SIÈGE DES ÉMOTIONS
« C'est toutefois une question de savoir si rinstinet sexuel, dépendant des organes internes, en particulier des glandes dont les produits de sécrétion sont en rapport avec la réalisation de cet instinct, est représenté dans la sphère tactile du télencéphale. De même pour la faim, sinon pour la soif, dont les sensations arrivent certainement à la conscience par le trijumeau et le glosso- pharyngien. »
Pour Flechsig le processus émotionnel se manifeste donc au niveau de Técorce cérébrale, dans la sphère tactile, et c'est laque se produirait aussi la conscience de Témotion.
Je me rallie complètement à cette manière de voir d'une manière générale. Je le fais d'autant plus que, par une méthode d'expérimentation physiologique, corroborée par de nombreux cas pathologiques, et sur laquelle je n'ai pas à m'étendre ici, j'ai pu établir Texistence dans cette sphère, qui couvre la plus grande partie du lobe pariétal, des centres viscéraux tels que ceux de l'estomac, de l'intestin, du cœur, de l'appareil respiratoire, des organes génitaux et de la vessie, ces derniers situés plus en arrière près du lobe occipital, comme le pense Ferrier*.
Je crois utile de remarquer que la sphère tactile ne présente pas plus d'homogénéité fonctionnelle que le cerveau lui-même, comme le laisserait peut-être penser cette façon de parler d'elle comme d'un territoire à fonctions générales. Il n'en est rien, à mon avis. Elle groupe bien tous les centres moteurs et viscéraux et sans doute aussi vaso-moteurs, comme l'a établi Flechsig,
1. Cf. Genèse ei nature de l'hystérie; et localisation corticale des phénomènes hystériques, in Revue Neurol., 1900; le centre cortical de l'estomac, m Revue Neurol., 1902 (en coUaboration avec II. Delagcnière).
318 Cf:\ESTII^[E CÉRÉBRALE ET ËSOnoOf
mais ces c<>ntres gardont une indépendance relatire, d c'est ce qui permel de romprendre que la mise en Jea dcrémotivité c(-rébra)e affecte plus parliculièremeat certains d'entre eux. D'où les différences individuelles que j'ai déjà signalées dnns la manifeslation d'émotions de iui>rae nature, et la tendance de certains individus à traduire toutes leurs émotions, de quelque ordre qu'elles soient, par un pliénom&ne identique autour duquel viennent s'en firouper accessoirement d'autres. C'est ainsi que certaines personnes présentent à 1 easion d'émotions agréables ou désagréables les mém< manifestations, soit d» côté du cœur, soit du côté l'estomac, ou de l'intestin, ou de la respiration, ou la circulation périphérique.
Je ne crois pas non plus qu'on doive limiter à la sphère tactile, telle que la conçoit Flechsig, le siège des émotions. Je pense que tous les centres sensoriels et sensitivo-raoleurs de l'écorce cérébrale sont susceptibles d'être le point de départ des réactions émotionnelles. L'émotion n'est pas constituée, en effet, par un sentiment particulier accompagnant l'activité d'un centre spécial ou d'une sphère spéciale. C'est le sentiment de la diffusion à travers le cerveau, dans toutes les directions, avec prédominance toutefois sur certains points plutôt que sur d'autres, de l'énergie libérée sous l'influence d'une excitation quelconque. Les centres sensoriels ne doivent donc pas C'tre exclus dans la genèse des ém( lions.
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Resle, d'autre part, la question que Flechsigae trai che pas, tout en localisant les émotions dans l'écorcê'' de la sphère tactile, c'est celle de la nécessité, pour que l'émotion se produise, des raodiKcalions organiques,