Bechterew. La psychologie objective, p
KosTvr.EFF. — Mécanisme. -''
à l'union de l'étude objective avec l'introspection comme nous l'avons établie plus haut.
Peut-être pourra-t-on espérer de ce résultat des conséquences pratiques non seulement pour l'étude de la vie mentale, mais aussi pour le traitement des troubles mentaux! Notamment, dans la voie psychologique préconisée par l'école de Freud pour l'hystérie, les névroses et môme, comme on l'a vu plus haut, pour certaines psychoses.
Certains critiques ont contesté la nouveauté de cette méthode et semblent par là limiter aussi les espérances qu'on peut fonder là-dessus. Ainsi, M. Pierre Janet dans sa communication au Congrès médical de Londres prétend avoir depuis longtemps usé de procédés semblables à ceux de Freud, les désignant comme « analyse psychologique des troubles né vropathiques » *. Il dit s'être toujours préoccupé de la recherche des « souvenirs traumatiques » susceptibles d'avoir été le point de départ de la névrose ou d'avoir préparé le terrain de celle-ci. Mais il ne semble pas l'avoir fait d'une manière aussi systématique, ni d'avoir poussé ses recherches aussi loin que les freudistes. 11 convient lui-même n'avoir eu recours ni à l'interrogatoire direct, ni à l'analyse des inspirations du malade, ni aux expériences d'association, et avoir surtout cherché à surprendre le secret de ce dernier en l'observant à son insu. D'autre part, dans la partie de son manuel consacrée au « traitement psychologique de l'hystérie 2 », il ne cite que les procédés empiriques de la récompense, de la menace, de l'émotion religieuse et, comme procédés artificiels, l'isolement, le sommeil hypnotique et la suggestion. L'analyse psychologique n'est, chez lui, qu'un moyen subsidiaire et très vague. Voilà ce qui est, pour nous, le point capital. Chez Freud aussi l'emploi de la psycho-analyse est jusqu'à présent tout à fait empirique et, par suite, susceptible de
1. Compte rendu du Congrès de 1913 à Londres. Oxford University Press, London.. sect. XII, part. I.
2. P. Janet. L'état mental des hystériques, 1911 (Paris, F. Alcan).
déviations dont nous avons déjà signalé le danger. Cela s'explique bien lorsqu'on pense que les uns et les autres ne savent pas au juste sur quoi portent leurs efforts. Voici, par exemple, comment M. Janet s'exprime au sujet de l'idée fixe. « J'ai considéré un souvenir, dit-il, et en particulier une idée fixe, comme une construction, un système composé d'une foule de phénomènes psychologiques associés les uns avec les autres. Ces éléments sont : quelques tableaux visuels, des images empruntées aux différents sens, un petit nombre de tendances motrices et surtout des phrases, des mots. Ce sont les mots qui incarnent en quelque sorte l'idée fixe et qui servent souvent à évoquer tout le reste. J'ai cherché à décomposer ce système en le démolissant, pour ainsi dire, pierre par pierre, C'est ce que l'on peut appeler la dissociation de l'idée fixe. f »
Dans ces « systèmes » les « tableaux visuels », les « images empruntées à différents sens » sont des données tout à fait imprécises. Il en est de même pour Freud chez qui les termes « images mentales », « souvenirs » « traumatismes psychiques » n'ont, de son propre aveu, qu' « une valeur purement descriptive ».
N'avons-nous pas lieu d'espérer que le traitement psychologique deviendra plus sûr et plus productif, lorsqu'on se sera rendu compte qu'il a pour objet des phénomènes tout à fait précis, — des enchaînements de réflexes cérébraux ?
N'oublions pas qu'un des obstacles à l'emploi de la psycho-analyse a été jusqu'à présent la longueur de ce traitement. M. Janet raille un peu Freud de ce qu'il recommande ici la patience, prétendant que rien n'est plus commun aux aliénistes que de perdre des heures et des heures à examiner le malade 2. Nous objecterons que malgré cela rien n'est plus décourageant que de chercher à l'aveugle et que l'analyse psychologique a dû rester mainte fois