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CHAPITRE PREMIER

Réduction des phénomènes mentaux au fonctionnement des réflexes cérébraux. — J. Sétchénoff. Première esquisse du mécanisme cérébral de la pensée. — J. Pawlow. Les travaux de son laboratoire sur le réflexe salivaire. — W. Bechterew et ses disciples. La psychologie objective. — Contradiction des premiers essais avec les données contemporaines de la psychologie subjective et de la physiologie des sensations. — Contributions actuelles de la physiologie et de l'analyse des états mentaux. — Perceptions visuelles. — Perceptions auditives. — Images mentales. — Idées. — Identification complète de ces phénomènes avec les réflexes cérébraux.

Le principal effort dans la découverte du mécanisme cérébral de la pensée a été fourni comme nous l'avons déjà dit, par les psychologues russes, par les travaux sortis dernièrement des laboratoires de W. Bechterew et de J. Pawlow. Ceux-ci n'ont pas, il est vrai, le mérite d'une priorité absolue, la thèse qu'ils soutiennent ayant été formulée un demi-siècle auparavant par l'illustre prédécesseur de ces savants, J. Sétchénoff. « La pensée, c'est les premiers deux tiers d'un réflexe cérébral » avait dit celui-ci dans sa mémorable étude intitulée « Les réflexes du cerveau1 ». Mais la valeur d'une formule dépend tout à fait de l'appui qu'elle trouve dans la science expérimentale et, sans contester un seul instant le caractère génial des idées de Sétchénuff, nous n'aurons aucune difficulté à prouver que l'hypothèse qu'il formulait en ces termes, était sans appui du côté de la physiologie, et même, comme on verra plus loin, en contradiction avec certaines données de cette dernière.

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