‹ Le Mécénat et l'organisation du crédit intellectuelChapitre 20 sur 61 · Tome IV, p. 322. Voir aussi Jules Laforgue. Mélanges pos: thumes · texte numérisé non relu

Tome IV, p. 322. Voir aussi Jules Laforgue. Mélanges pos: thumes

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trop faibles ou trop malheureux pour pouvoir mener la latte en restant eux-mêmes, ont été sacrifiés à la médiocrité triomphante. Il nous paraît impossible de ne pas constater cette carence du mécénat

contemporain.

Mais voici que s'élèvent les voix des penseurs et des tribuns socialistes. C’est sous l'influence de l'esprit du dix-huitième siècle que Saint-Simon préconise la domination des intellectuels dans la société idéale; sa conception du mécénat en découle logiquement. L'on voit s'affirmer dans un des premiers ouvrages de Saint-Simon, « Les lettres d’un habitant de Genève à ses contemporains » publié en 1803, l’idée d'après laquelle l'intelligence doit s’administrer elle-même sans avoir à subir le contrecoup des vicissitudes par lequelles passe inévitablement le pouvoir politique. C’est dans ce livre que Saint-Simon propose l'élection par la nation d’un « parlement de perfectionnement » composé de trente savants, cinq artistes, et quinze industriels; cet organisme sera chargé d'accorder des récompenses à ceux qui feront faire des progrès aux arts et à l’industrie. Ce n'est plus l'Etat politique, ce n'est plus un cénacle fermé comme une Académie, ce sont les intellectuels eux-mêmes, désignés par le peuple qui doivent venir en aide à leurs compagnons de pensée,

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D'autre part, l’on sait que dans ses autres livres, Saint-Simon a glorifié la mission des savants et des artistes qui — en même temps que les industriels —— devront organiser la société nouvelle.

« La force temporelle véritable réside aujourd'hui dans les industriels et la force spirituelle dans les savants » écrit-il dans la « Lettre au Roi » (x7), et dans « le Nouveau Christianisme », il montre que les intérêts des artistes des savants et des « chefs des travaux industriels » sont les mêmes que ceux de la masse du peuple; car, appartenant à la classe des travailleurs, les intellectuels en sont les chefs tout désignés et peuvent être pour les nations des guides éclairés (18).

Les disciples de Saint-Simon sont encore plus précis. Ils proclament que la société se compose d'artistes, de savants et d'industriels; ses chefs sont les premiers artistes, les premiers savants et les preimiers industriels. De plus « il faut administrer le corps scientifique comme le corps industriel, c’està-dire pourvoir aux besoins de la production et de la consommation intellectuelle par une habile distribution des travailleurs, des travaux et des produits. L'absence de doctrine commune s'oppose à toute espèce de travaux d'ensemble; chaque savant livré à ses forces individuelles se trouve nécessairement poussé dans les voies de l’égoïsme et du charlatanisme ». Et les Saint-Simoniens invoquent

l'exemple de l'Eglise catholique pour affirmer la

(17) Saint-Simon. Lettre au Roi (1820), p, 52. (18) Saint-Simon. Nouveau christianisme, DO,

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