‹ Le mécanisme des allures du chevalChapitre 5 sur 15 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Le galop.

C’e6t encore Mistigris et les clichés de M. Marey qui vont nous aider à décomposer le mécanisme du galop.

Le galop, qui est l’allure la plus rapide, est aussi celle qui exige le plus d’efforts musculaires de la part de l’animal, comme vous pouvez en juger (Proj. n° 23). Un cheval, quelles que soient d’ailleurs son énergie, la force de sa constitution, la vigueur de sa santé, ne pourra jamais bien galoper s’il n’a les éminences osseuses convenablement disposées pour cette allure et des rayons proportionnés. Il convient donc de n’imposer un galop de longue durée qu’à un cheval bien constitué ou tout au moins convenablement préparé. En tout état de cause, nous ne devons employer le galop qu’avec la plus grande circonspection. Nous aurons l’attention de ne galoper que sur les bas côtés des routes ou sur un sol ameubli ; et nous éviterons soigneusement le galop sur une route empierrée et à plus forte raison sur le pavé, ce qui nous conduirait

1. M. la capitaine Saffroy est le pre'sident de « la Réunion Hippique des officiers de réserve et de l’armée territoriale ».

LE GALOP

infailliblement à la fourbure ou aux boiteries graves. N’oublions pas que, pour être soutenu longuement avec avantage, le galop exige une grande perfection sous tous les rapports et qu’il ne peut être demandé indistinctement à tous les chevaux.

Le galop ordinaire est une allure à trois temps, c’est-à-dire que le pas complet est marqué par trois battues d’un rythme caractéristique et particulièrement facile à reconnaître. Dans le galop à droite que nous allons examiner tout d’abord, la première battue est marquée par l’appui du postérieur gauche, ainsi que nous le montre Mistigris sur la projection n° 23. Le postérieur gauche supporte à ce moment tout le poids de la masse qui vient de retomber

Proj. a» 23.

Le galop à droite. — 1« temps. — Chronoph. Marey.

sur le sol après la suspension et le paturon est infléchi d’une façon caractéristique. Pour provoquer une pareille flexion chez un animal qui n’est pas très long jointé, il faut évidemment que les actions du galop et même du petit galop soient particulièrement énergiques et par conséquent fatigantes et pénibles. Remarquons qu’à ce moment le cavalier a quitté la selle sous l’influence du contre-coup de la première battue.

Projection n" 24. — Le deuxième temps est marqué par le poser du diagonal gauche qui va donner à la masse l’impulsion que né-

cessite un pas de galop ; le postérieur gauche, qui a agi dans le

Proj. n» 24.

Le galop à droite. — 2« temps. — Chronoph. Marey.

même sens, touche encore en pince le sol qu’il va quitter. Le cavalier commence à retomber en selle.

Projection n° 25. — Le troisième temps est marqué par le poser de l’antérieur droit, sur lequel le cheval pivote en quelque sorte danz son mouvement en avant. C’est le membre qui marque ce

troisième temps qui donne son nom au galop. On croit généralement que dans le galop à droite l’antérieur droit est toujours en avant du gauche ; c’est une légère erreur. Sur une série de dix images successives reproduisant les phases d’un pas de galop à

LE GALOP

droite, on en relève trois sur lesquelles l’antérieur droit est en retard par rapport à l’antérieur gauche, une sur laquelle il est au même plan et six sur lesquelles il le précède.

A ce troisième temps du galop que nous avons sous les yeux, le cavalier est droit et assis dans la selle.

Pl'oj. no 26.

Le galop à droite. — Suspension. — Chronoph. Marey.

Projection n° 26. — Enfin, ce dernier cliché du galop à droite nous montre, la suspension. Nous remarquerons que la distance

Le galop à gauche. — 1 er temps. — Chronoph. Marey.

verticale au-dessus du sol mesurée au garrot, atteint à ce moment son maximum ; elle est cependant moindre qu’on ne se l’imagine

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