EAU
rant la guerre, je veux parler de la perche et de la toile de tente, est ici le seul réellement pratique tant qu'on n'aura pas adopté, par équipe de deux, le brancard-bambou. Mais il a un défaut. Regardez, après l'attaque, les épaules des brancardiers, si l’affaire a été meurtrière : vous les’ verrez ensanglantées, avec de grosses ecchymoses, et endolories à un point que ces hommes, supportant la douleur durant le feu de l’action grâce à leur excitation nerveuse, sont ensuite incapables du moindre effort sans une très pénible souffrance. Le vulgaire morceau de bois qu'est en effet la perche-brancard d'attaque à, par son frottement continu, par le poids et le balancement du bléssé reposant tout entier sur un seul point, produit les lésions que nous venons de voir.
Pour ÿ remédier, les hommes amortissaient le contact en glissant leur pansement individuel sous la perche. Nous avions alors à notre bataïllon fait confectionner par chaque brancardier, avec de vieilles capotés, deux coussinets en fornie de losange, rembourrés, et qui reposant sur les épaules, se fixaient sur la capoté, devant et derrière, par un bouton. Avant de monter à l'attaque, je m'assurais que chacun eut bien ses deux coussinets. En outre, j’en faisais emporter avec roi quelques-uns de réserve.