‹ Le médecin de bataillon d'infanterie en campagneChapitre 5 sur 51 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Le bataillon en tranchées et en sectsur dit calme

Ce soir le bataillon est monté en tranchées. La nuit était noire, comme trop souvent, hélas ! et dans la matinée l’aide-major, accompagné de son caporal brancardier, avait, avec le commandant, fait la reconnaissance du nouveau secteur et des chemins qui y mènent. Malgré cela, malgré l’homme de liaison demandé au bataillon relevé, ce n’est pas sans peine que Île petit groupe du service de santé a retrouvé sa route. Le voilà enfin descendant en file indienne dans l'abri où se devine un faïble rais de lumière. Il traîne avec lui l’encombrant et lourd matériel qu'au prix d'épuisants efforts, il a transporté depuis le pointlimite où vient de le déposer la voiture médicale. Car, si à quelques secteurs sont affectés des petits ânes d'Afrique, il n'a jamais été donné, je crois, au Service de Santé d’en profiter. De combien d'hoimmes pourtant dispose le médecin de bataillon pour ses transports, pour sa relève ? De six, y compris le

caporal infirmier, le caporal brancardier et le cycliste ; de six honmes qui,.outre les sacs, musettes el équipements personnels, ont amené les paniers de pansements, de médicaments, les sacs d'appareils à fractures, les brancards, les tissots, les masques de réserve, les vêlements imperméables de protection contre les gaz. Mais, dira-t-on, comment cela a-t-il élé possible ? — Eh !'bien, c’est simple, ils ont refait plusieurs fois le trajet, ils ont trébuché, à tâtons, pendant plusieurs heures, dans les boyaux et sur les pistes, trop heureux encore si l’un d'eux ne s’est pas égaré, où s'ils n'ont pas été arrêtés longtemps par un barrage ou par linterminable défilé d’une compagnie.

Mais laissons ces détails, quelque importance qu'ils aient, et prenons le médecin de bataillon, qui, les consignes passées (et quelles consignes, la plupart du temps !) est en possession de son nouveau secteur. Ce dernier est calme, c’est-à-dire que l’hygiène va se trouver la dominante des préoccupations du médecin. Renvoyant pour les détails à la thèse de M. A.-M. Dalidet, nous ne reviendrons donc, et très succinctement, au cours de ce chapitre, que sur les points essentiels, impossibles à passer sous silence.

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