven lin.

— A quoi bon ce que vous me dites là?

— Le voici : c'est que, maintenant, dans l'intérêt du bien, pour éviter d'autres scandales, eh! mon Dieu! il y en a déjà trop, il serait d'une extrêm.e importance de jeter un voile sur le passé. Les révérends Pères sont puissants ; les atteindre est difficile; faire du bruit n'amène pas à grand' chose. Il

est probable, mademoiselle, qu'une vengeance est au-dessous de votre noble cœur. D'ailleurs, vous êtes chrétienne, et je croirais vous offenser en vous prêchant le pardon des injures. Et s'il y a eu injure de la part des révérends, elle est, certes, j'en prends Dieu à témoin, bien involontaire. Je suis donc chargé de vous proposer un accord amiable. Yous prendriez le simple engagement verbal, tant on a de foi dans votre parole, de vous retirer paisible, n'importe dans quelle petite ville que ce soit, mieux encore dans une campagne, et là, de jeter le voile d'un silence éternel sur ce qui s'est passé. Les révérends Pères sont moins durs qu'on ne le suppose. Ils ajouteraient mille francs par an à la pension viagère que vous a laissée madame votre tante.

— Yous n'avez que cela à me proposer ?

— Mais, mademoiselle, j'oubliais l'essentiel. Les révérends Pères, qui sont puissants à Rome, prendraient l'engagement de faire sortir votre frère desprisons du Saint-Office, où quelquefois, — c'est, dit-on, un tribunal très-sévère, — l'on peut passer de longues années, à condition qu'il consentirait à se retirer dans quelqu'un des nombreux couvents de la ville ou il finirait paisiblement ses jours.

— Je ne puis prendre d'engagement au nom de mon frère, monsieur. Quant à ce qui m'est personnel, je n'ai rien à accepter des Jésuites, mieux

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