‹ Le mauditChapitre 54 sur 57 · DERNIÈRES PAGES DE JULIO · texte numérisé non relu

DERNIÈRES PAGES DE JULIO

la phalange compacte si fortement organisée en hiérarchie !

« La grande répugnance des corporations , c'est de dire qu'elles se sont trompées, même quand il s'ngitde choses qui tiennent uniquement à l'ordre humain telles que la science. 11 a fallu lutter pendant trois siècles pour détrôner la bizarre scolastique d'Aristote ; un corps puissant avait patronné cela. Que sera-ce quand il s'agira de choses religieuses? Quelle souffrance d'amour-propre pour les scribes de la loi nouvelle accoutumés à s'abriter sous le dogme de l'infaillibité de l'ÉgUse, quand il faudra avouer qu'ils ont été faillibles, et bien failUbles , et que leur malheureuse obstination a précisément conduit au bord de l'abiaie l'Église elle-même !

« Oh! non, prêtres, mes frères, tout vénérables que vous êtes par vos vertus privées, vous n'êtes pas infaillibles. Le dogme chrétien déclare que Jésus-Christ est au milieu de l'Église jusqu'à la fm des siècles, c'est-à-dire qu'il ne laissera pas l'erreur dogmatique prédominer dans son sein : c'est déjà un magnilique privilège que cette protection permanente de l'esprit de Dieu sur l'Église. Vous avez trouvé plus beau de prendre sur vous jqui n'êtes pas l'Eghse, mais une partdel'ÉgHse, de vous déclarer infailhbles. Vous avez fait dans l'Eglise le Pape inf^iillible, dans chaque diocèse

l'évêque infaillible, dans chaque confessionnal le curé infaillible : vous serez punis de cette prétention orgueilleuse. Plus l'humanité grandira, moins elle aura besoin de la tutelle sacerdotale. Déjà aux premiers âges du christianisme, à ces temps où l'esprit humain bégayait sur tant de choses, cette tutèle était à peine connue. L'Evangile a été longtemps une grande émancipation, plaçant l'homme sous une loi d'amour qui est une loi de liberté; il a fallu tous les malheurs, tous les abaissements subis par l'immense alluvion de la barbarie qui a couvert le monde depuis le cinquième siècle, pour que le prêtre, guide à la fois des choses de la vie et des intérêts de l'âme, se soit placé à toute heure comme un intermédiaire obligé entre Dieu et l'homme.

« Plus la civilisation avancera, plus nous verrons s'effacer l'action extérieure de la corporation sacerdotale. Mais le prêtre voudra-t-il faire ce sacrifice? Comprendra-t-il ces lentes et légitimes émancipa tions de l'âme humaine, comme à l'heure présente il méconnaît si misérablement l'émancipation civile, poUtique et sociale à laquelle il assiste, et dans laquelle il s'obstine à ne voir qu'une évolution de l'orgueil humain, une révolte contre Dieu au nom de Satan?

« J'ai cru longtemps, ainsi qu'avant moi quelques hommes de bonne volonté, qu'il était possible

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