LES MOUVEMENTS NUN ADAPTÉS
noire oreille, nous comparer aux sourds-muets. 11 est parfaitement reconnu aujourd'hui que les mots qn'il a appris à articuler, tel sourd-muet arrive à les entendre, tandis qu'il est incapable d'entendre les mots qu'il articule mal '.
i']u raison des mêmes faits, les piaiiislos peuvent être classés en deux catégories : ceux qui entendent mal, ceux qui entendent bien. Les uns ne cherchent qu'à acquérir l'agilité des doigts par la prolongation de l'étude des mouvements, les autres cultivent l'immobilité, la tixité d'attitude. On semble ignorer que dans l'exécution, certains doigts fonctionnant pendant que d'autres ne fonctionnent pas, le progrès suil une double évolution. Le rôle de l'immobilité est si important qu'on n'accjuiert Tagilité artistique que par l'immobilité. Ainsi chez ceux dont l'agilité ne permet pas d'isoler les mouvements, la pensée musicale s'atrophie ou ne peut éclore; chez ceux dont l'immobilité assure la fixité d'attitude qui sert d'appui aux mouvements, l'entendement intérieur se forme.
Dans l'éludi' du piano, le premier acte d'inlelligence réside dans l'action musculaire des doigts, dont le degré de développement sert précisément à la psychologie physiologique de base pour déterminer le degré d'activité cérébrale de chaque individu. Le mécanisme de l'attention réside dans les muscles, qui, de même que des fils de caoutchouc, s'échaulfent en se contractant. C'est donc
1. Ch. Eéré, L'rducation de la vue chez les sourds Reçue des R'vues i" septembre l''9.ï).
en apprenant à gouverner ses muscles, en les rendant de plus en jdus aptes à se mouvoir par impulsions rapides et indépendantes, que l'on devient réellement attentif, et par le fait capable de faire œuvre d'artiste.
L'étude du piano nous offre donc en quelque sorte la possibilité d'augmenter notre force d'attention et notre activité cérébrale au même degré qu'elle augmentera la tension musculaire des doigts.
Ce processus psycho-physiologique de l'étude du piano est généralement ignoré, car on peut, malheureusement, à force d'exercices mal dirigés, acquérir une grande agilité des doigts avec des fonctions musculaires très relâchées ou très mal utilisées.
L'organisme porte alors en lui-même une négation de l'art; il ressemble à une harpe dont toutes les cordes resteraient détendues ou mal accordées. Pour faire de la musique, il faut soi-même vibrer harmonieusement.
Les rapports des mouvements et de l'immobilité pourraient se définir de la manière suivante :
L'immobilité préalable du doigt est aussi indispensable à tout bon mouvement d'attaque que la suppression des mouvements associés qui sont inutiles, c'est-à-dire nuisibles. Dans ces conditions seulement, le doigt obéira vraiment au commandement, car toute attaque d'un doigt devient défectueuse si les quatre autres doigts de la main ne sont pas immobilisés.
Loin de s'opposer à l'extension, à l'immobilité de la main, l'orientation des inclinaisons variées sera d'autant