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Leurelet Graliolet, Analomie comparée du sjsième nerveuT

sation d'actions réflexes. Les dispositions physiologiques des contacts ne fixent pas seulement rogencement des mouvements des doigts; elles désignent tout autant l'orienlaiion pour les moindres soulèyements de la main et pour les mouvements les plus élevés de Tavant-bras.

L'art (le jouer du piano peut donc être analysé scientifiquement par la double définition des poses acoustiques qui délimitent la correspondance physiologique des contacts, et des mouvements acoustiques qui établissent les rapports des contacts et des mouvements. Par cette double définition, nous sommes à même d'appliquer à l'étude les procédés du moindre effort qui seuls nous permettent d'évoquer la beauté de l'harmonie musicale.

Après avoir établi par les empreintes des contacts le caractère spécial de ces poses et de ces mouvements acoustiques, nous définirons dans la partie suivante les exercices de dissociation particulièrement favorables à former ces poses et ces mouvements.

Contrairement à l'opinion généralement répandue, nous avons établi dans la méthode du Toucher le fait, que l'indépendance des doigts du pianiste est déterminée par le degré d'indépendance acquis par les pouces et les index, et qu'il importe avant tout de développer les fonctions de ces deux doigts. Nous prouvons expérimentalement ce fait, car dans les quatre derniers doigts, l'enchaînement des contacts est obtenu sans l'évolution de la pose des doigts exigée pour le pouce et l'index.

Le problème de la pose des pouces et des index résume

le problème du mécanisme du piano parce qu'il s'agit avant tout de corriger cette rupture des contacts par une éducation spéciale. Du reste les contacts des pouces présentent une telle divergence de forme et de dimension que l'utilité de régler leur position paraît évidente. Notre première série d'attaques du j)Ouce réalisées ])ar difTérents exécutants le prouve (voir lig. 25). Ces empreintes démontrent non seulement l'incohérence de la forme des cou-

Série d'attaques de pouces

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tacts, mais le fait que, les contacts des pouces ont souvent comparativement à ceux des autres doigts, une disproportion injustillée par la petitesse ou par la grandeur de leurs dimensions.

Une autre série d'empreintes faites par un de nos petits élèves nous a permis d'obtenir, sans modification de pose de la main ou du coude, une rectification progressive des contacts du pouce de la main droite. Ces empreintes nous offrent une démonstration de révolution des contacts à acquérir par le perfectionnement de la pose de ce doigt.

Dans ces sept empreintes faites successivement, les trois premières pourraient être réalisées par les plus mauvais exécutants, les trois dernières dérivent forcément d'un progrès acquis, parce quelles dénotent l'assouplissement de la phalangette. Si nous examinons ces empreintes, nous voyons que la phalangette, tenue d'abord en sens opposé à l'index, est ramenée ensuite en droite ligne et finalement inclinée fortement vers l'index. Ces modifications influent sur l'agencement des

évolution de la pose du pouc

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Fia. 20.

contacts, car dans ces sept contacts, les lignes papillaires, après avoir été disposées verticalement, tendent graduellement à s'incliner davantage vers l'index (voir fig. 26j. Ce fait réagira autant sur la direction à communiquer aux mouvements glissés des attaques du pouce que sur l'agencement des mouvements du poignet et de l'avant-bras qui précèdent ou suivent souvent ces attaques. Le problème d'éducation de l'index peut se définir de la même manière. Si nous faisons une attaque de l'iudex, après avoir fait une attaque du pouce, nous ne prou-

veroiis nullement rindépcudance acquise pur ce doigt en localisant le contact sur la région moyenne ou sur la région moins sensible de la pulpe. Le perfectionnement consistera précisément à rectifier la pose de l'index de l'açon à uliliser plus particulièrement sa région la plus rapprochée du pouce, (|ui est aussi sa région plus sensible.

Cette rectification est établie dans les cinq empreintes successives de l'index où l'évolution des lignes papillaires des contacts est effectuée par les changements de localisation des attaques (voir fig. 27). Tandis que dans

évolution de la pose de l'index

Fig. 27.

les premières empreintes les ligues papillaires sont plus inclinées vers le médius, elles sont, dans les suivantes, de plus en plus inclinées vers le pouce, ce qui est un signe de grand perfectionnement de la pose de la main, si le Coude est maintenu dans une position normale.

Pourquoi la nécessité de cette rectification?

Comme nous l'avons dit, tous les mouvements des doigts, du poignet, de lavant-bras, sont orientés sur Tagencement des contacts. Nous pouvons donc affirmer

7i LE MÉCANISME DU TOUCHER

qu'en réunissant Fempreinte n" 1 du pouce (voir fig. 27) à une empreinte de Tindex (voir lig. 27), les dispositions papillaires de ces deux empreintes exigeront des mouvements qui ne sauraient être conformes aux procédés du moindre effort. Nous voyons, au contraire, si nous réunissons par exemple, Fempreinte n° 7 du pouce à Fempreinte n° 5 de l'index, que, grâce au perfectionnement de la pose des deux doigts, les dispositions de leurs contacts se modifient de façon à nous permettre de réaliser, dans le groupement des doigts, les mouvements qui nous coûtent le moins d'effort. l*ar cette disposition des contacts, nous pouvons communiquer aux attaques des directions complémentaires et rendre la seconde plus aisée que la première. Cardans les attaques successi\es bien agencées, on remarque toujours qu'il se produit, de la première à la dernière attaque d'un groupe, une facilité croissante de mouvement, parce que l'élan acquis pour la première attaque est intelligemment utilisé pour l'agencement des attaques suivantes.

Le fait de devoir acquérir ce perfectionnement de la pose du pouce et de l'index n'implique nullement l'obligation de ne les employer que dans cette position ; mais cette mise à point exige une étude spéciale qui permet de vaincre d'une façon particulièrement rapide toutes les difficultés du mécanisme pianistique.

Les poses des pouces subissent, si le mécanisme de l'exécutant est perfectionné, des transformations subtiles dans les groupements des contacts, mais sans que pour cela les dispositions des lignes papillaires prennent une

direction différenle de celle que nous a\ons signalée comme étant appropriée aux procédés du moindre eftbrt.

En parlant de la localisation des contacts, nous avons l'ait emploi crun terme inusité dans Fétude du piano (juoique de luuL temps les grands artistes aient dû employer ces procédés instinctivement. Avant que les empreintes eussent révélé les phénomènes de la diversification des contacts, l'art de la localisation restait ignoré, indéfinissable. Cet art se rattache directement aux caractères si divers de notre sensibilité tactile, dont il agence les rapports en vue d'évoquer les sonorités les plus variées, les plus harmonieuses. En se basant sur la correspondance des lignes papillaires dans le groupement des contacts, on pourrait dire que dans l'exécution pianistique notre sensibilité prend un caractère circulaire. Les impressions tactiles peuvent être diversifiées de manière à former des oppositions de sensations si frappantes, qu'à différentes reprises nous leur avons vu produire le phénomène de l'interversion involontaire des attaques. C'està-dire, en voulant jouer à deux reprises mi, sol, ut^ par exemple, en localisant les attaques d'une main sur la région plus sensible, celle de l'autre sur la région moins sensible, il nous est arrivé après avoir joué mi, sol, ui avec une main, de jouer malgré nous ut, sol, mi avec l'autre, par le fait de nous servir de régions opposées.

Dans l'analyse expérimentale de la durée de l'enfoncement et du soulèvement de la touche nous avons constaté que sur la région sensible les attaques se font très rapidement et les soulèvements relativement lentement.

L'efïet inverse est obleiiii lorsqu'on emploie la région moins sensible, aussi l'analyse expérimentale de ces deux localisations produit-elle des courbes en sens contraire.

L'art de la localisation peut être basé en principe sur la détinition de trois poses acoustiques dont les deux premières peuvent être qualifiées iVimmobiies^ la dernière de mobile.

La ])remière pose acoustique nous permet de localiser les contacts des derniers quatre doigts sur la région plus sensible.

Afin d'obtenir cette modification des contacts, il importe non seulement de s'assimiler la pose de main, sans cesse recommandée par Liszt à ses élèves, et qui consiste à tenir la main bien plus élevée du côté du cinquième doigt que du côté de l'index; mais de poser en principe l'index plus au fond des toucbes que le troisième doigt, de poser au contraire le pouce et le cinquième doigt plus au bord que le quatrième, qui prend une localisation intermédiaire entre le troisième et le cinquième. Sans ce genre d'agencement des doigts, la position de main perd une grande partie de Fintluence qu'elle doit exercer sur l'exécution, parce que sans ces procédés, les régions les plus sensibles des quatre derniers doigts ne peuvent être posées sur le clavier.

En ce qui concerne le quatrième doigt, nous avons remarqué que l'amélioration de sa localisation est parliculièrement entravée par notre manque de conscience à

rt'iiard de ses moLivements. Si révolulion de la pose du pouce et de l'index est acquise, un edoi't persévérant suftit pour localiser avec justesse la pose du qualrième doigt, car surtout dans la première pose acoustique, les lignes papillaires de ses contacts ont une tendance à s'incliner vers le médius, au lieu de s'incliner vers le cinquième. Le meilleur moyen pour réagir contre celte erreur de position consiste à nous imaginer que le quatrième doit être placé autant au bord du clavier que le cinquième, atin de déployer l'eflort de volonté nécessaire pour rectifier vraiment sa pose. En raison de la conformation de la main nous ne pourrons jamais dépasser le but en cherchant à faire fonctionner le quatrième comme un cinquième doigt.

En somme l'exécutant contribuera à lendre son jeu harmonieux, s'il mesure d'après des données précises les rapports à établir entre les dilférents degrés d'extension et de flexion de ses doigts. Il doit agir comme s'il traçait des formes sur le clavier, par le fait de poser dans l'exécution de tous les groupes de notes chacun de ses doigts, avec des proportions nettement délimitées, plus ou moins au bord ou au fond des touches.

La nouveauté de ces groupements frappe, mais leur utilité est telle que leur intluence devient appréciable, même lorsqu'ils sont appliqués à l'exécution des intervalles les plus simples.

Nous rendrons l'explication de ces positions respectives des doigts plus aisée si, pour faire des empreintes, nous nous servons d'un clavier dont nous divisons les

touches en intervalles d'un centimètre par des lignes transversales. Les claviers ayant généralement de quinze à seize centimètres de profondeur, si nous traçons la première ligne sur le bord même des touches, la seizième ou dix-septième au fond des touches nous constituons, pour la localisation de nos contacts, des lignes de démarcation qui nous permettent d'établir les faits suivants :

Si, en jouant une tierce avec l'index et le quatrième doigt, nous posons les deux doigts au milieu des pulpes et sur des lignes parallèles des touches respectives sans contourner le coude, nous obtiendrons des empreintes avec lignes transversales non diversifiées, et une sonorité peu vibrante. Les résultats seront différents si nous posons l'index sur la huitième ligne et le quatrième doigt sur la seconde ou la troisième ligne, en localisant les deux contacts sur la région la plus sensible des deux pulpes, car les lignes papillaires des contacts de l'index prendront une inclinaison légèrement ascendante de gauche à droite, celles du quatrième doigt s'inclineront en descendant de gauche à droite, et sous l'influence de cette divei'silication des contacts la sonorité des deux notes se combinera harmonieusement.

En nous servant de lindex et du cinquième doigt, nous pouvons obtenir pour l'exécution d'une quinte, dos différenciations analogues, si nous attaquons l'index sur la neuvième ou la dixième ligne de la touche et le cinquième doigt sur la seconde.

Il faut dire que si en fléchissant le quatrième ou le cinquième doigt, on attaque l'index sur sa région la

plus sensible on est forcé de tenir la main bien plus élevée du côté du quatrième et du cinquième, que du côté de l'index, de sorte que par cette localisation on réagit utilement sur la position de la main.

Pour l'attaque des octaves, nous obtenons des différences aussi concluantes par le caractère de la localisation, qui intlue toujours sur la position de la main. A moins d'avoir une main très petite, on peut localiser approximativement l'octave de trois façons différentes : sur la région moins sensible, sur la région moyenne, sur la région jdus sensible. C'est par cette dernière localisation que' nous réalisons les contacts les plus physiologiques en raison du caractère de leur diversification.

Imi vue de contrôler la vitesse d'attaque respective de ces ditférentes localisations, nous avons vérifié le caractère de nos réactions sur les tambours de l'appareil enregistreur.

L'expérience est disposée de la manière suivante :

Cinq cuvettes métalliques, recouvertes d'une membrane en caoutchouc sonple et peu tendue, sont mises en communication par un tube flexible et étanche avec les tauîbours de l'appareil enregistreur. Ces cuvettes sont fixées sur la table dans des positions qui correspondent à celles que doivent prendre les pulpes des doigts dans les diverses attitudes du toucher qu'il s'agit d'iMiKlicr. La pression de cliaque doigt s'enregistre sous forme d'une courbe, dont on peut mesurer la rapidité d'ascension et de descente et la durée, en comptant sur le cylindre, les ondulations du diapason vibrant 100 fois par seconde,

et qui s'inscrivent en même temps. La tension des membranes qui recouvrent les cuvettes réceptrices doit être aussi faible que possible, pour que leur résistance se rapproche de celle des touches qui sont eu réalité maintenues en équilibre par un mécanisme subtil dont on fausse le fonctionnement lorsqu'on place au-dessous d'elles pour enregistrer leurs mouvements un tube résistant, comme on Ta fait dans quelques expériences.

L'analyse de nos localisations à l'aide de l'appareil enregistreur nous a donné les résultais suivants :

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