‹ Le mécanisme des émotionsChapitre 63 sur 70 · CAS D'ÉMOTIONS LOCALISÉES · texte numérisé non relu

CAS D'ÉMOTIONS LOCALISÉES

sation de constriction très douloureuse. Il lui semblait que le bas-ventre était comme serré et tordu. A partir de ce moment elle présenta un grand changement moral. Elle aimait beaucoup lire, mais elle ne put plus supporter tout ce qui se rapportait à Tamour, cela lui faisait horreur et lui faisait mal dans le bas-ventre. Réveillée du vigilambulisme profond dans lequel elle avait fini par tomber à la suite de cet incident, elle put, au coure de la régression de sa personnalité, me reproduire les phénomènes tels qu'ils s'étaient déroulés, et c'est ainsi que j'en eus connaissance. Le souvenir de cet homme, qui avait persisté tant que l'anesthésie abdominale et génitale avait existé, disparut avec le retour de la sensibilité et le réveil cérébral.

Dans ces cas il n'y a aucune représentation en cause. La manifestation la plus intense de l'émotion se localise au niveau même de l'organe, c'est-à-dire du centre cortical de l'organe, qui habituellement est intéressé, et entre enjeu dans le sentiment et l'acte à l'état normal. Et cela par suite des dispositions physiologiques naturelles.

Il est peu de cas où le sentiment et la fonction organique soient dans un rapport aussi étroit que dans Témotion amoureuse. Cependant ce n'est pas le seul, et on peut observer des phénomènes analogues à propos de la faim et de la fonction digestive. Les belles recherches de Pawlow* sont très instructives à cet égard. Il a montré, en effet, par des expériences très précises, que la seule vue de la viande, ou du pain, ou de certains aliments, suffit à déterminer la sécrétion des sucs précisément les plus appropriés au point de vue

1. Le travail des glandes digestives. Trad. Paclion et Sabrazès. Paris, Massonet G'% 1901.

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chimique & la digestion de chacun d'eux. Ses expériences montrent en outre que le primiim movens qui, dans les conditions normales, met en branle l'appareil neuro-glandulaîre de l'estomac, c'est l'appétit, et comme il le dit dans un langage très imagé et pittoresque, l'appelle c'est du sur, suc qu'il appelle psychique, par opposition à celui qui se décharge des glandes sous l'influence du contact, des aliments avec la paroi gastrique.

Ainsi, la vue d'un aliment suffit chez un animal à provoquer la sécrétion du suc digestif approprié fi sa meilleure digestion. On ne peut invoquer ici qu'on se représente les effets que doit produire cet aliment, tant sur la sécrétion que sur lu composition des sucs sécrétés. Il y a là un phénomène physiologique, un rapport préétabli entre les centres corticaux de l'estomac', dont je crois avoir démontré l'existence, et les autres centres de perception ou de représentation d'objets ayant une action directe sur l'estomac, ou destinés à sa fonction.

L'étude des émotions localisées nous amène donc pux deux importantes concltisions, je dirai presque aux deux lois suivantes :

A. La perception (ou la rpprésenlation) dans des centres corticaux quelconques, d'objets destinés à une fonction spéciale, détermine dans le centre cortical de cette fonction un étal particulier, qui se traduit à la périphérie sur l'organe même de cette fonction, par des réactions spéciales, soit d'activité, soit d'arrêt. L'émotion (oh le sentiment) qui accompagne la perception (ou la

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