‹ Le médaillierChapitre 11 sur 24 · MAJOR PASCAL · texte numérisé non relu

MAJOR PASCAL

— Je ne suis pas rassuré, — me dit Urbain — maisil faut tenter une grande et décisive épreuve.

— Que signifie cela, docteur?

— Tu vas le savoir, René.

Voici ce que me raconta Urbain :

Pascal avait épousé, étant déjà dans un âge mûr, une toute jeune femme. Il l'aimait éperdùment. On peut juger de ce que devait être pour une femme l'amour d'un tel homme.

Laurence — elle se nommait ainsi — s'enfuit du toit conjugal, alors que Pascal était aux camps. Mon parrain dont le cœur était un abîme de bonté et de miséricorde, offrit son pardon à la coupable. — Soit honte, soit désaffection complète de sa part, — Laurence n'accepta point cette indulgence. Pascal dans son désespoir, voulut se faire tuer au premier combat; il ne parvint qu'à perdre une jambe. N'ayant pu rencontrer la mort qu'il cherchait pour consolation, il demanda le repos de son àme à l'étude et à la science. Il y trouva en effet assez de charmes, pour s'y adonner tout entier. La mort de Laurence, qu'il apprit plus lard, redoubla ses ardentes applications. C'est ainsi qu'il devint le savant que je vous ai fait connaître.

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