‹ Le mécanisme cérébral de la penséeChapitre 11 sur 51 · W. Bcchlercw. La psychologie objective, p · texte numérisé non relu

W. Bcchlercw. La psychologie objective, p

non seulement aux perceptions directes de l'individu, mois aussi aux phénomènes associés de la vie psychique — images mentales, souvenirs, abstractions. Du moment que les perceptions externes se confondent tout à fait avec les réflexes cérébraux, les résidus de celles-ci qui jouent un si grand rôle dans la vie psychique, ne peuvent se rattacher qu'à la reproduction plus ou moins complète de ces réflexes. Il s'agit de savoir par suite, si l'expérience interne confirme cette hypothèse, se laissant ramener au schéma dune telle reproduction.

Commençons par les phénomènes mentaux qui proviennent tout droit des perceptions externes, nous voulons dire, par les images mentales d'origine mnésique ou associative. Les phénomènes moins précis, d'apparence autonome, qui interrompent souvent le cours de l'idéation viendront à leur tour en rapport avec les travaux de l'école psychologique de Wurzbourg à qui nous devons leur analyse au point de vue introspectif. Jugements rapides comme un éclair ou presque détachés de leur objet, pensées sans expression verbale, aperçus logiques, tout cela fait partie de notre vie mentale, et nous sommes loin de la réduire au schéma simpliste d'une « pensée par images », mais avant d'aborder les formes supérieures de l'idéation qui peuvent, en fin de compte, avoir un mécanisme différent, il convient d'achever la base, le mécanisme de l'idéation élémentaire qui provie^ du contact avec le monde extérieur.

Une fois reçues, les impressions se conservent à l'étal de souvenirs, reviennent par association, dégagent d'ellesmêmes ou font naître par une connexion mystérieuse, des idées ou notions générales. Ces résidus flottants de la perception ont pour nous, pour notre sens interne, une réalité tout autre : affaiblie au point de vue sensoriel et dépourvue de toute matérialité. Comment se rattachent-elles au mécanisme des perceptions?

De ce côté-là aussi on trouve des suggestions très importantes pour l'étude objective de la pensée.

La nature des images mentales a depuis longtemps attiré l'attention des psychologues, mais les difficultés de l'étude ont naturellement paralysé leur effort. Rares ont été ceux qui, ne se contentant pas de la comparaison courante avec un cliché photographique, se sont efforcés d'analyser et de préciser leur contenu. Un des premiers qui se fussent engagés dans cette voie, était R. Wahle \ actuellement professeur de philosophie à l'Université deCzernovitz. Dans sa remarquable étude « Le cerveau et la conscience », s'élevant contre Dubois-Reymond qui venait de conclure à l'existence de problèmes totalement insolubles, entre autres de celui du physique et du psychique, Wahle affirmait que ce dernier problème ne paraissait insoluble que parce qu'il avait été mal posé. Reprenant pour son propre compte la comparaison des données physiques avec celles de la conscience, du schéma objectif du cerveau avec le tableau des images mentales, il démontrait clairement qu'on avait tort de chercher entre les deux un lien direct, parce que chacun relevait d'un point de vue différent. Les données du monde physique étaient, il est vrai, aussi subjectives et aussi composites que les images mentales, mais elles présentaient un groupement plus durable et, ce qui est le plus important, toujours accessible au contrôle de la vue et du toucher qui manquaient dans le second cas. La différence était très finement notée. Les objets du monde physique, y compris notre propre corps, nous sont surtout connus par la vue et le toucher, tandis que les images mentales, outre qu'elles sont bien plus fugitives, échappent tout à fait au contrôle de ces deux sens. Quel droit avons-nous par suite de rattacher ces dernières à un schéma de cellules cérébrales? Malheureusement, après avoir démontré le mal fondé de cet effort et la nécessité préalable de leur appliquer un critérium objectif, Wahle ne réussit pas à réaliser ce postulat. Il déploya une patience et une préci-

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