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permettent de répondre à l’éternelle objection formulée par certains intellectuels qui repoussent avec ardeur toute intervention de l'Etat. L'Etat, en organisant le crédit intellectuel sous forme de crédit coopéraif, se contenterait de jouer un rôle passif. Il avancerait quelques capitaux indispensables. Mais ce sont les intéressés eux-mêmes, c’est-à-dire les dé-légués élus par les intellectuels qui décideraient de la répartition de ces avances. Nous retrouvons done en matière de crédit le principe qui commence à être appliqué timidement dans le domaine du mécénat. (Caisse des recherches scientifiques, Office des Inventions) et d’après lequel l'Etat se contente de poser quelques règles générales, en limitant le plus possible l’action administrative et en laissant les inté-
ressés, c’est-à-dire les techniciens eux-mêmes assu-
rer le fonctionnement des institutions dont ils ont besoin. Remarquons en outre que M. Charles Gide propose de faire élire les membres du conseil par les organisations de travailleurs intellectuels. Il ne s'agit pas d'un conseil se recrutant par cooptation comme une Académie. Les adversaires de l'esprit académique n'auront donc aucune crainte à ce sujet.
Est-ce à dire que cette organisation soit parfaite ? Certainement non. Il y aura toujours des mécontents. Mais le système proposé par M. Charles Gide est celui qui semble le plus rationnel et le plus conforme à l’évolution d'un syndicalisme intellectuel, particulièrement jaloux de conserver son
autonomie.