DIPLOMATIE EPI5C0PALE
Le bon M. de Leich avait écrit à l'archeTêché de T. pour demander la réintégration de Julio dans le diocèse. Huit jours après il recevait une lettre gracieuse qui apprenait au magistrat protecteur de Julio que Monseigneur venait de nommer ce dernier curé de Melles, paroisse dans la montagne au-dessus de Saint-Beat. M. Julio de la Glacière n'avait donc qu'à se rendre à T.. où il trouverait ses titres au secrétariat, et de là pourrait aller prendre possession de sa. cure.
Ni Julio ni M. de Leich ne se doutaient des négociations qui eurent lieu, pendant ces huit jours, entre les deux archevêchés.
A la première proposition faite par le vicaire général ami de M. de Leich de donner un poste à Juho, l'archevêque s'était presque mis en colère.
— Moi, monsieur l'abbé! que j'aille reprendre
dans mon diocèse cet écervelé qui m'a déjà causé tant de soucis! vous n'y pensez pas! Non, mille fois non. Songez donc quelle position me serait faite! Chassé presque du diocèse de Paris, il serait censé trouver en moi un protecteur ! Que dirait-on à Rome, où les Jésuites, qui ne savent jamais s'arrêter dans leur haine, ont noirci ce malheureux, plus qu'il ne le mérite, j'en conviens? Mais enfin il a des torts. Il a toujours agi sans consulter seâ supérieurs. Tant pis pour lui, qu'il en supporte les conséquences.
— Je n'ai point à défendre M. Julio auprès de Votre Grandeur. Je ne partage aucune de ses idées ; au contraire, je le juge comme vous un peu brouillon. C'est un de ces utopistes que je crois fort dangereux à une époque où les prêtres, s'ils n'étaient pas contenus, feraient un tas d'extravagances qui compromettraient la religion. Je ne protège donc pas ces indépendants que tous les diocèses, d'un commun accord, compriment autant qu'ils le peuvent. Mais ici la question n'est pas sur ce point. C'est à un titre unique, celui de sujet du diocèse de T., que Julio demande d'y revenir. Il assure qu'il ne l'a quitté que sur la promesse formelle de Votre Grandeur qu'il y serait accueilli plus tard.
— Oh ! oui, oui, oui, dit l'archevêque, j'ai pu dans le temps faire cette politesse à M. JuKo, en