GÉNESTHÉSIE CÉRÉBRALE ET ÉMOTION
permanents. Ce ne serait donc pas le sentiment même des changements moléculaires du cerveau, en tant que mouvement, qui constituerait l'émotion, mais le sentiment de Tétat produit dans le cerveau par ces changements, c'est-à-dire, en d'autres termes, que le sentiment qui caractérise une émotion ne prendrait pas sa source dans un phénomène de mouvement, mais dans un étal cénesthésique.
La théorie périphérique, qui considère l'émotion comme la conscience des changements corporels, est donc contredite par ces faits, dans lesquels il n'y a plus de changements, puisque ceux-ci, étant devenus permanents, acquis, constituent un état fixe. Elle est en tous cas insuffisante, puisqu'elle est impuissante àen rendre compte. Elle a considéré uniquement l'émotion dynamique, mais non les états émotionnels statiques.
Nous sommes donc amenés, pour embrasser dans une seule théorie tous les états émotionnels, à conside'rer l'émotion, non pas comme la conscience des changements corporels périphériques, ni même comme celle des changements moléculaires diffus de l'écorce cérébrale, et en particulier de la sphère organique du cerveau, mais comme la conscience de l'état moléculaire de l'écorce cérébrale (sphère tactile ou cerveau organique), produit par la diffusion d'une excitation dans le cerveau, qu'il soit transitoire ou permanent, qu'il s'accompagne de suractivité ou d'inhibition. L'émotion est donc en définitive un phénomène de cénesthésie cérébrale.