LOI DE DIFFUSION Î
Quelles sont donc les conditions qui pr<?sident à la i diffusion de l'énergie dans certaines directions plutôt que dans d'autres? C'est toute la question de l'expression des émotions, au sens où on l'entend ordinairement, qui se pose là. Je ne rappellerai pas les différentes lois énoncées par Darwin, par Spencer et par Wundl, en particulier sur ce point spécial. On les connaît trop pour que j'aie besoin d'y revenir. D'après la conception que j'aiforraulée sur la constitution du phénomène-émotion il est évident que le principe de l'action directe du système nerveux, adopté d'ailleurs par la majorité des psychologues, est le vrai et le seul admissible. Tout mode d'espression d'une émotion ne peut dépendre que du centre cortical sous la dépendance duquel se trouve placée la fonction, motrice ou autre, qui présente une modification dite émotionnelle. Je n'insiste pas.
Mais cela est insuffisant. Pour essayer de comprendre pourquoi la diffusion se fait dans certaines directions de préférence à d'autres, il faut recourir à d'autres principes, basés sur certaines constatations psycho-physiologiques.
I I! y a lieu de considérer deux ordres de conditions t déterminantes : les unes tiennent à l'origine et au genre de l'excitation, les autres à la constitution individuelle. J'ai déjà montré (ch. i)que l'émotivilé était plus particulièrement mise en jeu par certaines excitations que r j»ar d'autres, suivant leur origine sensorielle, sensitive, l viscérale, ou psychique, comment l'énergie libérée par l ces diverses excitations avait plus ou moins de tendance I il diffuser et par conséquent à provoquer le phénomènef émotion. Je n'y reviens pas.
J'insisterai plus spécialement sur les conditions dé- ^ pendant de la constitution des individus. Nous savons
SBO REPBÈSEXTATIOS ET ÊMOTiOX
di'jà que la plupart des gens ont tendance à présenter une réaction spéciale, en quelque sorte fondamentale, toujours la môme, quelle que soit la variété de l'émotion. J'ai rencontré des personnes, chez qai toutes les émotions se traduisent d'abord par des troubles intestinaux, ou des troubles cardiaques, ou circulatoires, ou sécrétoires, autour desquels viennent se greffer un certain nombre de manifestations qui donnent son caractère à l'émotion spéciale en question. J'ai déjà relevé le fait précédemment. Mais il est intéressant d'ajouter qu'il n'est pas rare de voir certaines de ces manifestations disparaître au bout d'un certain temps pour faire place à d'autres. Cela se rencontre on particulier chez les phobiques, chez les malades atteints de délire émotif. Pendant une certaine période, toutes leurs émotions se traduisent immédiatement par un trouble prédominant toujours le mfmc; puis un beau jour il disparaît, et il en survient un autre pour le remplacer également en toutes circonstances. C'est ordinairement sous l'influence d'une association d'idées que cette substitution se produit, et ce fait montre bien que c'est l'émolivité " i qui est vraiment le subsiratum fondamental de l'émotion.
11 suffit donc, dans certains cas, qu'il se soit créé, sous l une influence particulière momentanée, une voie spéciale à l'énergie cérébrale, pour qu'en toute occasion elle la suive par la suite, comme certains courants le ' font en physique quand ils ont une fois passé pur une; 1 route nouvelle. Certaines conditions individuelles, ac- * quises ou natives, déterminent donc l'orientation de la diffusion de l'énergie. Voici un premier point qui prouve que les lois d'expression des émotions sont loin d'être précises, et que les relations entre l'expression et ■