‹ Le mécanisme du toucherChapitre 12 sur 17 · LES MOUVEMENTS NON ADAPTÉS · texte numérisé non relu

LES MOUVEMENTS NON ADAPTÉS

plus précise que rimmobilité de la main sera mieux acquise.

Un fait assez curieux, c'est que malgré le grand nombre d'heures consacrées à l'étude, les élèves n'arrivent pas, par l'application des procédés usuels, à supprimer la réaction des mouvements des doigts sur la position de la main, car l'emploi des attaques faites avec le mouvement de va-et-vient du doigt ne rend pas les doigts indépendants de la main, parce qu'on exige l'effort par l'application d'un mouvement impuissant.

Si, après avoir préalablement contracté un doigt, on le laisse tomber sur la touche, l'impulsion donnée reste sans ricochet. La force déployée sert uniquement à enfoncer la touche, elle est perdue pour le mouvement suivant, car une seconde impulsion est nécessaire pour soulever le doigt de la touche. Donc, pour un seul son à produire, on enseigne au doigt deux actions opposées l'une à l'autre! Ces procédés sont contraires aux lois de l'élasticité musculaire, basée sur la fusion des secousses successives; ils ne peuvent donc pas être utiles aux progrès de l'organisme individuel que tout exécutant doit poursuivre et atteindre.

Au lieu d'acquérir l'habitude de manier ces deux impulsions contradictoires avec adresse, sans grand profit pour la tension musculaire, on peut perfectionner presque indéfiniment son système musculaire en dirigeant chaque mouvement du doigt, même avec la plus légère attaque de la touche, de façon à utiliser intelligemment la force qui le produit. On devra, dans ce but, substituer

le mouvement circulaire tracé du bout du doigt avec glissement pendant renfoncement de la touclie, au mouvement de va-et-vient généralement pratiqué pour les attaques.

En ce qui concerne le mouvement de va-et-vient de l'attaque du doigt, un fait curieux à noter est que J.-S. Bach, selon les détinitions transmises par J.-N. Forkel, ne l'employait pas en jouant du clavecin.

Dans le chapitre de son livre consacré à « Bach claveciniste », Forkel dit : « Je n'ai pu m'empêcherde souvent métonner que Phil. -Emmanuel Bach, dans son Essai sur la vraie manière de toucher le clavecin^ n"ait pas enfin décrit les caractères qui constituent ce haut degré de netteté dans le toucher de l'instrument : il possédait en eiïet lui-même ce toucher qui formait une des grandes originalités de l'exécution de son père. » Désireux de combler cette lacune, Forkel analyse le toucher de J.-S. Bach et dit textuellement : « L'impulsion, ou la quantité de pression, communiquée à la touche doit être maintenue avec égalité : pour cela, le doigt ne se doit pas lever perpendiculairement de la touche, mais bien plutôt glisser doucement le long de cette touche en se repliant graduellement vers la paume de la main '. »

INécessairement le doigt une fois ramené vers la paume de la main ne pourra être redressé que par l'extension successive de la phalange, de la phalangine et de la

Page 1