‹ Le mécanisme des émotionsChapitre 22 sur 70 · RETARD DES ÉMOTIONS · texte numérisé non relu

RETARD DES ÉMOTIONS

représentation de celle perception se bornait là, elle n'amènerait pas d'émolion non plus. Mais elle ne s'en tient pas lii : elle comprend non seulement l'événement, mais les conséquences possibles de cet (événement. SouB l'influence de la perception primitive de l'événement s'étaient développées des réactions adéquates k Texcitation ; M, X... s'était préparé à sauter de voiture, M"" M... avait couru chez ses enfants, l'homme atteint ou non dans un accident avait fait les mouvements nécessaires pour y échapper, la mère avait consolé les siens et pris les dispositions que comportait la mort de son fils. Cette conformité des réactions aux perceptions excluait toute émotion, d'après la conception même que nous avons émise de l'émotion. Mais lorsque surviennent les représentations de toutes les conséquences, non seulement réelles mais possibles, de ces divers événements, alors ce n'est plus dans une seule direction que vont se produire les réactions, mais dans une quantité plus ou moins considérable de directions. Il y a diffusion de l'énergie cérébrale de tous les côtés à lafois, et c'est h cette diffusion qu'est due l'émotion qui se manifeste alors.

Pourquoi la représentai ion de ces conséquences réelles ou possibles d'un événement n'apparaît-elle pns immédiatement? A cette seconde question, ce que nous venons de dire tout à l'heure répond en partie. L'énergie cérébrale libérée par l'excitation de l'événement est uniquement employée k des mouvements utiles, nécessaires, adéquats. 11 ne reste rien pour la diiTusion à travers le reste du cerveau qui ami^ne l'émotion. Donc, pas de représentations variées. C'est ce qui se passe dans un certain nombre de cas.

Mais ce n'est pas là le seul mécanisme par lequel

7i KYOIATIOX DE L'ÊïrOTIUN

les reprt^sentalioiis ne se produisent pas. 11 en est un aulre, qui n'est que l'application au cerveuLi de la loi d'inertie. Sous rinlluence de l'irapression de l'événement le cerveau esl inhibé dans presque toutes ses fonctions. L'énergie disponible, au moment même où le fait est survenu, est toul entière utilisée aux mouvemeuts nécessaires pour parer aux circonstances immédiates. Mais le sujet paraît ne plus sentir, ne plus comprendre que ce qui se rapporte à ces derniùres, et les mouvements iiu'il manifeste semblent tout à fait automatiques, li n'est pas rare, du reste, de le voir tomber très rapidemeni, après avoir fait dune fa^oii en apparence très lucide tout ce que commandait la situation, dans un état d'inertie, de stupeur plus ou moins prolongée, avec anesthésie complète, amnésie et aboulie prononcées. Dans ces conditions, il ne peut y avoir aucune représentation, et, par suite, aucune émotion, car toute émotivité est en même temps supprimée. Ce n'est que lorsque le cerveau reprend son activité, qu'il redevient, par conséquent, capable d'éniolivité, au sens que nous avons dit, que les représentations peuvent se produire et, avec elles, la diffusion de l'énergie entravée par le clioc, d'oîi jaillissement de l'émotion.

Telle est aussi la façon dont on peut concevoir ce qui se passe dans les émotions contenues, où la seule différence avec les émotions retardées quû nous venons de voir est que, chez ces dernières, l'arrêt de Ténergie se produit d'une façon toute physique et involontaire, tandis que dans les secondes c'est le sujet lui-même qui met volontairement une digue à la ditfusion de son énergie sous l'inlluence d'une excitation. C'est ce que nous voyons si souvent se produire lorsque, pour une raison ou une autre, la colère ne peut pas se manifester

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