‹ Le médecin de bataillon d'infanterie en campagneChapitre 28 sur 51 · ATTAQUE PROPREMENT DITE · texte numérisé non relu

ATTAQUE PROPREMENT DITE

Tout est prêt. Après lé dernier coup d'œil, les dernières instructions des chefs, les vagues prennent leurs émplacements dans les parallèles de départ. Le

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médecin de bataillon, emnienant avec lui son caporal brancardier et ses équipés de réserve, est à côté du chef de bataillon. Aïnsi sera constante la liaison indispensable, surtout à partir de maintenant,

Les yeux des officiers sont fixés sur les montres. Un signe de main ; c’est l'heure. Et les vagues sortent, franchissent en courant l’entre-deux lignes. Voici la tranchée ennemie. Seuls les nettoyeurs y descendent, le reste du bataillon poursuit sa progression jusqu'à l'objectif indiqué.

Mais dans toute cette période, et quelque parfaitement prévus que soient les différents temps, le hasard de la bataille règne en maître, disloque des fractions qui devaient rester unies, retarde certains, pendant que d’autres, au contraire, vont presque trop vite. Outre cela, le barrage d’abord, puis les ilots de résistance, font des vides dans nos rangs, et parfois le médecin et son petit groupe se trouvent passagèrement séparés de la liaison et du commandant. Il faut faire à la hâte des pansements à droite et à gauche, rassembler par petits groupes les blessés épars qu'on ne peut transporter pour l'instant et qui seront évacués tout à l'heure, dès que la ligne se sera un peu stabilisée.

Durant toute cette période pénible, où se donne carrière l'initiative de chacun, les éléments de la préparation d'attaque viendront au secours du médecin qui, s’il n'avait préalablement étudié le terrain, et fixé sur sa carte son futur P.S. présumé, ses directives, ses repères, se perdrait immanquablement

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dans ce chaos de trous d’obus et d’amoncellement de débris qu'est un champ de bataille actuel au cours d’une action violente.

Sa besogne médicale faite tout en avançant, le médecin arrive aux abris ennemis qu'il a d'avance choisis comme pouvant lui servir. [occupe celui qui lui semble le moins démoli, le plus apte à ce qu'il en attend. |

Les brancardiers de compagnie commencent à arriver avec leurs précieux fardeaux. Se remettant immédiatement en liaison avec son chef de bataillon, il envoie ses deux équipes évacuer les blessés les plus graves, laissés le long de sa route, et son agent de liaison jusqu'au P. $S. de relai, dans l’ancienne première ligne française.

Nous n'insisterons pas sur le choix du P. S$. de fortune ; il varie tellement avec les circonstances qu'il . est fonction et de l’état du terrain et du nombre d'abris encore existants. Quelquefois l’on s’entassera dans une simple descenderie où, provisoirement, les pansements des blessés couchés seront faits en creusant un peu et en élayant de quelques planches le fond éboulé ; d’autres fois, on utilisera un recoin de boyau, car tout a été détruit alentour, dans la ligne conquise, et les pansements seront d’abord faits là, en attendant mieux, car c’est Ià que tous viendront chercher du secours.

INSTALLATION pu P.S. AYANCÉ. — LIAISON

Supposons qu'un coin d'abri est encore intact et que le Service de Sgnté le partage avec le P. GC. de bataillon.

Le médecin auxiliaire et le P.S. de relai, prévenus par les équipes et le cycliste envoyés, vont y monter à leur tour avec le matériel que rapportent les brancardiers servant de guides et déchargés de leurs blessés. Ces derniers ont été pris par le bataillon de soutien qui les dirige sur le P.S. régimentaire. Et, avec les blessés, l'agent de liaison continue jusqu’au médecin-chef. Il emporte en effet un compte rendu, hâtivement crayonné, de l'emplacement du P.S. avancé, du nombre approximatif de blessés, des renforts nécessaires, du matériel dont on aura besoin là-bas.

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