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Psychologie des sentimenls. Paris, F. Alcan

■ EXCITATIONS ÉMOTIONNELLES 3a7

taines excitations, certaines impressions, ont le privilège de diStepminor des lîmotions. C'est qu'elles intéressent le fonctionnement mfme de l'individu, soîtpour l'activer, soit pour l'enrayer. Dans le premier cas il y a sentiment général agréable, dans le second sentiment désagréable, joie ou tristesse. Mais les manifestations, l'expression de l'émolion, sont commandées, déterminées par les lois île localisation que nous avons établies tout k l'heure.

Ont seules le privili^ge de déterminer des émotions les perceptions ou les représentations d'objels capables de modifier les conditions vitales du sujet, et plus les centres corticaux mis en jeu seront destinés à des fonctions plus générales, plus essentielles à l'existence de l'individu, plus facilement se produira l'émolion. C'est ainsi que les excitations qui atteignent directement ou indirectement, par diffusion de l'énergie cérébrale, les centres viscéraux, et parmi ceux-ci les centres respiratoire, ou cardiaque, ou gastrique, déterminent des états émotionnels 1res intenses, alors que celles qui frappent les centres moteurs ou sensoriels n'en provoquent guère. La personnalité, comme j'y ai insisté précédemment, n'est que peu intéressée dans les modifications des organes moteurs ou sensoriels. Elle l'est, au contraire, considérablement par les troubles de la sensibilité générale, des viscères et des vaso-moteurs.

De sorte qu'en résume, nous arrivons actuellement, par l'examen des conditions requises pour que les excitations déterminent des émotions, à la 'conclusion & laquelle nous étions arrivés en montrant le rôle de la personnalité dans la genèse des émolions. Elle se trouve donc renforcée et contrôlée en quelque sorte par ces deux méthodes, ces deux voies aboutissant au môme résultat, au môme point de vue.

»») REPRÉ^XTATION ET ÉMOTIOX

3* Conditions déterminant F émotion dans certains cas et pas dans d'autres. — Ce troisième point n'a presque plus lieu d'être examiné après tout ce que nous venons de voir précédemment.

Noos comprenons, en effet, pourquoi une perception produit, tantôt un mouvement adapté à un but, tantôt une émotion, c'est-à-dire des manifestations diffuses^ motrices et autres. Cela dépend, d'une part, de rémotivité du sujet, de la facilité avec laquelle l'énergie cérébrale diffuse sous l'influence d'une excitation, d'autre part, de l'intensité de l'excitation et de la décharge nerveuse qui la suit ; ensuite, des représentations provoquées par association avec la perception excitatrice ; enfin, de la nature et du siège de ces représentations, suivant qu'elles se rapportent aux fonctions motrices,, sensorielles ou sensitives, viscérales, vaso-motrices, qu'elles intéressent la personnalité externe ou la personnalité interne, si je puis m'exprimer ainsi, c'est-àdire la personnalité dans ses manifestations extérieures ou dans ses manifestations intérieures.

Une dernière remarque sur le rôle des émotions. On a dit qu'elles dissociaient, qu'elles désagrégeaient l'esprit. Si cela est vrai dans certains cas, c'est absolument faux dans d'autres. L'émotion au moment d'un examen fera perdre la mémoire, affaiblira les associations d'idées, les raisonnements chez Tun, et exaltera au contraire, tendra tous les ressorts de l'esprit chez un autre. La peur paralysera l'un et donnera des ailes à un autre. On a distingué des émotions dynamogènes et iuhibitrices. A la vérité, la même émotion peut être dynaniogène chez un individu et inhibitrice chez un autre, et se présenter même avec ces caractères opposés

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