‹ Le mécanisme des émotionsChapitre 46 sur 70 · CERVEAU ET AME · texte numérisé non relu

CERVEAU ET AME

consciente de l'engourdissement qui envahit notre cerveau quand nous nous endormons, et du retour de son activité quand nous nous réveillons ? Et est-ce à d'autres organes, à d'autres parties de notre corps que nous rapportons ce sentiment sinon à notre lete, à notre cerveau? tout comme nous rapportons à notre estomac la sensation de vide ou de plénitude que nous donnent la faim et la satiété.

Le cerveau est un organe comme un autre, c'est là une vérité que beaucoup sont incapables d'admettre. Il perçoit, dit-on, par l'entremise des nerfs, ce qui se passe à la périphérie, mais il ne peut se percevoir luimême. Il y a dans cette assertion une erreur et une contradiction. Car ceux qui la soutiennent n'hésitent pas à affirmer, d'autre part, que l'âme a conscience de son activité, de sa liberté, etc. Or, qu'est-ce que l'âme, sinon l'ensemble des fonctions cérébrales? Et qu'est-ce qu'une fonction qui se connaît elle-nu^me? La digestion se connaît-elle elle-même, la pensée peut-elle se connaître elle-même ?

Si Ton admet avec les spiritualistes que l'âme se connaisse elle-même, elle est en dehors et au-dessus des fonctions cérébrales, qu'elle règle comme toutes les autres fonctions ; il n'y a aucun empêchement à ce qu'elle connaisse ce qui se passe dans le cerveau comme dans les autres organes.

Si l'on admet que l'âme n'est que la fonction cérébrale, il faut encore admettre que le cerveau connaît son propre fonctionnement, puisque l'âme se connaît elle-même.

Mais tout cela, c'est de la scholastique, des mots et rien de plus. Oui, le cerveau n'est pas un organe comme les autres, non dans son essence et dans sa ha-

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lure, mais ilans son organisation inlérieure. On parait oublier constamment, chpjilcs psychologues, que le. cerveau n'est plus un organe homogène, comme on le croyait autrefois. C'est, au contraire, une agglomiî ration d'organes, trtadiiliïrenls par leurs fonelions, parleurs relations avco le reste de l'organisme. Il est formé d'une foule de centres sensitivo-moteurs, sensoriels, visci^raux, sans doute vaso-moteurs, à la fois indépendants et solidaires les uns des autres, reliés qu'ils sont, d'une part avec la périphérie par ies filets nerveux qui en émanent ou qui y aboutissent, à travers toute une série de postes intermédiaires de plus en plus complexes, échelonnés du Las en haut de l'axe cérébrospinal, et d'autre part unis entre eux par des libres intra-cérébrales. Les unes relient les centres voisins ou homologues, les autres les relient h un centre antérieur, le lobe préfrontal, qui semble de plus en plus devoir ôtre considéré comme le véritable centre psychique, le centre d'aperception.

Dans ce dernier se groupent toutes les impressions parties du reste du cerveau ; elles s'y conservent, s'y fondent, s'y synthétisent, et c'est de ce centre d'aperception, de ce centre préfrontal, spécialement préposé aux fonctions psychiques proprement dites, que partent k leur tour les stimulations capables d'agir sur les centres sensitivo-moteurs, sensoriels et viscéraux groupes en arrière dans les lobes frontaux, pariétaux, temporaux et occipitaux. Le centre psychique représente pur rapport à ces derniers centres — que j'ai appelés le cerveau organique — ce qu'eux-mêmes représentent p«r rapport aux organes périphériques avec lesquels iU sont rt'liés automatiquement par les divers étages de Ulviva nerveuses dont ils constituent te point terminus.

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Cette partie de cerveau qui contient les centres organiques est aussi périphiîrlque par rapport au cerveau psychique que les organes périptiériques eux-mêmes, dont ils ne sont que la projection corticale. Si c'est dans le lobe préfrontal, dans le centre psychique, que se produit réellement le phénomène de la sensation, do la perception consciente, comme cela parait de plus en plus vraisemblable, il n'y a pas plus de difficulté à admettre que l'on puisse avoir conscience de ce qui se passe dans les contres du cerveau organique que, dans les organes périphériques oux-raGraes, qui se projettent dans l'écorce de ce dernier.

11 ne faut pas oublier non plus que ce ne sont pas les excitations elles-mômes, venues soit du dehors, soit de nos organes internes, que nous percevons, mais Ics modilicalions de notre cerveau sous l'influence de ces excitations. Il ne viendra à personne l'idée que c'est l'onde lumineuse, ou sonore, ou calorilique, que nous percevons, mais simplemeul le changement moléculaire qu'elles provoquent dans le cerveau, après avoir déterminé dans les nerfs un courant spécial qui en est déjà une première transformation. Ce qu'on pense des impressions venues du monde extérieur s'applique rigoureusement à celles qui viennent des organes euxmêmes. Les excitations capables de provoquer un trouble du fonctionnement d'un organe sont aussi externes par rapport fttui, que les impressions du monde extérieur vis-à-vis de notre personne fout entière. De sorte qu'en réalité, dire que nous avons conscience de l'activité de tel ou tel organe, c'est dire que nous avons ■ conscience de l'activité du centre cortical de cet organe, t des changements moléculaires que les excitations «rlies de cet organe produisent dans son centre.

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Ou serait ainsi presque amené, si l'on ne craignait pas de jeter un peu de confusion dans les conceplions el surtout dans les divisions accoutumées, à dire qu'il n'y a en réalité pas d'atitre sensibilité que la cénestliégie cérébrale. Et c'est m**me justement parce qu'elle pst tellement partie intégrante de la fonction du cerveau, qu'on a négligé de l'étudier à part, en elle-même, comme on a fait de la conscience, qui était si complètement impliquée, elle aussi, dans le concept de psychologie qu'on n'a songé que Iros lard à l'éliidier séparément.

Passons aux preuves que nous avons de la cénesthésio cérébrale, après avoir établi sa vraisemblance et sa nécessité même. On peut les grouper sous trois chefs : i° psychologiques; 2° physiologiques; 3° pathologiques.

Preuves psychologiques. — Nous avons la sensation très nette qu'il se passe quelque chose dans le cerveau dans de très nombreuses circonstances. Lorsque nous concentrons notre attention, lorsque nous réfléchissons avec intensité, n'éprouvons-nous pas dans la région frontale un sentiment de tension ? Sans doute on pourra dire que cet efibrt d'attention, s'accompagnant de contraction des muscles frontaux, c'est cette dernière qui nous procure la sensation de tension. Mais n'est-il pas des cas dans lesquels l'effort intellectuel ne s'accompagne d'aucune contraction musculaire et oii l'on sent parfaitement qu'il s'accomplit un travail dans le cerveau? Je n'eu veux pour exemple que ce qui se passe quand iïous cherchons un souvenir qui nous échappe. Au début nous faisons un effort de réflexion, accompagné de contraction des muscles frontaux, et nous sentons parfaitement cette contraction indépendante du travail intérieur. Mais, on cela devient beaucoup plus

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évident, c'est lorsque nous cessons notre recherche sans avoir trouvé notre souvenir. Notre attention n'est plus tendue, il n'existe plus de contraction musculaire, et tout en continuant à nous livrer à nos occupations, à notre conversation, nous sentons par moments que notre souvenir va surgir. Nous nous arrêtons alors pour le laisser venir, et à plusieurs reprises le môme jeu peut se reproduire, jusqu'à ce qu'enfin le souvenir nous apparaisse nettement. Or, nous sentons le travail sourd qui se fait d'une façon continue dans notre cerveau, travail qui prend à certains moments une intensité assez grande pour suspendre les autres manifestalions de notre activité cérébrale. Et, non seulement nous sentons ce travail se faire dans notre cerveau, mais encore dans la partie antérieure du cerveau.

Ne sentons-nous pas la fatigue cérébrale après un long travail intellectuel ? Ne la localisons-nous pas dans la tête, profondément, comme nous localisons la fatigue musculaire dans telle ou telle région ?

N'avons-nous pas le sentiment très net de notre puissance intellectuelle à un moment donné ? Ne savons-nous pas si nous sommes bien ou mal disposés à travailler cérébralement, de même que nous sentons si notre estomac est disposé à bien ou mal digérer? Et d'où nous viendrait ce sentiment sinon du cerveau luimême?

Lorsque nos idées s'associent facilement ou diflBcilement n'en sommes-nous pas avertis par un certain sentiment localisé dans le cerveau ; ne sentons-nous pas les notions que nous acquérons se classer plus ou moins nettement, plus ou moins aisément dans notre tête? Et où cela pourrait-il se passer sinon dans noire écorce cérébrale?

»a GÉNESTIIÈSIE CÉRÈIIRALE ET ÉMOTIOX

J'ai montré ' que la représentation, dans le souvenir 1 et dans l'imagination, se produisait sous l'infliience d'un ^ courant nerveux de sens dîfTérent, Dans la perception, ce courant est centripète par rapport au centre psychique, dans le souvenir il est centrifuge, dans la représentation imaginaire il est h la fois centripète et centrifuge.

Or, nous savons parfaitement à l'état normal si une ! représentation est le fait d'une perception d'origine ' externe, ou constitue un souvenir, ou est le produit de l'imagination. Nous avons donc le sentiment de la différence de sens du courant nerveux entre les centres j du cerveau.

N'avons-nous pas, lorsque nous apprenons quelque chose, la sensation que cela se fixe dans notre cerveau, et que nous n'avons plus besoin de répéter les impressions que nous voulons retenir"? Avant même de nous être essayés à en évoquer l'image mnésique nous sentons si nous en sommes ou non capables. Comment le pourrions-nous sans avoir le sentiment de ce qui se passe dans le cerveau?

Preuves physiologiques. — Si l'on supprime un organe, on peut continuer à avoir conscience des modifications de cet organe quand il existait. C'est l'illusion bien connue des amputes. Il est évident que, dans ce cas, c'est le travail môme des centres de représentation qni est perçu, puisque rien ne peut se passer à la péripliérie.

lill ceci nous montre, en même temps, que ce n'est jamais que les changements Je nos centres corticaux

.. Le jiriihUmr de lam

; p. lïO. Paris, F. AIca

PRKUVKS i>HV?;]OL(jr.lOUKS Î03

que nous percevons. Ce n'est que par l'expériiïDco que nous avons de la coexistence de certains phénomènes au niveau de nos organes, el des sensations cérébrales qui les accompa{ïnpnt", que nous en arrivons, par l'habitude, à rapporter ces sensations à nos organes euxmêmes.

Si, par contre, on supprime le centre cortical d'un organe, le sujet perd le sentiment de son existence. Cette expérience est dilEcile à réaliser par la vivisection, car les centres fonctionnels sont des territoires qui ne sont pas nettement délimités, et les associations qui existent entre les divers centres correspondant aux parties constituantes diverses d'un organe ne sont môme pas tous bien précis(?s. Mais nous eu avons des exemples frappants pour certains d'entre eux lels que les centres du langage.

Nous voyons là que la deslructîon de la région de ' l'écorce, soit dans la sphère motrice, soit danslasphère sensorielle (audilive ou visuelle), entraine avec elle la perle de la représenlalion des mouvements d'articulation des mots parlés, ou celle des sons ou des figui'es symbolisant les mots entendus ou vus, alors que les autres mouvements des organes mis en jeu dans le langage articulé, ou des autres sensations des sphères du langage auditif ou visuel, sont conservés.

Kniin, nous avons le sentiment très net de l'ongourilissement qui envahit notre cerveau quand nous avons Besoin de dormir.» Nous sentons le ralentissement de notre activité cérébrale qui précède le sommeil, de même que nous sentons le retour de cette activité L^uand le réveil se produit.

Preuves patkologiqi/es. — Ici nous n'avons que

ïOi i;tc.NKSTi[i:siK ckhèhrale et i'cmotiox

l)arras du choix. Chez les i^pileptiques à attaques p tielles, chez les malades atteints de tumeurs cérébrales, il n'est pas rare de voir de la douleur se manifester au point même où le cerveau est lésé, soit d'une façon passagère au moment de l'attatjue, soit d'une far^on permanenle dans le second cas. II est vrai qu'on peut dire que la douleur ne tient pas au cerveau lui-même, mais h rirrilation des méninges au voisinage de la lésion.

Il n'en est plus de même dans le cas de maladies fonctionnelles du cerveau. Il suffît d'interroger des malades alteints de psychoses ou de psycho-névroses, surtout au début, pour se rendre compte de la réalité des sensations provenant de l'activité cérébrale. Comme je le disais plus haut, c'est, en effet, lorsque l'organe présente un trouble quelconque, ou, après un arrêt, reprend son fonctionnement, que l'on peut le mieux apprécier la conscience que nous avons de ce fonctionnement.

Tous les malades atteints de mélancolie au début, de neurasthénie, d'obsessions, de phobies, de dépersonnalisation, de confusion mentale, décrivent de la même façon leurs sensations cérébrales: c'est tantôt une sensation de vide, ou de pesanteur, ou d'engourdissement, de torpeur invincible. Tantôt, c'est une difficulté des associations d'idées, de la perception des impressions extérieures ; tantôt, c'est un sentiment de confusion, oii lé sujet a l'impression du chaos dans sa tète, avec la crainte de perdre la raison. Il sent que sa pensée lui écbappe, que ses idées, ses images, se produisent d'une façon incoordonnée, sans lien entre elles, sans qu'il sache pourquoi et comment elles surgissent. Souvent, — soit dans les phobies, soit dans les cas de déperson-

PREOVES PATHOLOGIQDES I nalisalion — on voil le début de la psycho-névrose s'accompagner d'un choe plus ou moins violent dans le cerveau, dans un poinl localisé parfois, ou, d'aulres fois, c'est une impression générale que le cerveau se retourne sur lui-même ou éclate. Après quoi le sujet reste troublé et se sent instantanément modifié plus ou moins profondément dans sa personnalité. La sensation de dégagement du cerveau, quand les malades recouvrent leur activité cérébrale, pour être moins nettes, n'en sont pas moins faciles k constater.

La douleur, dite psychique, des mélancoliques, la sensation de serrement au niveau des tempes et du front qui accompagne si souvent la difficulté de penser, -ne sauraient guère être localisées ailleurs que dans le cerveau lui-même. Qu'on invoque ou non des modifications de la circulation cérébrale pour expliquer ces sensations, peu importe. Nous savons que les variations de l'activité cérébrale ne vont pas sans des raodiflcations de la circulation. Mais, que ce soient ces variations circulatoires ou les modifications cellulaires de l'écorce qui en résultent que le cerveau perçoit, c'est toujours la même chose, et je ne sais trop comment on pourrait scinder le travail cérébral en ce qui appartient aux changements circulatoires et ce qui appartient aux changements moléculaires des cellules se produisant en mfime temps. Il ne s'agit là que d'un seul et même phénomène indivisible.

Mais, c'est surtout chez les hystériques que la cénesthésie cérébrale apparaît nettement, car non seulem.ent on peut l'observer au cours de l'hystérie, mais on peut l'étudier expérimentalement. Les expériences que j'ai rapportées plus haut en témoignaient déjà, et nous avons vu les impressions diverses dans la tôle éprou-

CËNESTHÉStE CÉRÉBRALE RT ÉHOTIOV v(-('s par no9 sujets sous rinlhience de la Suppression ou du retour de la sensibilité, c'est-à-dire de l'inhibition ou du retour de- l'aolivité des centres corticaux.

J'ai di'eril ailleurs', longuement, toutes les sensations cérébrales éprouvées par les sujets en puissance d'hystérie, et, purticnlièremcnt, le sentiment de l'engourdissement, du sommeil cérébral, qui s'observe chez tous à un moment donné, et qui n'est autre chose que le sentiment de l'inhibition cérébrale.

Or. ce sentiment peut élre général, ou, au contraire, localisé, El c'est dans ce dernier cas qu'il présente le plus d'inlérét au point de vue qui nous occupe. Nous voyons, en effet, la répartition de l'aneslhésie crânienne, aneslhésie douloureuse ordinairement (points douloureux) concorder — s'uivanl la loi bien connue de superposition des troubles de sensibilité superficielle aux troubles des organes sous-jaeents — avec la localisation des centres corticaux en rapport avec les organes auesthésiés, douloureusement ou non, et troublés dans leur fonctionnement. J'ai pu constater assez fréquemment que l'excitation de l'organe atteint retentissait douloureusement sur son centre cortical, de même que la percussion de ce centre anesthésié et douloureux provoquait des réactions du côté de l'organe placé sous sa dépendance, sans que le sujet se rendît compte du lien entre les deux, du rapport entre les deux sensations. Comme, dans ces cas, il est surabondamment prouvé que les organes ne sont en aucune façon altérés, et que leur fonctionnement seul, placé sous la dépendance directe du système nerveux, est entravé, c'est bien le centre cortical seul qu'il faut incriminer dans

■e de l'hystérii

t Vllijslèr.

PREUVES PATUnUlGlQL'ES les sensations éprouvées par lo sujet. Lorsque l'inliibition est peu marquée, elle s'accompagne loujours de douleur ; lorsqu'elle est complète, la douleur disparaît, l'organe est paralysé, le sujet cesse de se le représenter, et perd la notion de son' existence, au point de le regarder, lorsqu'il s'agit d'un membre, comme étranger à lui. Je me suis élendn longuement, dans des travaux antérieurs ', sur cette question de la localisation des phénomènes hystériques, et je ne veux pas y revenir ici davantage.

Mais, où apparaît avec le plus d'évidence la cénesthésic cérébrale, c'est dans le retour de l'activité cérébrale des hystériques, dans le réveil cérébral, soit spontané, soit surtout provoqué, et. particulièrement, par les méthodes que j'ai indiquées dans tous les plus min'utieux détails. Ce n'est pas le lieu de les décrire ici. Je veux seulement signaler ce qui se passe, au point de vue des sensations cérébrales, quand on provoque le réveil cérébral des hystériques plongées dans un vigilambulisme complet. Je ne puis que rapporter ce que j'écrivais il y a sept ans sur ce sujet. Mon opinion n'a pas varié depuis, et plus de cent cinquante cas nouveaux n'ont fait que confirmer mes observations d'alors, cor- . roborées d'ailleurs par celles d'autres auteurs ayant rtippliqué mes méthodes.

Voici ce que j'écrivais à propos du réveil de la sensi- I bililé cérébrale elle-même, après que les différents Icentres organiques ont recouvré la leur". « Le retour f de la sensibilité cérébrale s'accompagne de réactions

i. Loealùalioa cMbralc des troubles hijslériques — Bévue " s, 1900.

S. Genète cl ualare de l'hysléne, t. l, ji. iH, et VHi/sUri MttaiUmnt.

Î08 CÈSESTHÉSIE CÉRÉBRALE ET ÉÏOTIOX

motrices consistant d'une façon eonsUnte en oscillations (ie la t^te d'un cAlé à l'autre, plus ou moins rapides, et de plus en plus faibles, de secousses avec pixijection violente de Isi lête en arrière ; — de réactions geftsitives consistant en sensations de secousses, coups de marteau, tiraillementu, craquements, bris de verre, fils qui se cassent, éclatements de bulles, de feux d'artilice, gonflement t-t boursouflures de la tète, puis resserrement, puis retour h la sensation de volume normal, brûlures, fourmillements, frémissements, écoulement de liquide froid, puis liède ; sensation que la léte est grosse, vide et lourde, \,nis qu'elle se remplit, qu'elle est parfois comme une boite qui ne peut s'ouvrir, ou qui renferme plusieurs boîtes les unes dans les autres, de clarté des idiîes, de légèreté, puis énervement qui se g(?néralise à la fin à tout le corps ; — de réactions psy~ chiques consistant en confusion des idées, perte de la notion de temps, sentiment qu'on devient fou, puis régression des souvenirs et de la personnalité jusqu'au début de l'hystérie, ou pour mieux dire de l'anestliésie cérébrale, ensuite progression de la personnalité qui repasse par toutes les phases de l'existence, année par année, mois par mois, semaine par semaine et, à la fin, jour par jour et heure par heure; enfin, clarté des idées et sentiment que/owf se remet en place, que tout devient bien net, et, quelquefois, vue panoramique de l'existence passée depuis le début de l'hystérie, avec état de bien-ôtre et de satisfaction, de gaieté à la fin ; — enfin, réveil complet avec disparition de tous les stigmates et de tous les accidents, tant physiques que mentaux, avec le sentiment qu'on leur a changé la tète, et l'étonnement de tout voir autour d'eux d'une autre façon que d'ordinaire et d'une façon pjus claire, plus nette,

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