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EN PAYS LIBRE

guide, prirent la route de Rocca San-Stephano, la première bourgade qui se trouve dans l'Apennin, tiu delà de Subiaco, sur la frontière napolitaine. Les sbires pontificaux ne pourraient plus là les atteindre.

Loubaire, rendu dès la veille à Rocca-San-Stephano, attendait, avec une impatience fiévreuse, le résultat de cette nouvelle tentative, la dernière que ses finances épuisées lui eussent permis de combiner à l'aide du courageux lacomo.

Quel ne fut pas l'étonnement de Julio, quand la première voix qu'il entendit, en entrant dans la bourgade napolitaine, fut celle d'un Français qui lui cria : «Monsieur Julio ! » Pendant toute la route, ses deux compagnons de voyage n'avaient pu lui donner d'autres renseignements que le récit de Vostcria delta Sabina. Les deux braves avaient cru d'abord, très-naïvement, avoir été engagés par lacomo, leur ami, pour enlever une jeune fille. Ils étaient coutumiers de pareilles expéditions; mais enlever un prisonnier du Sanio Offizio, c'était grave ; et ils y eussent pensé à deux fois, si lacomo, connaissant les terreurs qu'inspire ce nom seul à la population romaine, n'eût pas eu l'habileté de se taire là-dessus. Ils ignoraient les circonstances qui avaient précédé leur coup de main, et le nom de Loubaire ne pouvait avoir été prononcé par eux.

14i LE MAUDIT

C'était donc une énigme pour Julio. Le Français s'avança, serra la main de l'abbé avec un véritable tressaillement de bonheur. L'obscurité ne permettait pas à Julio de distinguer les traits de ce nouveau personnage, et le son de sa voix, altéré par l'émotion, ne lui rappelait rien de distinct.

— Je suis Loubaire, celui que vous avez sauvé à Saint- Aventin. Je suis venu acquitter cette dette à Rome. 31ais où est donc lacomo?

Julio comprit tout. Loubaire était son libérateur.

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