Psychologie physiologique, eh. ix
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seulement passagers, mais permanents. Les émotions morales rc^pétées ont exacleraenl le même effet et produisent à la longue un état d'i^raotivité, morbide souvent. Le cerveau, ici comme partout, obéit aux lois physiques ordinaires.
De quelque façon qu'on envisage Témotivité, on arrive toujours à cette conslatalioo que c'est la diffusion des modifications c(?rébra]es qui la constitue, que cette diffusion se produise pour une raison ou pour une autre, constitution anatomique, résistance physiologique, forme ou quantité de l'énergie, forme ou intensité de l'excitation.
Nous voyons aussi que les excitations internes vagues et diffuses modifient l'émotivité bien avant qu'il y ait aucune représentation en cause, la représentation étant souvent la conséquence même de l'état émotionnel, l'explication après coup de cet état par le sujet qui le ' constate et le ressent. C'est que ces excitations cénea- Ihésiques ébranlent d'une façon profonde et générale le cerveau.
Le rôle de la représentation dans le développement b de l'émotivité peut donc être extrêmement faible. Il j n'en est pas de mGme, d|ail!eurs, pour la production de l'émotion, une fois l'émotivité développée. S'il paraît considérable dans le cas des excitations psychiques, cela tient tout simplement à ce que, par suite des associations infinies entre les représentations, tous les centres du cerveau peuvent entrer on jeu simultanément.C'est alors par le fait de ces irradiations cérébrales multiples que la représentation est, plus que toute autre excitation, facteur d'émotion.
Comment se manifeste l'émotivité chez les différents individus? Rien n'est plus varié et ne nous montre
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mieux l'importance de l'émotivil^ dans le développement de l'émotion et ponr sa compréhension. On a l'habitude de décrire les diverses émotions comme constituées par les mémos phénomènes che^ tous les individus. Mais il suffit d'y regarder d'un peu près pour constater qu'au contraire chacun fait son émotion à sa manière, ot que, quelle que soit la nature de cette émotion, triste on s*'p. pénible ou agréable, la réaction dominante est toujours la même. Pour les émotions générales, comme la tristesse et la joie, G. Dumas est déjà arrivé à cette conclusion, qui paraît absolument exacte, que la tristesse active et l'excitation agréable présentent les mêmes réactions. Cette constatation ne paraît pas très favorable à l'opinion que l'émotion tient à la conscience des variations périphériques.
Mais ce qu'on observe pour des états aussi généraux que la tristesse et la joie, on l'observe pour toutes les émotions. La peur, si souvent prise comme exemple d'émotion, à cause de la facilité avec laquelle on peut l'étudier expérimentalement, et do ses réactions grossières, présente les réactions les plus diverses, les plus opposées même ; elle fait pftiir ou rougir, fuir ou s'immobiliser, battre le cœur ou l'arrêter, trembler ou se contracter; elle est dynamogène ou inhibitrice, selon les gens. On pourrait en dire autant de toutes les émotions grossières. Mais, c'est surtout dans les émotions délicates, dans les émotions-sentiments proprement dites, que cela se manifeste d'une façon beaucoup plus marquée.
La réaction personnelle fi l'émotion, en général, est souvent toujours la môme cliez un individu donné, quelles que soient la nature et l'origine de son émotion. Tel la ressentira toujours à la tête, et toute émotion
UODES DE L'ËUOTIVITÉ p<?nib!e, loule contrariélé, se traduira par une céphalée ; tel autre éprouvera des palpitations, de l'oppression cardiaque ; tel antre encore aura de la gène respiratoire ; celui-ci ressentira un malaise à l'estomac, une constriction, un spasme, de Iti perte d'appélit, ou, au contraire, du vide et de la fringale; celui-là présentera des troubles intestinaux ou urinaires, coliques, mictions fréquentes, etc., un autre encore aura des phénomènes sécrétoires généralisés ou limités. Chacun localise ainsi ses réactions émotionnelles sur un système ou sur un organe. 11 s'y ajoute des phénomènes accessoires, mais il y a toujours ainsi une réaction dominante absolument personnelle. Cette localisation, cette prédominance d'u'ne réaction spéciale commune à toutes les émotions, montre que l'émotion elle-même n'est pas In génératrice directe des réactions dont elle s'accompagne: ce qui importe c'est l'éraotivité cérébrale. .Celle-ci n'est pas identique dans tous les points du cerveau, ou, du moins, le cerveau ne présente pas partout la même résistance aux décharges d'énergie cérébrale. Il a des points faibles, et la manifestation organique périphérique révèle ces points do moindre résistance. Ce sont eux qui subiront toujours les premiers, et avec le plus d'intensité, toutes les excitations capables de retentir sur l'ensemble du cerveau.
La forme des réactions n'a donc qu'une importance très relative pour caractériser les émotions, en ce qui concerne, du moins, leurs manifestations viscérales. Les mouvements d'expression seuls présentent des particularités assez spéciales aux diverses émotions. Mais les mouvements traduisent beaucoup motus l'état émotionnel que les modifications viscérales. Les mouvements peuvent être, en effet, produits artificiellement,
ÉHOTIVn^ ET ÉMOTION volonlairem(?nl, tandiit que lea modifications viscérales se produisent d'une façon spontanée, involontaire, et , traduisent le trouble profond de la personnalité, basée essentiellement sur la cénesthésie organique.
Il est en outre à remarquer que l'émotivité peut être mise en jeu parcertaines excitations et pas par d'autres, de même que certains explosifs déÛagrent sous l'influence de certains chocs et pas sous d'autres. Tel individu sera très impressionnable à l'idée d'une maladie qui peut l'atteindre, et restera insensible à celle d'une perle d'argent; tel autre s'attendrira sur la contrariété éprouvée par une personne qu'il aime, et passera indifférent devant une misère sociale. Il y a là une question de caractère, de tendances, c'est-à-dire d'organisation constitutionnelle, originelle, du cerveau. Aussi peut-on modiiier, atténuer l'émotivité, on ne modifle pas ces tendances qui sont le fond mëmo de notre, nature, de notre personnalité. L'intensité avec laquelle elles se manifestent varie suivant l'intensité de l'excitation, suivant le degré de l'émotivité, mais leur forme est toujours la mCme,
11 est enfin certains états oii l'émotivité se montre à l'état isolé, indépendant de toute cause provocatrice. Elle se traduit par de l'inquiétude vague, une sorte d'apprébension pénible, allant souvent jusqu'à l'angoisse. Cette inquiétude ou cette angoisse se localise tantôt dans l'appareil respiratoire — suffocations, dyspnée; tantôt sur le cœur — palpitations, serrement de cœur ; tantôt sur l'estomac — sorte de malaise indéfinissable, s'accompagnanl de tristesse, de dépression morale. Dans certains cas c'est un énervement général, une instabilité physique et morale, avec agitation motrice, et douleur morale.
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