‹ Le mécanisme des émotionsChapitre 54 sur 70 · MOTION · texte numérisé non relu

MOTION

Lf repos peiil nous **tre aussi Qf;r^abie queTacUvité, la fatigue peut nous être aussi pi^nilile que l'atleutioii, l'atlenlion peut nous devenir pénible après nous avoir été agréable.

Ce n'est donc pas raugmentalion ou la diminutiou d'activité mentale — cérébrale — qui nous donne le sentiment. Il y u là un autre élément à invoquer, et cet élément sur lequel, d'ailleurs, les intellectualistes ont attiré l'attention, c'est le degré spécial de facilité avec laquelle s'op(>rênt les représentations et les associations entre les représentations, c'est-à-dire avec laquelle se fait la transmission Je l'énergie entre les différents centrescérébraux, dont l'activité s'accompagne de représentation au môme litre que de sensations et de mouvements.

II faut que cette association, cette mise en jeu de l'activité réciproque des centres de représentation, se fasse assez difficilement pour qu'elle ail le temps d'être perdue consciemment, et assez facilement pour qu'on sente que la résistance cède. Si on sent une résistance insurmontable, on a de la peine ; si on sent une résistance qui cède, on a du plaisir. S'il y a, non pas ré.sistance difficile ou invincible mais arrêt, ou pour mieux dire impossibilité de mise en jeu, inertie, il n'y a pas de douleur ; s'il y a résistance nulle, il n'y a pas de plaisir. Dans maints esercices demandant de l'effort au début, on arrive au plaisir quand on peut surmonter la difficulté, et à l'absence de plaisir quand la facilité est trop grande dans la transmission et la libération de l'énergie sous l'influence d'une excitation appropriée.

Il y a encore deux objections à formuler contre la théorie intellectualiste. Pourquoi ne parler que de l'action réciproque des représentations? Ne peut-il y avoir

THÉORIE INTELLECTUAIJSTR 3t3

ijit siMilinuMil par In simiileroncomitancfi (Ils rcpn'tsoiitations sans réaction des unes sur les auires? Une seule repri^sentation ne suflit-elle pas dans cerlaiiis cas à ampner un ^tat affectif? Voilà pour la première olyection. Voici la seconde. Non seulement les états affectifs ne sont pas loujours le fait do rapports réciproques entre les représenlalions, mais ils ne sont pas m^me toujours le fait de repri^senttitions. La douleur physique est bien un état affectif, et elle est loin de s'accompagner toujours d'une représentation.

Les intellectualistes, avec Nahlowsky, ne rejettent d'ailleurs pan un facteur qui a aussi son importance pour eux : les changenienis fonctionnels qui doivent produire des modifications trophiquos et fonctionnelles des nerfs et consécutivement du cerveau. Or, tout étal cért^'brai étant accompagné d'élats psychiques correspondants, toute cette suite de changements physiques doit en mi^me temps modifier essentiellement le cours des représentations, de telle sorte que les étals affectifs sont modifiés aussi, puisqu'ils reposent surdes représentations.

Telle est la thèse intellectualiste qui, traduite en langage physiologique, présente assurément des points de vue intéressants de la question des émotions.

Toutefois, on remarquera ([u'elle vise surtout le sentiment. Or, le sentiment et l'émotion sont deux choses qui ne doivent pas 6tre confondues. Comme je me suis efforcé de le montrer, le phénomi^ne essentiel de l'émotion est un phénomène tout physique, l'ébranlement ditfus de l'éoorce cérébrale ; le sentiment moral qui raccompagne et le complète résulte do la conscience qu'on a de cet ébranlement. Le caractère agréable ou pénible de ce sentiment est quelque chose de surajouté,

ail REPRESENTATION ET ËUOTION

L'I qui, si iraporlaot qu'il soU pour le sujet, ne doil pas entrer en ligne de compte pour le mécRnisme de l'émotion elle-même. Le plaisir et la douleur ne sont pas des (émotions à proprement parler; ils ne font que donner une qualité particulière aux diverses émotions. La théorie intellectualiste laisse dans l'ombre l'émotion elle-même pour s'occuper plus spécialement du sentiment qui l'accompagne, elle ne résout pas la question capitale, qui est toujours de savoir pourquoi et comment une perception ou une représentation produit l'ébranlement cérébral qui constitue l'émotion, et les réactions pliysiques qui en sont l'expression. Pour le comprendre il faut faire appel à certaines lois psycho-physiologiques que j'ai à dessein ajourné d'exposer et qui doivent. trou\ei' place ici.

Mais auparavant il me semble nécessaire de nous débarrasser de cette question du plaisir et de la douleur qui, je le répète, ne sont pas des émotions d'un ordre spécial, comme certains ont l'air de le croire, mais ne sont que des qualités surajoutées aux diverses émotions. Pour s'en convaincre, il suffit de remarquer que certaines émotions, dgréables au début, peuvent devenir pénibles à la longue, que, d'autre part, certaines douleurs produisent une véritable jouissance chez certains individus, et qu'enfin telle émotion peut être agréable ou pénible suivant les circonstances dans lesquelles on l'éprouve.

Je n'ai pas besoin de rappeler ici les modifications organiques qui caractérisent la douleur, et qui peuvent tenir dans une formule unique : diminution ou désorganisation des fonctions vitales. La douleur psychique n'est que la conscience de ces modifications, qui se pro-

, qui se pro- m

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