LE .MAT VAIS \M \M L
question: « M'aime-t-elle? » II surpritun regard d'elle à lui qui la livrait toute. 11 n'en discerna pas la tendresse attentive, ei l'idée puérile lui vint, pour l'éprouver, de feindre une chute dans le vide.
— Je glisse, dit-il.
Elle poussa un cri d'effroi et fit un geste pour le retenir. Il songea : < Elle m'aime. » Aussitôt il ajouta, victime de sa détestable faculté d'analyse: «Ouplutôt elle craint de rester seuleici. » Françoise dit :
— Allons-nous-en, c'est dangereux.
Elle se levait. Il l'imita. Ils repassèrent par la brèche des buissons, gagnèrent l'autre extrémité du plateau. Un train passa au-dessous d'eux, pas très vite, avec des tètes de voyageurs encadrés par les portières. Il traversait la campagne, gros comme une chenille, et disparut sous le tunnel. Ainsi, de quelque coté qu'ils fussent, ils assistaient, comme d'un balcon, au spectacle de l'activité humaine. Ici un train gros comme une chenille, là un bateau gros comme un joujou. Une petite chose noire qui
parcourait la montagne, une petite chose
blanche qui sillonnait le lac. Rien que de petites choses que d'une pichenette ils eussent, semblait-il, précipitées dans le néant.
— Je me souviens, dit Françoise, étant enfant, de mon étrange saisissement quand j'appris que la terre tournait. Je me représentais l'instant où, dans sa rotation, elle nous présentait renversés à la façon des mouches qui marchent sur un plafond. Et je ne pouvais comprendre qu'on pût ne pas tomber dans le vide. Vous n'avez jamais eu cette impression?
Il sourit.
— Non, parce que je savais qu'il n'y a ni haut ni bas et que nous sommes toujoursplacés dans la direction du centre de la terre.
Elle resta silencieuse. Elle ne songeait plus ace qu'elle venait de dire, ni à rien. Leurs âmes se touchaient. Et il eut la sensation, maintenant, comme elle s'appuyait à son bras pour rentrer, qu'elle était toute à lui.
Alors la notion exacte de leur situation le fit sourire. Il pensa, étonné : « Quelle étrange aventure! Qui croirait, à nous voir réfugiés pour une idylle au sommet de cette montagne,
que nous y passons notre temps à discourir, qu'il es! question de tout, entre nous, sauf du sentiment impérieux e1 doux qui nous anime? Pourtant nos silences eux-mêmes proclament d'une façon éclatante que nous sommes ici pour nous aimer et que nous mourons d'envie l'un et l'autre de faire le premier geste qui nous réunira. » 11 se revit, la veille, dans sa chambre. « Bonn»' nuit, Françoise. Bonue nuit, André. Il ne lui avait pas encore pardonné de ne pas être tombée dans ses bras. Ici. ce souvenir le frappa qu'il avait ri, autrefois, des timidités d< Philippe. Il n'était pas timide, lui; mais s<>n orgueil le paralysait. Il se rendit compte qu'aucune simplicité de vie, aucun milieu apaisant n'aurait raison de cet orgueil. C'était une force tenace et irréductible par laquelle, toujours, seraient gâtées ses meilleures joies.
Après le déjeuner, le temps se brouilla. A travers les contrevents qu'ils avaient fait rabattre pour se protéger de l'ardeur du soleil, ils virent, dans le salon du chalet, grandir l'ombre. Les volets ouverts, la campagne leur
apparut livide, sous un grand nuage qui obscurcissait le ciel. Et aussitôt la pluie tomba, violente, crépitant sur les vitres. Ils contemplaient ce déchaînement de forces aveugles, cette subite colère des choses.
— Ce n'est qu'un orage, dit Françoise. 11 faisait trop beau, ce matin.
Une rafale de vent cribla la fenêtre derrière laquelle ils s'abritaient. Un noyer qui se dressait devant eux pencha ses feuilles ruisselantes el comme vernies par l'averse. L'eau s'abattait sur l'herbe avec fureur et rejaillissait en poussière. Puis l'orage cessa, porté plus loin par le vent. Et ce fut une pluie fine qui succéda, une désolante petite pkiiequi semblait ne pas devoir finir. Ils se regardèrent.
— Voilà notre journée gâtée.
Leur sentiment se teintait de la mélancolie de cette journée. Ils se sentaient amollis, l'un près de l'autre, étreints d'une façon très douce par la même émotion. Très légèrement, elle approcha la tête de son épaule, l'y posa, pendant que de son bras il enserrait sa taille. Us demeurèrent ainsi, sans paroles, sans pensées
peut-être. Ce qu'ils éprouvaient était à la fois vague e\ complot. Ils ne s'étonnaient pas de ce rapprochement immédiat et simultané, et s'ils ne disaient rien, c'est que. peut-être, les mots. par leur rudesse, eussent détruit le charme do celle minute. Pourtant, comme elle se sentait un peu grisée, par une sorte de pudeur délicate, elle s'efforça de parler d'autre chose.
— Ah ! voici le facteur !
Il arrivait botté, en blouse, protégé par un parapluie. Il déposa des journaux à l'adr d'André, qui fut contrarié parce que son arrivée troublait leur tête-à-tête. Us le virent repartir, d'un pas égal et sur, fumant une courte pipe de bruyère dont il tenait l'orifice dirigé vers la terre pour qu'elle ne s'éteignît point.
— Vous allez rire, disait Françoise. Autrefois j'avais un moyen très simple de prévenir la pluie, un moyen qui me réussissait toujours. Le matin, par exemple, quand le ciel se chargeait de nuages et que cela dérangeait mes projets, je n'avais qu'à faire une certaine prière, et, quelques heures après, le ciel se rassérénait.
— Kl quelle était cette prière?
— Je no vous la dirai pas. parce que vous vous moqueriez de moi. Evidemment, je ne suis pas crédule au point d'attribuer à ma prière la vertu de modifier l'état du temps; et pourtant jamais je ne subis d'échec.
11 plaisanta.
— C'est très joli ce que vous me racontez là.
— Ça vous amuse. Eh bien! je vais vous amuser davantage en vous disant que j'ai gardé superstitieusement une confiance sans limites à ce petit moyen que j'emploie, par exemple, toutes les fois que je veux retrouver un objet perdu.
— Saint Antoine de Padoue.
— Non. monsieur. C'est une prière à moi, très naïve assurément et que je répète exactement telle que je l'ai composée, petite tille, dans un français très incorrect. Quand j'ai cherché inutilement un livre, une lettre, un coupe-papier, une épingle à chapeau, quelque chose que j'avais là. tout à l'heure, à la portée de ma main et que je ne retrouve plus: quand
j'ai toul exploré sans résultat, je me recueille pour Paire mentalement ma petite prière, et, aussitôt, vous entende/ bien, j'avance la main vers un endroit précis où, vingt fois j'avais passé
sans rien y voir, et là. sans hésiter, je déplace un siège, je soulève ce coussin, et je trouve infailliblement l'objet que. je cherchais.
Comme il souriait, elle demanda :
— Je suis bête?
— Un peu, parce que vous ne vous rendez pas compte que, dans votre précipitation première à chercher, tout se brouille à vos yeux. vous vous énervez et ne trouvez pas. ce qui est bien naturel. Alors, pendant que vous vous recueillez pour faire votre prière, vous rassemblez tout votre esprit lucide, qui vous dirige cette fois vers l'endroit probable où se dissimule l'objet.
— C'est bien possible... dit-elle. Tout de même...
Ils s'avisèrent qu'il ne pleuvait plus. Elle triompha :
— Vous voyez 1 San> rien dire j'avais usé de mon talisman.
— Comme vous êtes jeune!...
— Et vous?
— Oh! moi!...
— Quoi? Vous n'avez pas trente ans et vous avez l'air désabusé. X'avez-vous pas d'illu-
.sions.
— J'en ai peu.
— Mais vous en avez.
— Quelques-unes, celle, par exemple...
— Celle?
Il lui prit le bras. Il lui dit d'une étrange façon, à la fois brutale et tendre :
— Dites-moi si vous m'aimez?
Elle eut envie de répondre en le regardant bien droit dans les yeux : « Vous le savez bien. » Elle pensa qu'il le devinait. Cet homme qu'elle aimait l'intimidait parfois singulièrement. Elle croyait le connaître, pénétrer ses moindres pensées, et il lui apparaissait toujours un peu inconnu, charmant et redoutable. Elle dit :
— Cette pluie a rafraîchi l'air. Voyez comme le paysage reluit. Et ces gouttes tardives qui roulent au creux des feuilles!
Il dit, sans lâcher son bras :
— (]e paysage m'importe peu.
Il voulait une réponse. 11 la voulait, puérilement, la sachant superflue, uniquement parceque Françoise ne paraissait pas disposée à la lui faire. Elle le vit froncer les sourcils, nerveux comme toutes les fois qu'elle lui résistait, et il cessa aussitôt de l'intimider; Bile fut joyeuse de ce pouvoir qu'elle avait de le troubler; elle discernait clairement l'avantage qu'elle retirait de son mutisme. Tout l'après-midi, il se poserait cette question : t M'aime-t-elle ? » et, faute de la pouvoir résoudre, son sentiment s'exalterait. Aussitôt elle objecta : «« Est-il possible que j'use la jolie tendresse qu'il m'inspire à ces calculs mesquins? > Elle surprit, à ce moment, son regard mauvais, imme il voudrait me détester! Jamais il ne m'a tant aimée ! » Ainsi, pour le prendre comme pour le garder, il fallait qu'elle ne se donnât pas trop vite, et jamais tout entière. La terrible chose ! N'était-ce pas lui qui la contraignait à ces ruses? L'attention qu'il portait aux moindres gestes qu'elle faisait venait de ce qu'elle lui apparaissait un peu énigmatique. « M'aimet-elle? » C'était comme un petit harpon jeté dans
son esprit. Elle tenait dans sa main l'extrémité du fil. Au contraire, si elle avait répondu, it savourerait égoïstement à cette heure, et sans s'inquiéter d'elle, la joie de son triomphe.
— Si nous sortions? dit-elle.
Elle alla mettre une pèlerine, pendant qu'il passait un pardessus et abaissait les bords de son chapeau mou. Il faisait uu peu de vent et Therbe sentait bon. Ils coupèrent parla prairie où ils mouillèrent leurs bottines, et gagnèrent la route. Us tournèrent à droite jusqu'à une sorte de rotonde où s'élevait une humble masure qu'une pancarte proclamait : Café de la Croix. Quelques tables vertes et des bancs attendaient des consommateurs qui, vraisemblablement, ne devaient jamais venir. A partir de cette rotonde. la route se transformait en un chemin circulaire qui descendait parmi les vignes. Le lac leur apparut, violàtre dans le crépuscule. Ils l'apercevaient comme d'une terrasse, si près, qu'il leur semblait que, d'un saut, ils iraient tomber dedans. En suivant le chemin. ïh atteignirent un endroit où s'ouvrait un escalier formé nar des dalles inégales et coupant les vignes. André dit :
— Allons voir où il mène.
Les du! 1rs étani mouillées, Françoise préféra
rester but le chemin, et André s'aventura seul. 11 descendit, écartant de la cannelés vignes qui débordaient. L'escalier devint plus rapide. 11 aperçut soudain le clocher d'un petit village qu'il ignorait et vit qu'il était très distant du lac. Alors il se retourna. La nuit était presque venue et la montagne se confondait presque avec le ciel sombre. Les choses, autour de lui. se faisaient indistinctes, toute cette étendue verte où se pouvait suivre encore la trace pâle de l'escalier. A ce moment, André crut s'entendre appeler. Il revint sur ses pas, «'tonné d'être allé si loin et impatient de retrouver Françoise. H remontait vite, essoufflé, enjambant les vignes débordantes, quand il aperçut au-dessus de lui, sur le chemin, deux ombres, dont Lune se détacha de l'autre.
Il appela :
— Françoise!
L'autre ombre répondit :
— Oui. c'est moi.
Il la rejoignit, demanda :
— Qui est-ce qui était avec vous?
— C'est quelqu'un du pays, je crois. Il m'a parlé. Je n'ai pas compris ce qu'il m'a dit. Mais, quand il vous a vu. il s'est éloigné. Voyez, c'esl cet homme qui marche devant nous.
Un individu porteur d'une holte remontait devant eux, en titubant, le chemin. Elle ajouta :
— ■ Il fait semblant d'être ivre, à présent.
— Rentrons, dit- il.
Elle prit son bras et ils marchèrent vite, dépassant l'homme. Comme ils arrivaient à la hauteur de la rotonde, un homme tenant une lanterne sortit du café de la Croix. Ils passèrent également devant lui. Mais Françoise, bientôt. entendit deux pas qui s'approchaient d'eux. Ils étaient sur la route et la nuit était venue. Elle se serrait contre André, un peu effrayée sans le dire et sans oser tourner la tète. Les pas se pressaient. Ils virent une petite lueur palpiter sur le sol. Deux hommes les atteignirent et les dépassèrent, l'homme à la lanterne et l'homme à la hotte. Ce dernier ne titubait plus; il marchait droit, en silence. André et Françoise ralen-
tirent L'allure et les virenl disparaître à un tournant. Pour ne pas se mouiller les pieds de nouveau sur l'herbe de la prairie, ils continuèrent de suivre la route jusqu'à un petit chemin qui conduisait à la ferme. Une fois dans ce chemin ils tressaillirent en entendant de nouveau qu'on marchait derrière eux.
— J'ai peur, dit Françoise. Ces hommes ont des allures louches. Ils se sont cachés derrière des buissons pour nous attendre.
André se sentit froid au dos. Cette défaillance l'humilia aussitôt. 11 s'arrêta et se contraignit à se retourner. Ce mouvement sembla surprendre les deux hommes, et l'homme à la hotte, qui s'était remis à tituber se laissa choir.
— N'y allez pas, dit Françoise. C'est pour vous attirer. N'y allez pas.
— La ferme est là. dit-il. Dépèchons-nous. En quelques pas ils y furent, pénétrèrent dans
la cour, le cœur battant. Françoise crut voir que les deux hommes s'arrêtaient un instant en passant devant la ferme. Ils contèrent leur aventure à M11' Chapu.qui les rassura. Les deux individus avaient dû se tromper de chemin tout
simplement. André, encore humilie d'avoir eu peur, se rangeait à cet avis. En l'état de leurs nerfs, avec ce que la nuit ajoute de fantastique aux choses, il n'y avait rien d'étonnant à ce qu'ils eussent été dupes de leur imagination. Mais Françoise restait émue, et, après dîner, quand il la suivit dans sa chambre, alluma son bougeoir et, comme la veille, voulut se retirer, elle le retint d'une pression de sa main un peu fébrile. L'orgueil d'André souffrit de cette constatation : «À quoi tiennent nos triomphes? Je ne dois de rester ce soir qu'à sa peur d'être seule. »
Il ne put lui échapper, cependant, que si la peur de Françoise était pour quelque chose dans son triomphe, elle n'en était pas la cause, mais seulement l'occasion.
Assis sur des pliants, dan- le petit bois de sapins, ils lisaient un livre que tenait André. Elle approchait sa tête de la sienne et lisait plus lentement que lui. Quand il arrivait à la lin d'une page, il constatait toujours qu'elle <:iait en relard, et il devait l'attendre puni' tourner le feuillet.
Peu à peu, la chaleur de cette joue contre sa joue, cette attention penchéesur le même livre, lui donnèrent des distraction-. Ses yeux parcouraient fidèlement les lignes dont le sens lui échappait en partie. II fut tenté d'arrêter là sa lecture et s'imposa l'obligation de n'en rien faire. Puis cette contrainte le taquina. Chaque fois que, pour l'attendre, il considérait un instant son profil grave et suivait le mouvement de se- yeux, il était imperceptiblement impatienté par sa lenteur et secouait le feuillet
pour qu'elle m* dépêchât. Comme il venait d'en tourner un. ils lurent ensemble celle phrase :
Marcel sentait remuer dans son âme un étrange sentiment. C'était une intraduisible mélancolie qui le prenait à se sentir vivre dans la plénitude de cet après-midi, à se dire que. dans quelques années, un jour comme celui-ci. dans la nature parée des mêmes couleurs, sur la rive de ce fleuve, il ne serait plus, ni nulle part, disparu de ce monde.
Il s'interrompit de lire pour demandera Françoise :
— Tu n'a- pas éprouvé cela quelquefois, quand il fait un soleil éclatant, par une trop belle journée?
— C'est quand on est trop heureux qu'on doit éprouver cela. Je n'ai jamais, jamais été trop heureuse. Et pourtant...
— Pourtant?
— Il me semble que, maintenant, j'ai tout à redouter.
— Qu'as-tu à redouter, chérie?
— Elle ouvrit la bouche et soupira. Il lui semblait que ce qu'elle ressentait s'évanouissait dès qu'elle voulait l'enfermer dans des paroles. Elle répondit :
— Rien.
Il n'insista pas. Il se rappelait que. la veille, quand ils n'étaient encore vis-à-vis l'un de l'autre que deux étrangers, il devançait par l'imagination son état présent. Il se «lisail :
<• Elle se promènera appuyée sur mon bras, et je me répèlerai enfantinement : « Elle est à moi! » Une langueur délicieuse nous fera nous asseoir côte à côte et je sentirai briller en moi une petite lueur persistante dans l'exquise lassitude de tout mon être. Je serai engourdi et lucide à la fois. J'enlacerai sa taille de mon bras et je songerai : «A présent je connais d'elle l'intime aspect réservé à l'amour. Nous avons éprouvé à la môme seconde le même bonheur. La seule communion possible entre deux êtres, nous l'avons réalisée. On ne peut humainement pour s'unir rien faire de plus que ce que nous avons fait. »
Et déjà il se voyait plein d'étonnement. Car il parait si probable que nous sommes nés pour souffrir que tout instant agréable semble une trêve et nous étonne. Il se voyait durant des
heures occupé à se répéter qu'elle était à lui, taudis qu'une vague de félicité soulèverait son cœur,
<( Elle est à moi, se dirait-il. Désormais, entre nous, il y a quelque chose que nous sommes seuls à savoir, et môme si nous devions rompre sur l'heure, rien ne pourrait faire que ce qui a été ne fût pas. » Alors la conscience d'être aimé, de pouvoir dispenser la peine ou la joie dans une àme attentive et chérie, la conscience d'avoir comme une dépendance de sa personne lui donnerait une autre façon de regarder, une façon plus décidée, plus assurée de parler et d'agir. Il porterait en soi le rayonnement d'un rêve comhlé et ses yeux auraient ce magnétisme qui aimante les autres femmes. Car l'homme aimé suscite sur son passage l'intérêt féminin. Est-ce un peu de l'ardent regard de sa maîtresse qui reste tixé au sien? Est-ce le fluide venu d'elle qui le transfigure? C'est un être nouveau qui aimante l'amour.
Ainsi raisonnait-il. la veille. A présent, il considérait, assise à coté de lui. cette femme en robe de linon léger. Il se disait: « Elle est à