Cimrs litt C'illiyi: de France de ISSO à l'Mi, p
TEIÉORIE PHYSIOLOGIQOE I3S
admet-il la possîbiliié pour le cerveau do se congestionner activement hii-niéme, comme le fait une g'iande, et de se congestionner partiellement dans la région appelée à fonctionner. Les expériences de Dastre et Morot, de Cavazzani, de Jonnesco etFloresco, sur le sympathique, montrent en ou In; qu'il y a des vaso-dilatatoiirs corticaux. Le cerveau n'a donc pas besoin de l'influence de l'organisme pour se congestionner.
François Franck réfute aussi l'argument de l'influence de l'acool, lequel se tourne plutôt contre la théorie physiologique, car le fait essentiel n'est pas la modification circulatoire cérébrale, mais l'action directe de l'alcool sur le cerveau, pour expliquer les phénomènes émotionnels qui l'accompagnent.
En déterminant enfin une élévation de pression aortique semblable à celle que peut déterminer une excitation psychique, on ne produit qu'une sensation de gène, de plénitude circulatoire, sans aucun rapport avec un état émotionnel.
François Franck a montré en outre « qu'une excitation émotive se comporte exactement comme une excitation sensitive générale, et celle-ci comme une excitation directe de la zone excitable du cerveau : sous chacune de ces trois influences, les vaisseaux se dilatent dans les muscles et dans la peau ; ils se resserrent dans les viscères abdominaux et dans le poumon ; la pression s'élève dans les artères, et le cœur augmente de fréquence et d'énei^ic. C'est Ifi une série très habituelle; mais parfois les réactions subissent une inversion plus ou moins complète en ce sens que les vaisseaux cutanés se resserrent tout aussi activement que ceux des viscères profonds ; dans le second cas, la pression artérielle subit nécessairement une beaucoup plus grande élévation.
SENStBlLITË ET ËUOTION
H Qu'advient-il, dans ces deux séries, de la circulation cérébrale? L'examen direct des changements de volume du cerveau, tout aussi bien que l'étude du courant sanguin intra-crànien, établit la parfaile indépendance de la circulation cérébrale par rapport à la circulation générale : on peut dire que toute excitation émotive, cérébrale directe ou sensitive générale, produit la congestion active du cerveau, quel que soit au même moment l'état de la circulation aortique.
« Or cette congestion du cerveau précède toujours l'élévation de la pressioji artérielle ; elle ne peut donc lui être subordonnée et doit être comprise comme une réaction circulatoire locale, au même titre que la vasodilatation cutanée et musculaire. »
Eniin David Ferrier, Horsley et François Franck ont obtenu par des excitations corticales localisées des expressions émotives chez les animaux, ce qui constitue une preuve décisive de l'indépendance du cerveau visà-vis des variations émotives do la circulation j
Étude des cas pathologiques. — Nous avons enfin à examiner ce qui se passe quand il y a, non pas vivisection d'une partie du névraxe, mais inbibition de son fonctionnement avec abolition de la sensibilité. W. James pensait quon obtiendrait une preuve positive de sa théorie si on pouvait trouver un sujet absolument anesthésié, intérieurement et extérieurement, mais non paralytique, de telle sorte que les objets capables de provoquer l'émotion pussent susciter de sa part les expressions corporelles ordinaires et qui, interrogé, affirmerait qu'il n'a ressenti aucune affection émotionnelle subjective.
Je ferai remarquer que les desiderata de cette expé
ANESTHl
rience cnicialt; sonl impossibles à réaliser, d'une part parce qu'il est contradictoire phySiologiqueraenl d'admettre une abolition totale de la sensibilité avec conservation de la motilité, et d'autre part parce que raneslhésie complète entraînerait la niorl par inhibition.
Cette expérience est cependant partiellement réalisable de deux façons: spontanément, certains cas d'hystérie présentent de l'anesthésie interne et externe extrêmement développée, et, expérimenlalement, on peut la provoquer par suggestion chez des sujets hystériques hypnotisables. Voyons ce qnî se passe dans ces conditions.
Les cas d'anesthésie généralisée et profonde sonl assez fréquents, et un certain nombre ont été publiés, mais la plupart n'ont pas été observés au point de vue Je la théorie de l'émotion. Dans un premier travail sur sa théorie, W. James en avait signalé trois à l'appui de sa thèse, dont deux seulement pouvaient Otre utilisés. L'un du D"" Winter, où on dit seulement que le patient était inerte et phlegmatiquc, et où on fit peu d'attention à son état psychique ; l'autre, le fameux cas de Striimpell, où l'on voit que le patient, apprenti cordonnier âgé de 15 ans, entièrement anesthésié, intérieurement et extérieurement, à l'exception d'un œil ou d'une oreille, avait manifesté de \a. honte dans une occasion où il avait sali son propre lit, et du chagrin à la pensée qu'il ne pourrait plus goûter la saveur d'un mets qu'on lui présentait et quiélaitautrefoisson mets préféré. Dans certaines occasions ce sujet avait présenté aussi de la surprise, de la peur et de la colère,
Depuis, W. James rapporte, d'après les auteurs, deux autres cas, décrits par le D' Berkley, de Baltimore,
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Je cite W. Jarpps^ . lub-même * : « La première malades était une Anglaise,* qui avait entièrement perdu lea sens de la douleur, du froid, du chaud, de la pressioror o^ et de Téquilibre, de Fodorat, du goût et de la vue. Leï ^^^es sens du toucher et de la position n'étaient pas corn plètement disparus, mais gravement altérés, et ell pouvait entendre un peu. Quant aux sensations vise raies, elle n'avait pas eu faim ou soif depuis deux am mais elle était avertie par la sensation du besoi n d'évacuer. Elle rit à une plaisanterie, montre du ch( grin, de la honte, de la surprise, de la peur et de répulsion. Le D' Berkley écrit ce qui suit au D'' Worces cester: « Mon impression personnelle, résullant de Toi « servalion de la malade, est que toutes les sensibilité « mentales émotionnelles sont présentes, un peu moii « vives seulement que dans l'état normal, et que h « émotions sont à peu près naturelles, nullement froideî « ni dépourvues de passion. »
(( Le second cas était celui d'une femme russe qi avait perdu complètement la sensibilité cutanée, presque complètement la sensibilité musculaire. L vue, Fodorat, l'ouïe restaient ; on ne dit rien de la sei sation viscérale. Elle montrait de la colère et de l'ami sèment et pas la moindre apathie. » Ces cas, qui soi très fréquents chez les hystériques, ne présentent ri e^ ^
de bien particulier, comme on voit, et vont même toi ^^^
à fait à rencontre de la théorie de W. James. Mais ^^
y a lieu d'y revenir, car on a considéré les choses d'u^cr^»- 6 façon trop grossière et trop sommaire. On voit des hy""^ tériques anesthésiques devenir dans certains cas inérr^^ tives, et dans d'autres au contraire avoir une émotiv^ ité
1. La théorie de V émotion, trad. par G. Dumas. F. Alcan, p. 163.