‹ Le mécanisme des émotionsChapitre 45 sur 70 · brale. Ils aux clinici que · texte numérisé non relu

brale. Ils aux clinici que

lit ni les moyens ni l'occasion. C'est fiiciens, neurologistes et psychiatres, et je ne. puis étonner que cette question ne soit pas tranchée depuis longtemps dans le sens de l'affirmative.

G. Dumas a le mieux vu, pour ne pas dire le seul, que c'était là. un des points capitaux pour la théorie des émotions. Il dit en effet': n Le plaisir et la douleur en eux-mêmes ne seraient-ils pas la simple conscience de certains réflexes périphériques? Voilà la vraie question, que Lange n'a pas soupçonnée, que James a entrevue iquand il a parlé « des plaisirs el des peines liés à l'ac- « tîvité nerveuse comme telle » et qui ne rentreraient pas dans sa théorie. C'est la grande question de la cénesthésie cérébrale qui se posait déjà dans la théorie de la tristesse passive et de la joie sans excitation, et qui devient capitale et centrale ici, dans la théorie de la souffrance morale et du plaisir moral. »

G. Dumas, poussant la théorie de James plus loin .que lui-même, suppose qu'il ii y aurait, dans l'excita- ;ion pénible et dans l'excitation agréable, deux espèces

réactions; les unes, réflexes, primitives, seraient bien

cause de la douleur et du plaisir; les autres seconautomatiques en seraient la conséquence, et se produiraient en vertu du mécanisme secondaire que lous avons analysé ». « Par suite, James aurait raison

iqu'au bout dans sa théorie périphérique de l'émo- ^(ion, et la douleur et le plaisir moraux seraient un limple effet, un simple retentissement dans la conscience

certains phénomènes organiques avant de devenir

ises et d'en provoquer à leur tour. Dans ce cas, il n'y irait jamais à proprement parler de sensibililé dans

CÈNESTHftSiE CfcBftBRALE ET ÉMOTION les ctnlres nerveux, quel que fûl leur (^lald'éiiuisemenl ou de lonici(<^. Les repri^senlations épuisanles ou toniques, les excUaliuns mentales, avant d'être perçues sous forme de douleur ou de plaisir, devraient d'abord provoquer des rcSactions organiques. Celte hypothèse aurait l'avantage appréciable d'introduire de l'unité dans la thfîorie de lémolion cl de faire rentrer le plaisir moral et la douleur morale sous cette loi générale qui veut que tout phénomène de sensibilité ait une origine périphérique, mais je dois ajouler qu'elle n'est pas démontrée et qu'elle ne paraît pas sur le point de l'être. » G. Dumas n'ose pas se prononcer cependant sur celte question si importante de la cénesthésie cérébrale, que tous les auteurs, physiologistes ou psychologues, négligent et condamnent par un jugement sommaire qu'il nous faut précisément reviser, II donne néanmoins (p. 389) des arguments en sa faveur. « Ne pourrait-on pas toutefois, dit-i!, discuter encore sur l'origine périphérique ou centrale de quelques sensations ? La céphalée, par exemple, n'estelle qu'une douleur localisée dans les muscles du crâne ou traduit-elle un état spécial des centres? La fatigue mentale ne nous est-elle connue que par la difficulté que nous éprouvons à faire les efforts musculaires de rallenlion? La sensation de vide cérébral est-elle une sensation cérébrale ou une sensation intracrànienne, ou une interprétation de noire inertie musculaire et mentale? Ne senl-on absolument que son corps, comme le voudrait M. James, et n'a-l-on pas un sentiment direct de l'état des centres eux-mêmes? Autant de questions qui ne peuvent recevoir de réponse précise tant que nous ne connaissons pas mieux le mécanisme de la cénesthésie cérébrale. Nous nous bornons à les signaler et nous

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TtlÉnHIES DE L'ÉMOTION 193

ferons reraarquerque, si \in sentiment d'origine centrafc intervenait ici, ce ne serait jamais qu'à titre d'élément particulier, pourse confondreavec les autres sentiments périphériques dans une même cénesthésie. »

Cette conclusion n'est rien moins que prouvée, et les expériences de vivisection de la moelle et autres montrent, au contraire, que la suppression de la cénesthésie périphérique n'entraîne miUeracnt la disparition de l'émotion, tandis que la cénesthésie cérébrale suffit à sa production. Il est possible que les sensations cénestbésiques périphériques renforcent la cénesthésie cérébrale, mais cela m^rac n'est pas nécessaire, si les modifications périphériques ne sont que la conséquence et l'expression des modifications cérébrales. 11 suffît que celles-ci se produisent, — que leurs conséquences périphériques aient lieu ou non, — pour que l'émotion soit la m^me, pour que le sentiment de ces raodilications cérébrales soit le même.

deux thèses, physiologique et intellectualiste, des lotions sont trop absolues. Les physiologistes négligent les plaisirs cérébraux, les peines cérébrales ; les intellectualistes en triomphent et disent que ce sont là les véritables états affectifs. Mais ils les dépouillent de toute base organique, nerveuse, cérébrale, et considèrent les expressions organiques comme des faits étrangers res. Entre les deux, où est la vérité, qui tienne mpte du double aspect des choses, sinon dans le fait jst dans le cerveau que tes choses se passent et la périphérie ou dans le domaine purement psychique, intellectuel, des spiritualisles? L'existence de la cénesthésie cérébrale permet de renoncera la théorie périphérique, manifestement insuffisante, et de rejeter die desinlelleclualisles, dans laquelle les états affectifs

IM CÉNESTBË5IB CËRËBRALE ET ËHOTION

Hc sonl qut! de simples rapports entre les reprtïsenta-

tions dépourvus de rt^alîti: propre.

Examinons donc les raisons qui nous permcltent d'affirmer la cénesthésie cérébrale.

Tout d'abord nous devons remarquer que nous avons des sensations cénesthésiques pour tous nos organes, pour toutes nos fonctions. On est eu droit de se demander pourquoi le cerveau seul serait incapable de nous donner le sentiment de son fonctionnement.

Dans quelles conditions se manifeste cette cénesthésie pour les organes périphériques ? Dans trois cas ; 1° quand il y a un trouble de fonctionnement ; 2° quand ce fonctionnement est plus actif qu'à l'ordinaire ; 3° quand, après un arrél, le fonctionnement reprend. — Quand tout se passe normalement, nous ne sommes avertis par aucune sensation particulière, ou plutôt l'habitude nous permet de nt^gligerla sensation résultant du fonctionnement régulier de l'organe.

Les choses se passent-elles différemment pour le cerveau ? Non. Dès qu'il y a un trouble dans son fonctionnement, je ne parle même pas d'un trouble douloureux, nous le sentons et nous le lui rapportons. Nous savons si le travail intellectuel se fait plus ou moins facilement, si nos représentations sont plus ou moins nettes, si notre mémoire est plus ou moins capable de retenir les impressions ou d'évoquerles représentations, si l'association entre nos idées se fait avec plus ou moins de facilité, etc. Comment peut-on soutenir que nous n'avons pas le sentiment des phénomènes qui se passent dans notre cerveau, la conscience du fonctionnement cérébral. Tout cela, n'est-ce pas les fonctions mêmes du cerveau ? N'avons-nous pas la sensation

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