‹ Le médecin de bataillon d'infanterie en campagneChapitre 30 sur 51 · ESA · texte numérisé non relu

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EVAGUATIONS

Dès maintenant la liaison est établie. L’avant et ce qui est devenu l'arrière ne s’ignorent plus. Les évacuations vont pouvoir se poursuivre avec plus de rapidité.

Si nous avons insisté sur cette première phase et sur l'établissement aussi prompt que possible du contact entre médecin de bataillon et médecin-chef, c'est qu'il nous est arrivé, à tous, je crois, de nous trouver isolés en lignes conquises pendant plus de 24 heures avec des kilomètres à faire pour confier nos blessés à un relai ou à un P. $. qui n'avait pas progressé.

Avec l’effetif squelette de quatre brancardiers par compagnie, commandant à des hommes qui, partis à l’assaut avec leurs camarades, faisaient ensuite la navette sans relâche, au prix de quels dangers et de quelles difficultés, le médecin de bataillon se trouvait parfois à la tête d’un P. S. qui se remplissait sans cesse et ne se vidait qu'avec une lenteur désespérante. On en a vu qui, le soir, tous lés pansements faits, et un peu de calme revenu sur le secteur, étaient obligés de porter eux-mêmes les blessés avec lé caporal infirmier et le caporal brancardier, pour

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süppléer un peu à leurs hommes exténués parce qu'ils marchaient depuis 4 heures du matin sans repos, sans nourriture, sans même une goutte d’eau, le peu qui restait dans les bidons étant réservé aux blessés.

Jé crois que ceux qui ont connu ces évacuations chaoteuses, effarentes, dans la nuit, sous le barrage, ét à la lueur des seuls éclatements, ne démentiront pas l’assértion que huit brancardiers par compagnie seraient un minimum indispensable.

Il est cértain que nous avions parfois la chance d'utiliser immédiatement les prisonniers faits durant l'attaque. Mais il faut compter peu sur ce renfort problématique. Ce ne sera qu'un surplus très utile.

On a parlé aussi d’équipés de territoriaux envoyées sur demande de renfort. Mais quand elles viennent, c'est-à-dire quand toutes ne sont pas employées aux corvées de ravitaillemient, elles arrivent tard ; déjà la situation est un peu stabilisée et si on les attendait, pour évacuer les blessés des premières heures, les plus nombreux, le résultat sanitaire sérait moins que brillant.

Les évacuations jusqu'au P. S. avancé sont faites avec les pérches et toiles de tente où avec le brancard-bambou.

Du P. $S. avancé, et tant qu'il n’est que cela, les blessés couchés pärtent également par les mêmes ioyens, chaque petit convoi grossi de ceux qui peuvent marcher. Et l'unique brancard réglementarre servira uniqueimétt dé lit de pansement.

Mais après la montée du médecin auxiliaire et de

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la réserve de matériel, le P. S. avancé évacuera ses couchés par ses brancards réglementaires, échangés au P:S. prochain contre un nombre égal de brancards vides.

Ce va et vient entre les deux P. S. permettra également le réapprovisionnement en matériel, pansements, goultières-paillons, etc.

Si le secteur possède des ravins, des défilements et que le terrain ne soit pas trop bouleversé, les brouettes porte brancards montées alors seront de plus grand secours, et diminueront la fatigue des hommes.

Par le cycliste, agent de liaison, seront demandés les musiciens de renfort ou de remplacement, car il n'est pas une attaque où le Service de Santé du bataillon ne subisse des pertes parfois lourdes. C’est en même temps par lui que seront connues pour la nuit les heures et lieux de venue des cuisines roulantes, et par lui que seront guidées les corvées de soupe et d’eau du P. $.

Nous ne faisons qu’effleurer tous ces sujets, et pourtant nos pages s’allongent. Dans notre esprit, ces aperçus ne viennent qu'afin de faire méditer sur l’écrasant et si divers labeur qui accabla nos hommes et de justifier ainsi la proposition d'augmentation d’effectif et de moyens.

Il a été fait beaucoup durant la guerre pour l’amélioration des évacuations. Mais c’est surtout à l’arrière front que les moyens se sont développés (G. B. D, rarement G. B. C., sections sanitaires automobiles considérablement augmentées). Nos moyens de

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régiment n'ont, à vrai dire, Jamais varié, ni en autorilé, ni en effectif. Les quelques bénéfices que nous avons eus ont découlé de l’envoi des sections automobiles aussi loin que possible, et des sections de G. B. D., ajoutées temporairement aux médecins-chefs de corps de troupe, ce qui est actuellement leur véritable emploi.

Disons, pour être complet, que la note 3.544/D. A., du 24 août 1917 (G. Q. G.) appelait l'attention des médecins d'armée sur l’utilisation de la voie de 0,60 en particulier pour les attaques. Et au cours des opérations de l’Aïsne (octobre 1917), le 14° corps disposait de trois trains avec wagons aménagés.

Enfin l’évolution des moyens de combat ayant donné, pendant les derniers temps de la guerre, un rôle considérable aux chars d'assaut, la note 1628/5, du 25 mars 1919 (G. Q. G.) a prévu des chars blindés sanitaires d'accompagnement. Mais cette question est

encore à l'étude.

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