LOIS DE LOCALISATION
représeritation) se produit directement sans représentation intermédiaire,
B. La perception (ou la représentation) d'un objet, quelconque, non destiné à une fonction spéciale, capable de produire des effets agréables ou désagréables sur un sujet, ne peut déterminer d'émotion que si le sujet connaît et peut se représenter ces effets. Cette représentation sert d'intermédiaire entre la perception et les manifestations émotionnelles. Ces dernières ne sont que la traduction péinphérnque de l'état des centres corticaux mis en jeu dans les diverses représentations (imagination ou mémoire) des effets connus de l'objet perçu.
Dans les deux cas, c'est donc toujours le cerveau qui est le premier en cause et qui agit directement sur la périphérie.
Mais il nous reste un dernier point à examiner, à savoir les conditions individuelles permettant les émotions localisées, qui nous conduira à une troisième conclusion ou loi que je formulerai immédiatement ainsi :
C. Pour se i^eprésenter une sensation (ou un sentiment, ou une émotion) agréable ou désagréable, il faut, non seulement savoir en quoi elle consiste, soit par ouï-dire, soit pour l'avoir éprouvée soi-même, mais encore être capable de la ressentir actuellement.
Contrairement à la seconde loi énoncée tout àTheure, on rencontre, en effet, des cas dans lesquels le sujet, quoique ayant une connaissance parfaite des effets que peut produire sur lui un objet qu'il perçoit, n'en éprouve cependant aucune émotion. Nous avons déjà observé le fait dans les expériences où je supprimais chez un sujet la sensibilité viscérale et lui montrais une souris qui lui faisait horreur habituellement. Il ne se pro-
duisait plus d'émotion quoiqu'il perçût parfaitement la aouria et se souvînt qu'autrefois elle lui causait une émotion. Mais il ne pouvait plus se représenter celle émotion et ne la ressentait plus.
On observe des pliénomënes analogues chez les analgésiques. Ils sont iudifférenls à la douleur, parce qu'ils sont incapables de la ressentir el de se la représenter. Les criminalistes ont monlr(5 qu'un grand nombre de criminels particuliôremenl cruels sont analgésiques. Il devient donc compréhensible qu'ils infligent des douleurs dont ils sont incapables de se représenter l'inlensilé. On sait aussi que les Chinois, dont le raffinement en matière de supplices est si développé, ont une sensibilité à la douleur très affaiblie. Ils proportionnent donc la douleur qu'ils veulent imposer à celle qu'ils sont capables de ressentir et de se représenter. Il en est «le même chez les enfants.
On sait combien il est impossible de se représenter un sentiment qu'on n'est plus capable de ressentir. On en a un exemple très caractéristique dans la passion de l'amour. On peut se rappeler tous les faits survenus au cours de sa passion disparue, on ne peut plus se représenter les sentiments qui vous ont fait agir, et c'est de là que viennent la cruauté, l'indifférence absolue, qui succèdent si souvent à la passion la plus violente, quand celle-ci est éteinte.
La haine, la jalousie, toutes les passions présentent le même caractère, et sont incapables d'être évoquées, i-eprésentées, quand on se trouve dans un état où on ne les ressentirait plus ai l'occasion se présentait de les manifester.
En voici un exemple pathologique : Chez une jeune hystérique, complètement aoesthésique et à manifesta-