SIÈGE DES ÉMOTIONS
les troubles de la vie organique, comme cause d'excitation par le moyen des idées.
W. James rejette Texistence de centres cérébraux spéciaux pour Témotion. L'existence des circuits réflexes ordinaires et des centres locaux, que tout le monde admet sous une forme ou sous une autre, lui suffit pour tout expliquer.
Ferrier place dans les lobes occipitaux le siège des émotions, parce que, d'après lui, cette région de l'écorce cérébrale recueille les sensations viscérales et est le siège de l'instinct sexuel.
« Flechsig place dans la Korperfûhlsphàre de Munk toutes les émotions, toutes les passions qui s'accompagnent de troubles de la respiration et de Ja circulation, dans cette sphère tactile que constitue le grand territoire rolandique oii rayonnent les terminaisons des faisceaux sensitifs, de sorte qu'une moitié opposée du corps se trouve représentée dans cette région, à côté des cellules d'origine de ses nerfs moteurs, par presque tous ses nerfs sensibles, y compris les faisceaux sensitifs et moteurs, de la respiration et de la circulation : ces fibres passent par le tiers postérieur de la capsule interne, et ces connexions expliquent ainsi la possibilité de l'origine des émotions dans cette sphère tactile. Elle contient sans doute aussi des faisceaux de projection des sensations organiques des différents organes et des muscles de la vie de relation. C'est dans cette sphère que deviennent conscientes les sensations de la faim et de la soif, que nous avons aussi conscience du mécanisme de la respiration et de la circulation, des états de tonicité de nos muscles, de la forme et du degré de leurs contractions (J. Soury). »
Les observations cliniques et expérimentales, dit
âi6 CÈSESTHÉSIE CÉRÉBRALE ET ÉMOTION
Flechsig, di.'monl reii l quo les phrnomènes relevant des appareils de la respiration el de la circulation qui accompagnent les émotions, et où l'on a cru voir des effets de l'émotivité en émoî, partent en réalité de la sphère tactile cérébrale. C'esl dans ce centre du ti^lencéphale que deviennent conscients les sentiraciils ou sensations organiques nés de l'activité des muscles volontaires ou vaso-moteurs, ou dont les organes du corps sont le siège dans les divers lîtals affectifs. La sphère tactile est donc le M foyer central des émotions et des passions » et le lieu où les sensations r(<sultant de ces clals affectifs, lîveillent ou provoquent des associations entre les représentations.
« C'est dans ce vaste centre nerveux, dit ,1. Soury, la sphère tactile, que se reflètent psychiquemenl les états afïectifs du corps; c'est de ce centre r{Mc partent les [nouvements émotifs correspondants. La transmission aux organes du corps des émotions et des passions, nées des idées ou représentations, a lieu, croit-on, par la couche optique . Au point de vue anatomique Flechsig ne trouve pointcette hypothèse inacceptable. On ignore seulement par quelles voies nerveuses de l'écorce du télencéphale au thalamus celte transmission aurait lieu. Il faudrait naturellement songer aux faisceaux qui, de la sphère tactile, descendent aux noyaux dorso-métfians.
« Flechsig signale, en outre, comme un fait ici très significatif, le grand nombre de connexions de ces noyaux avec la substance grise centrale. Les sensations voluptueuses, provenant de la peau el des muqueuses des organes extérieurs de la génération, sont localisées par Flechsig dans la sphère tactile : ces parties de lasurface du corps sont anesthésiques quand la couronne rayonnante de ce centre de projection est détruite.