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Marbe. Ueber das Urlheil, Leipzig

i-i LE MÉCANISME CEREBRAL DE LA PENSEE

dantes sur le cours de l'expérience, on n'y trouve rien qui puisse correspondre à ce qu'on appelle un lien logique. Dans le jugement la réponse vient tout aussi brusquement que dans l'assoeiation. Mais si l'analyse interne ne révèle

dans le champ de la eonscienee aucun élément nouveau, il n'en est pas de môme pour l'étude objective du phénomène. Du coté objectif le jugement se distingue d'une manière très nette delà simple association-, notamment par la présence d'une « donnée ». // n'y a de jugement que là où l'association ri est pas fortuite, mais pour ainsi dire « dirigée ».

Ce trait est saisi avec beaucoup de justesse, mais reste de nouveau tout à fait isolé. La « donnée » est un terme emprunté à la vie pratique, d'une valeur purement descriptive. Elle représente pour nous une impulsion qu'on reçoit du dehors ou qu'on s'adresse à soi-même, mais la nature de celle-ci reste tout à l'ait incertaine. Watt reconnaît du reste, expressément, quelle « n'a aucune valeur psychologique » et ajoute môme qu'elle « n'est pas susceptible d'une définition plus précise ».

En fin de compte, comme effort de synthèse, on ne trouve chez lui qu'un essai de déterminer le rapport de ces résultats aux théories courantes de la psychologie. De ce côtélà il les reconnaît d'abord incompatibles avec la théorie physiologique de l'association, basée sur un schéma de cellules et de fibres associatives. La complexité du processus mental est évidemment loin d'une connexion purement mécanique. Comme résultat positif, il trouve une certaine confirmation de la théorie de Wundl, notamment en ce qui concerne sa doctrine de l'aperception. Finalement, dit-il, nous avons devant nous trois régions plus ou moins définies : la région des tendances propres du cerveau qui sert de base aux autres, la région de la donnée et la région ou les premières entrent en interaction avec la seconde. La région des tendances propres comprend ce qu'on appelle « l'activité aperceptive » du cerveau, la seconde comprend ce qui reste de l'aperception dans le sens de Herbart et la

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troisième, ce qui fait le noyau de la théorie de Wundt 1 » .

Nous citons les propres termes de l'auteur pour montrer combien sa conclusion est vague et toute sa conception, empreinte d'un esprit métaphysique. Quelles sont ces « régions? » Comment se rapportent-elles l'une à l'autre? Formule imagée, sans aucun appui du côté de l'expérience ! Après cela, on ne s'étonne pas de trouver le processus même de la pensée défini comme une collision et interaction de divers éléments dans la conscience qui les réunit. Il est vrai que cette dernière phrase ne prétend pas à l'exactitude d'une définition scientifique. C'est une formule provisoire, descriptive, mais telle quelle, on ne peut plus caractéristique pour les travaux de l'école de Wurzbourg. Elle caractérise bien la portée de leur méthode, en les rapprochant beaucoup de ce pragmatisme ou néo-réalisme qui, dans la psychologie générale est si ardemment prêché par Lipps 2. On sait que celui-ci est l'opposé même de la théorie empiro-critique et de toute décomposition des données ps\ rhologiques. Les pragmatistes ont essayé de prendre les données de l'expérience interne — le « moi », les images mentales, les états de conscience, etc., — comme elles se présentent dans la vie pratique avec leur apparence d'unité et de réalité, mais cela les a entraînés à en accepter d'autres qui sont tout à fait conventionnelles, par exemple, l'entité même de la conscience et les a fait rentrer dans les voies de la métaphysique. Voilà donc le sort qui menace les travaux du laboratoire de Wurzbourg.

Mais il n'y a pas qu'un seul moyen d'interpréter leurs résultats. Si on se place au point de vue de la psychologie objective, si on essaie de rattacher les données du sens interne à des processus cérébraux, on s'aperçoit que ces expériences ont un tout autre sens.

Le fait est que de ce point de vue-là tout ce qu'on perçoit

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