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d'opération (le ce genre, u'aëté fénioin d'aucun castragi-*! que, et, ayant dû pour des calculs ^tre sondée, n'e éprouve aucune appréhension, ni émotion. Elle csl d'ail-' leursincapaljle de s'expliquer à elle-nn^me ce qui se passe j en elle : l'effet est instantané et persiste plus ou moins'! longtemps. C'est une réaction loute physique en quel-* que sorte et qui lui cause un sentiment 1res pénible, J comme si elle était atteinte elJe-m^me de quelque affec-^ lion gênante de l'utérus ou de ses annexes. J'ai observé le même phénomène chez diverses autres per-l sonnes dans des conditions presque identiques.
Chez certains hypocondriaques on observe la m?me chose. Non seulement ils inierprètent loules leurssensations internes, tous leurs troubles circulatoires, toutes les particularités qu'ils peuvent rencontrer à la surface de leur corps, mais il leur suffit d'entendre parler d'une maladie pour en ressentir les symptômes, princi-| paiement quand il s'agit d'une lésion locale. LeursJ craintes, dans ce cas, ne sont pas purement imaginaires, comme on a souvent l'habilude de le dire, mais sont basées sur des troubles de la sensibilité générale ou de la cénesthésie. En voici un cas qui montre que la manifestation de l'émotion par représenlation se localise de la même façon que le trouble réel capable de la pro- i, voquer : Une vieille lîUe de Irente-cinq ans, après avoir i soigné d'une façon constante une de ses parentes at-i teintes d'un cancer du sein, éprouva dans le sein el ] dans le bras des douleurs analogues, et se crut atteintei^ de la même façon, d'oij état hypocondriaque, avec an-c goisse, assez sérieux. Or, tout le sein et le bras étaient j analgésiques, mais la sensibilité tactile était conservée..^ En même temps il y avait tous les troubles de la sensibilité profonde qu'on rencontre dans ces cas de dimtJ
EMOTIONS LÔCALISB
t nutionde la sensibiiilé: foiirmillemenls, picotements,
quelquefois élancements. Sous l'influence du Iraite-
ment elle recouvra sa sensibilité normale, et toute idée
hypocondriaijue disparut.
J'insiste sur ce fait de l'analgésie, dont j'ai déjà longuement parlé plus haut, analgésie qui n'est pas seulement physique mais morale. Aussi voit-on ces sujets inquiets de leur état et absolument indifférents à la douleur d'autrui.
L'histoire de l'hystérie traumatique nous fournit de nombreux exemples d'émotions localisées. Un homme croit que sa main est frappée, et il reste paralysé de celte main, qui présente en même temps de l'analgésie et de l'aneslhésie (analgésie et aueslhésie qui, comme nous l'avons vu, ne sont que la traduction de l'inhibition du centre cortical correspondant à la main).
Les stigmates du Christ, que présentent certaines
hystériques à la suite de la contemplation du crucifix,
ne sont autre chose que des manifestations localisées
d'un état émotionnel.
On connaît cette expérience qui consiste à faire lesi-
■ mulacre, avec un couteau, de couper le bras nu d'une
■personne, après y avoir préalablement placé une légère
LUgature. Le sujet ressent une impression très désa-
Jtgréable, et certains même vont jusqu'à s'évanouir. Il y
ra deux choses à considérer dans ce cas: l'engourdisse-
I ment léger produit par la ligature, et la représentation
f^très vive de ce qui pourrait avoir lieu si ce qui vous
[^ est annoncé était vrai. L'anesthésie produite sur la
; partie du bras en aval de la ligature explique que le
' sujet croit avoir perdu son bras, et y éprouve en môme
. temps des sensations pénibles au moment où on fait le
simulacre de le couper au niveau de cette ligature, toute
deux phrases se contredisent absolument. Dans l'une W. James avoue que Témotion ne peut être attribuée qu'à la crainte de ce qui pourrait arriver ; c'est donc à une représentation des effets possibles de l'objet sur le sujet, et non à l'effet direct de l'objet sur le système nerveux du sujet, comme cela ressort de la seconde phrase où les lames de couteaux produiraient immédiatemenl un effet corporel dépourvu de sens. Mais s'il n'a pas de sens, il ne peut déterminer d'émotion. Les lames de couteaux par elles-mêmes ne produiront aucun effet corporel sur un sujet qui ne connaîtrait pas les effets qu'elles peuvent donner.
Du reste, il continue en se contredisant lui-même: (( Ce cas représente une classe tout entière : lorsqu'une émotion idéale semble précéder les symptômes corporels, elle n'est souvent rien d'autre qu'une représentation anticipée des symptômes eux-mêmes. Celui qui s'est une fois évanoui à la vue du sang pourra n'assister aux préparatifs d'une opération chirurgicale qu'avec un serrement de cœur et une anxiété irrésistibles. 11 anticipe sur certaines sensations et l'anticipation en hâte l'arrivée. Dans les cas de terreur morbide les sujets avouent fréquemment que ce qui les possède parait rtre, plus que tout le reste, la peur de la peur elle-même. » « Dans de pareils cas, dit-il encore, l'émotion n'a pas de status mental, sauf en tant qu'elle est une sensation vive ou bien une idée des manifestations ; celles-ci constituent tout son matériel, sa somme totale et sa substance. Ces cas devraient nous faire voir que la sensation des manifestations peut toujours jouer un rôle beaucoup plus considérable dans la formation de l'émotion que nous ne le supposons d'ordinaire. »
Comment soutenir que l'émotion n'a pas de status
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mental et admettre en même temps qu'une idée des manifestations l'accompagne, et même la précède? Mais cette idée des manifestations, cette sensation vive, c'est déjà rémotion, toute l'émotion, et les manifestations n'en sont que la traduction ou la conséquence. Je suis tout à fait d'accord avec W. James pour reconnaître que la sensation des manifestations joue un rôle important dans la genèse de l'émotion, mais ces cas montrent précisément que cette sensation se produit, non pas à la périphérie, mais dans les centres de représentation eux-mêmes de l'écorce cérébrale, et que les manifestations périphériques ne sont que secondaires, puisque cette représentation corticale suffit pour produire l'émotion.
La théorie périphérique ne peut expliquer comment un individu qui ne connaît pas les effets d'un pistolet chargé dirigé sur lui n'a pas peur, alors qu'il a peur dès qu'il les connaît. Les modifications périphériques ne sont pas produites par la vue du pistolet, qui est la même dans les deux cas, mais par la représentation que le sujet a ou n'a pas de ses effets. Pour comprendre comment une perception peut entraîner des réactions émotionnelles, et non pas seulement une réaction motrice ou, sensitivo-sensorielle, il faut qu'il y ait entre les deux un intermédiaire, et cet intermédiaire c'est la représentation des effets possibles de l'objet, perçu ou représenté, sur le sujet lui-même.
Aussi voit- on que les enfants, dont l'imagination est pourtant si vive, mais où les représentations sont très faibles, en raison même de leur ignorance du monde extérieur, ont beaucoup moins d'émotions que les adultes. Les manifestations de la douleur chez autrui les laissent indifférents parce qu'ils ne l'ont pas éprou-
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vée. Ils conDaissent les expressions de la douleur morale avant celles de la douleur physique, el celle-ci dans ses manifestations générales avant ses manifestations locales. C'est par l'expérience et l'éducation qu'ils arrivent à comprendre la mimiquedesémotionsconime le langage parlé.
Chez les adultes, tes manifestations localisées des émotions se produisent au contraire très facilement à l'occasion' de phénomènes bien connus d'eux, qui leur sont familiers, dont la représentation leur est, par conséquent, facile. J'avais même pensé qu'ilTallait toujours ' (|ue le sujet sflt en quoi consistent les effets de l'objet * qu'il se représente ou peri^oit, pour que l'émotion se produisit, et qu'ainsi entre le phénomène perceptif ou J représentatif, sensitif par conséquent, et le phénomène émotionnel proprement dit, il y eût un fait de connaissance, un processus intellectuel.
Mais en réalité il n'en est rien, el si cela se rencontre en effet dans le plus grand nombre de cas, il en est J d'autres où aucune représentation n'intervient entre la J perception et la réaction émotionnelle.
11 y a lieu en effet de distinguer dans les émotioiu localisées deux ordres de faits. Dans les uns il est i cessaire que le sujet ait vu une première fois les effi d'un objet sur un autre sujet ou sur lui-même. La répé^J tition de la même perception évoquera donc toulnatu'>^i rellemenl par un processus de mémoire les impressionat) ressenties antérieurement. Car, quoi qu'on ai t discuté s l'existence de la mémoire affective et sensorielle. 1 faits qui la démontrent sont tellement nombreux quej je n'ai jamais pu comprendre qu'elle fût seulement mise J en question. Rien n'est plus naturel que de voir la représentation d'un fait, dans lequel la sensation otfjl
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rémotion tenaient la plus grande place quand il fut perçu, amener les mêmes sensations et les mêmes impressions. Le souvenir n'en est complet qu'à cette condition.
Les émotions localisées de cette catégorie n'ont qu'un intérêt secondaire au point de vue de la loi de localisation des émotions, et n'ont de valeur que contre la théorie périphérique de l'émotion, en venant, au contraire, à Tappui de la théorie cérébrale que je soutiens ici.
Les émotions localisées du second genre sont, au contraire, extrêmement intéressantes à considérer, car elles permettent de comprendre les cas dans lesquels il n'y a aucune représentation intercalée entre la perception et les manifestations d'une émotion. Il ne s'agit plus ici de phénomènes déjà perçus, et, par conséquent, connus dans leurs effets. Dès la première fois que le sujet a une perception d'un objet donné il ressent une émotion dans une certaine partie du corps. C'est ce qui se passe, par exemple, à la vue d'une plaie, à la vue de certains animaux venimeux. Je connais un médecin qui reste absolument insensible devant n'importe quelle opération grave et sanglante, et qui ne peut supporter qu'avec peine la vue d'une opération sur les yeux, encore qu'il sache que le sujet est anesthésié. Il ne peut donc se représenter une douleur qu'il n'a pas éprouvée, et qu'il sait d'ailleurs ne pas exister actuellement chez le sujet.
La peur qui se produit chez les enfanls devant quelque chose de nouveau, d'inconnu, ne s'accompagne d'aucune représentation des effets possibles de l'abjet. On pourrait multiplier les exemples.
En analysant les faits, on s'aperçoit que certains rentrent dans la première catégorie d'émotions localisées,
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cap ils s'accompagnent de représentations inconscientes, et qui, par cela mt)nie, passent inaperçues au premier abord. Ce n'est qu'en cherchant à se rendre compte après coup de son émotion que le sujet les retrouve parfois.
Mais il en est li'aiitres dans lesquels il n'y a nn'nie pas fie représentations inconscientes. L'émotioo localisée se produit alors en vertu des associations physiologiques, non plus acquise^ mais préétablies, constitutionnelles, qui existent entre les centres et la périphérie. J'en ai observé des exemples' très nets chez des hystériques, où le phénomène singulièremenl grossi permet de mieux saisir son mécanisme.
Il s'agissait, dans un cas, d'une jeune fille de 19 ans qui présentait de nombreux phénomènes d'hystérie et, en particulier, une idée fixe depuis l'âge de 13 ans. Elle s'était éprise à ce moment d'unjeune homme bien plus ftgé qu'elle et, quoique ne sachant en aucune façon enfquoi consistaient les rapports sexuels, ni la constitution des organes génitaux de la femme, elle avait éprouvé brusquement, en se trouvant h son contact, une sensation voluptueuse parfaitement localisée, et une sensation de constriction presque douloureuse au niveau de l'ovaire gauche, l'eu k peu cel état s'est installé et s'est compliqué de rêves d'abord, puis d'hallucinations. Chaque fois qu'elle pense à ce jeune homme elle ressent la même impression dans le bas-ventre, et particulièrement au moment de ses époques. A la suite de diverses autres émotions elle tombe dans un état de vigîlambulisme hystérique complet, avec «ne série d'accidents viscéraux, de crises, et une anesihésie généralisée. Mais l'idée dominante est toujours celle de ce jeune homme, Charles, qu'elle aime. Réveillée de son vigilambulisme