W. Scott. Marmion. Trad. Montémort, 1832, p
RECHERCHES SUR LE MÉCANISME d'un GÉNIE POÉTIQUE 219
« Le nouvel écu du Templier représentait un corbeau volant à tire-d'aile, qui tenait un crâne dans les serres et portait pour devise : Gare le corbeau 2.
M. Berret ajoute que cette idée pouvait être renforcée par la notion générale des animaux justiciers dont on trouve des exemples dans l1 « Histoire romaine » de Rollin et dans les légendes rhénanes qui étaient familières à V. Hugo. Parmi ces dernières il y en a même une où le corbeau, défenseur de la jeune Williswinde, arrache les yeux de son agresseur, tout comme l'aigle du casque le fait à Tiphaine. Evidemment, c'est le propre du génie de faire des rapprochements de ce genre, mais il est intéressant de constater qu'ils reposent sur des évocations tout à fait précises. On voit ici que le dénouement si pathétique de 1' « Aigle du casque » est aussi strictement déterminé par l'expérience antérieure du poète que les modifications de détail imprimées à la donnée principale. C'est un enchaînement plus hardi, un enchaînement de réactions qui n'ont jamais été associées, mais c'est toujours un enchaînement de réflexes ayant leurs voies déjà tracées dans le système nerveux du cerveau.
Voici l'action établie du commencement jusqu'au bout. Mais là ne se borne pas la recherche des sources du poète, M. Berret s'attache ensuite aux détails et découvre des faits qui présentent une véritable révélation. Telle est d'abord la détermination des tableaux descriptifs du poème par les romans de W. Scott. M. Berret prouve d'une manière très intéressante que la description du site où se produit la rencontre, relève à la fois de la vallée de Douglas dans le « Château dangereux » et de la lice de la Tay dans la « Jolie fille de Perth », tandis que la mise en scène du combat rappelle le tournoi d'Eachin et Henry dans ce dernier roman. Naturellement, il n'y a pas là de reproduction directe, comme dans le « Mariage de Roland »,