‹ Le Mécénat et l'organisation du crédit intellectuelChapitre 8 sur 61 · RME + FN · texte numérisé non relu

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plätrer ses laides actions et à faire des onguents pour mettre sur les plaies du public et du Cardinal. Il promet quelque avancement et donne quelques petites assistances à cette canaiïille qui combat la vérité pour du pain. »

If ne faut pas attacher à ces lignes quelque peu virulentes plus d'importance historique que n’en mérite en général un pamphlet. Mais il est incontestable que l’Académie française, tout en conservant en apparence une certaine impartialité au cours de la querelle du Cid, vint en aide à Richelieu contre Corneille. L’on sait que la plume habile de Chapelain, en écrivant les « Sentiments de l’Académie sur le Cid » servit en même temps la jalousie littéraire du Cardinal et ses desseins politiques qu’une tragédie d'inspiration trop espagnole devait inévitablement gêner.

Ce fait n'est pas exceptionnel; car Richeiieu avait l'habitude de faire défendre sa politique par les hommes de lettres qui étaient ses obligés. Il le fallait bien. Des centaines de petits pamphlets —semblables à celui dont nous avons donné un extrait — couraient les rues et les antichambres du roi. Le Cardinal était chaque jour raillé, diffamé, honni dans ces libelles où les sentiments les plus bas et parfois les plus diaboliques lui étaient attribués. Il était nécessaire de répondre; Richelieu utilisa donc les services des nombreux écrivains qui se pressaient au-,

tour de lui (8). « La Cabale espagnole », les « Consi- . dérations d'Etat », pamphlets anonymes, ont été écrits dans l'entourage immédiat du Cardinal. « L’alliance du Roi avec le Turc » fut publié par Gabriel Guay, un obligé de Richelieu. Le théologien Filesac, l'avocat au aPrlement Abel de Sainte-Marthe, le bibliothécaire du roi Rigaud étaient plus spécialement chargés de glorifier la politique étrangère du premier ministre.

Richelieu ne manqua pas non plus d'utiliser la puissance d'une force nouvelle : la presse. Le 30 mai 1631 paraissait le premier numéro du plus ancien périodique français, La Gazette, fondée par le médecin lThéophraste Renaudit. Il a fallu plus de deux siècles pour que justice fut rendue au créateur du journalisme français; les études consciencieuses d'Hatin (9) et surtout le beau livre du D° Gilles de la Tourette (10) y ont contribué pour beaucoup. Nous savons aujourd'hui que pendant de longues années Richelieu accorda au médecin-journaliste une protection dont celui-ci avait le plus grand besoin. Ses confrères de la Faculté de Médecine de Paris le poursuivaient de leur haine; et il fallut l’intervention du cardinal pour que la querelle ne s’envenimât pas. De plus Richelieu fit obtenir à Renaudot un privilège du roi qui assurait au fondateur de La Gazette le monopole des gazettes et nouvelles et

(S) Maxüuuin Deloche. Autour de la piuine du Cardinal de Richeheu. p. 387 et suivanies.

(g) Hatin. Histoire politique et littéraire de la presse en

France. Tome I. p. 63.

(10) Gilles de la ‘louretle, Théophraste Kenaudot, p. 76,

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