II
ver une ancienne maîtresse pour lui demander asile et secours dans un moment pressant et critique.
— Eh bien ! à défaut d'Estelle, acceptez mes services et ma modeslo demeure, que je mets tout à votre disposition.
— J'accepte, généreuse fille.
— Alors, venez et grimpons les trois étages qui nous séparent de mon logement.
Montignys'étant rendu à l'invitation, suivit Manette, qui bientôt l'introduisit dans deux petites pièces fort gaies et passa-
blement meublées où elle le fil asseoir, et se plaça près de lui de l'air le plus gracieux.
— Causons, maintenant, mon beau mousquetaire, dit la jeune femme en plaçant ses deux mains sur le genou de Montigny.
— Volontiers, mais auparavant, mangeons, car je meurs de faim, n'ayant rien pris encore depuis hier.
— Pauvre jeune homme! s'écria Manette avec commisération, en se levant précipitamment pour courir à une armoire et en sortir la moitié d'un énorme
pàlé, du pain et une bouteille de vin.
— Mangeons , reprit-elle après avoir posé le tout sur une petite table qu'elle avait approchée du jeune homme.
— Femme généreuse •' à toi ma reconnaissance et mon amour éternel , si ce dernier ne te déplaît pas, disait un instant après Montigny en train de dévorer.
— Hum l je ne dis pas non; nous verrons, répondit la danseuse, tout en versant à boire.
— Sache, petite, que tu n'as affaire ni à un menteur, ni à un gueux, mais bien à un homme de cœur et au maj-quis Ana-
lole Montigny, possesseur, dans sa province, d'une terre de dix mille écus; mais dont le gousset est entièrement à sec aujourd'hui, s^râce à li Bastille et à la bombance qu'il y a faite afin de mieux chasser l'ennui de la captivité.
— Marquis, je n'ai eu besoin de connaître ni vos titres, ni votre fortune pour bien vous accueillir; vous l'avouerez, au moins ! fit entendre la danseuse.
— Aussi , votre conduite , chère Manette, n'en est-elle que plus noble etma reconnaissance plus vive. Maintenant, et en attendant l'effectif de mes belles promesses,
jasons un peu et dites-moi ce qu'est deve jnue mon ex-adoréc Estelle.
— Ne vous l'a-l-on pas déjà dit? Estelle est aujourd'hui la maîtresse d'un homme riche et puissanl, assez mauvais garnement, dont ia femme est, dit-on, la maîtresse du Roi, et ayant nom Brizard Laridon, lequel enl retient ladite Estelle sur un pied de princesse, après lui avoir meuble un superbe appartement dans la Vieillerue-du-Tempie.
— Brizard Laridon !... mais j'ai connu certain quidam de ce nom... Mais, oui, j'y suis, parbleu! un drôie, un iaquin,un aven turier, un homme à sac et à diable, que j'ai failli rosser certain jour qu'il s'était permis, en compagnie du comte d'Argenson, de manquer de respect à ia fille du docteur Minard, le célèbre médecin de la Cité.
— A sa prétendue alors, observa Manette.
— Non, folle, à la fille du docteur Vlinard, le dis-je. rare beauté dont un de uies amis intimes, Anlouin de Courvaie, était amoureux fou, et qu'il a dû épouser il y a de ça huit mois.
— Erreur ! car cette beauté rare, cette Denise enfin, après avoir brûlé la politesse audit Anlonin, est devenue la femme du seigneur Brizard.
— Allons donc! fil Monti^ny en réponse et avec incrédulité.
— Rien do plus vrai, et ce dont il
sera facile de vous convaincre en allant s'en informer vous-même auprès d'Estelle qui, j'en suis certaine, ne sera pas fâchée de vous revoir.
— Denise, la femme d'un Laridon, d'un homme qu'elle et son père méprisaient
jadis! Denise, devenue l'épouse d'un autre qu'Antonin qu'elle aimait et qui l'adorait.. Encore une fois, cela ne se peut pas! cela ne se peut pas! s'écria le jeune homme avec impatience.
— Ah! pourquoi la prudence et mon propre intérêt me défendent-ils de vous mettre en présence de mon nouvel entreteneur, le baron de Gobinac, un ci-devant amoureux de la belle Denise ; c'est pour le
coup, qu'il serait facile à cet original de vous convaincre.
— Gobinac !... mais j'ai encore connu un gascon qui se nommait ainsi ! un petit homme, laid, poltron , et s'en faisant accroire; mais celui-là, loin d'être un baron,
n'était qu'un roturier dans toute la force du terme.
— Petit , laid, poltron et gascon , cela doit être mon homme, s'écrie Manette.
— Mais le mien, loin d'être à même d'entretenir une femme, ne possédait, tout au plus, que de quoi s'entretenir luimémo.
— Le mien en était réduit à cet état avant d'avoir pris pour femme une gothique comtesse allemande, intitulée de Ricmann, laquelle a enrichi ledit magot.
— La comtesse de Ricmann : connue!
Manetîe, ton Gobinac est en effet le mien; le mien, de qui le riche mariage que tu viens de m'apprendre, me surprend à bon droit. Franchement, ce maraud est cent fois plus heureux que moi qui, depuis bientôt cinq ans, cours après une riche douairière pour en faire ma femme, sans avoir pu encore la rencontrer.
— Hélas! loin d'envier son sort, plaignez au contraire un infortuné mari, possesseur d'une femme jalouse, grondeuse.
acariâtre, qui le tourmente jour et nuit, et lui fait payer de tout son repos les écus qu'elle lui a apportés.
— Je ne m'étonne plus alors de l'inconstance dudit baron de (iobinac, ex-employé aux gabelles, et si le pauvre être vient goûter auprès de toi un bonheur qu'il ne rencontre pas chez lui .
— Bonheur qu'il me paie fort généreusement, ce qui fait que je tiens assez à la conservation de cet amant, lout-à-fait étranger à mon cœur.
— Friponne ! exclama en riant Monligny, pour donner ensuite un baiser à la
danseuse qus le lui rendit aussitôt avec usure.
Un long instant encore non consacré à la conversation, mais bien à un amoureux badinage ; puis une voix, en se faisant entendre dans l'antichambre, fit en même temps pâlir Manette, laquelle s'arracha vivement des bras de Montigny en s'écriant:
— C'est le baron de Gobinac, vite cachez-vous, ou je suis ruinée sans ressource.
— Me cacher, mais où ?
Sous ce canapé, répondit la danseuse
tout en poussant le jeune homme vers la cachette, lequel, par complaisance et en riant comme un fou^ se fourra sous le siège sur lequel il était assis un instant auparavant.
— Peut-on entrer, mon adorable ? demandait pendant ce temps Gobinac, en frappant discrètement du doigt sur la porte.
— Entrez, beau seigneur.
— Alors, ouvrez-moi, sandis!
Et la danseuse, après s'être entièrement assurée qu'on ne pouvait apercevoir Montigny, s'en fut tirer le verrou et recevoir
un tendre baiser de l'intidèle époux de la comtesse de Ricmann .
— Vous , à pareille heure , mon tour tereau? dit Manette.
— Oui, ma tourterelle, vous voyez un amant qui a profité du sommeil dé son tyran, en proie aujourd'hui à une violente migraine, pour venir passer un instant heureux dans vos bras adorables.
— C'est charmant de votre part , mon baron bien-aimé, seulement, c'est dommage que la répétition m'appelle en ce moment au théâtre et qu'il faut nous séparer au plus vite.
— Du tout ! car je me moque dé la répétition.
— Vous, je conçois cela; mais moi, c'est différent ; oh ! je n'ai pas envie de payer l'amende.
— Sandis : je la paierai pour vous, ma tourterelle, et voici dé quoi y répondre, dit Gobinac en faisant tomber une pluie d'oT dans la chambre.
— Dieu ! que ce procédé est délicat de votre part, mon Adonis.
— C'est ainsi que dans mon illustre famille nous avons toujours su récompenser
l'amour et la fidélité, répliquait Gobinac lout en entraînant Manette sur le canapé sous lequel était caché Montigny.
— Ah! laissez-moi, mon Céladon, je ne me sens pas bien aujourd'hui, et puis songez qu'on m'attend pour répéter un pas de trois que je dois danser ce soir.
— Je mé moque du pas dé trois.
— Mais finissez donc, petit volcan! je vous dis encore une fois que je suis mal à mon aise, très mal, disait la danseuse, tout en s'opposant aux entreprises galantes de l'amoureux Gobinac.
— Sandis ' je né vous ai jamais connue M cruelle, mon adorable.
— Baron , baron , finissez, vous dis-je !
El Gobinac ne tenant aucun compte de la résistance de la belle, n'en allait pas moins son train, ce qui fut cause que Manette voulant s'échapper et Gobinac la retenir, ce dernier, en pesant de tout son poids sur le canapé, en brisa les pieds qui cédèrent avec un horrible craquement, qui fut suivi d'un cri de douleur poussé par le malheureux Montigny, lequel venait de recevoir toute la charge sur le dos.
Sandis! quest-cé que j'aperçois là! un II. 14
rival! malheur à lui! s'écria Gobinac en tirant son épée.
— Un rival ' pas le moins du monde,, mais un de vos amis, baron de Gobinac ; enfin, Anatole de Montigny qui, sorti ce matin de la Bastille et, se trouvant sans argent ni ressource pour le moment, est venu demander un asile et du pain à la bonne Manette, l'amie intime, la camarade d'Estelle.
— Ma maîtresse adorée, fit entendre le jeune homme en s'arrachant aux débris du canapé.
— Sandis ' est-ce bien vrai^ ce que vous mé contez là.
— J'en jure sur .. votre litre de baron, reprend Montigny.
— Et moi, sur mon honneur, dit à son tour la danseuse.
— Certes • je serais désolé, si un acte de bienfaisance au lieu de porter bonheur à mademoiselle allait, au contraire, lui attirer votre colère^ mon cher baron de Gobinac.
— Mais pourquoi vous être caché, puisque vous né faisiez aucun mal, capédious ?
— C'est juste, mademoiselle, pourquoi *k m'avez-vous fait cacher? il vallait cent
fois mieux continuer 1 enirelien que nous lenions alors et dans lequel vous me disiez tant de bien de ce cher baron de Gobiiiac, que je suis enchanté de revoir, dit Anatole.
— Pourquoi, pourquoi? parce que les hommes sont tous des jaloux soupçonneux qui ne veulent jamais croire à la fidélité, ni à la vertu des femmes, répond Manette en feignant de pleurer.
— Cher baron de Gobinac, ami sensible et vertueux, résisteras-tu aux larmes que tes doutes offensants arrachent à la beauté dont tu es idolâtré, fortuné mortel? reprend Montigny en entourant le gascon de ses bras.
— iNon, saiulis ! car je crois à sa lidclitc, répond Gubiiiac en s'échappant des bras du jeune homme pour courir presser la danseuse dans les siens.
— Çà, maintenant que la paix est laite, que l'honneur est saul, ne pourriez-vous, baron de Gobinac, tout en vidant joyeusement ensemble un flacon de Champagne, m'indiquer d abord en quelle partie de la France il me serait possible de rencontrer mon cher Antonin.
— Sandis • à Paris, dans mon hôtel qu'il habite dépuis plusieurs jours en qualité d'ami dé la maison.
— Il se pourrait! ù hiuihour! s'écrie
Montigny joyeux, pour reprendre aussitôt en ces termes: Si je n'écoutais que ma vive impatience, le désir de presser cet ami sur mon cœur, je m'empresserais de vous quitter à l'instant pour courir vers lui, mais auparavant, baron de Gobinac, j'attends de votre complaisance des explications concernant certaines nouvelles incroyables que vient dem'apprendre votre chère Manette. Est-il vrai, est-il bien possible que la fille du médecin Minard ne soit pas devenue la femme d'Antonin, mais bien celle d'un Brizard Laridon?
— Rien dé plus positif, sandis !
— Ah ! racontez, de grâce, racontez !
s'écrie Montigny impatient.
El cédant au désir du jeune homme, Gobinac de tout apprendre et de tout raconter concernant la fuite de Denise le jour même qu'elle devait épouser Antoiiin ; le désespoir, la maladie qu'avait occasionné, à ce dernier, la perte de la perflde ; et Gobinac ne s'en tenant pas là,d'accuser Denise d'infidélité, d'ambition, puis de la dépeindre aux yeux de Monligny comme étant devenue une femme infâme, de mauvaises mœurs, sans honte ni pudeur, qui, en se prostituant de seigneurs en seigneurs, était parvenue, aujourd'hui, à se faire la maîtresse du roi.
— Denise, une femme perdue, une prostituée! s écria Montigny surpris au-delà de toute expression après avoir écouté.
— Comme j'ai l'honneur dé vous lé dire, mon cher, et ce qu'il y a dé plus fort, est que cette péronnelle continue dé faire la sainte n'y touche, dé se dire innocente en protestant dé toute sa force contre les accusations portées sur elle.
— Dites-moi, baron de Gobinac, cette femme a-t-elle revu de Courvale depuis la rupture de leur union, depuis qu'elle l'a indignement abandonné?
— Une fois, une seule, la malheureuse ayant osé provoquer une entrevue, donner un rendez-vous à ce cher Antonin, dans l'espoir dé se justifier et dé se faire passer pour une vestale aux yeux du jeune homme qui, trop garçon d'esprit pour ajouter
foi à toutes les rengaines dé la belle, lui a tourné lé dos très lestement.
— Un mot encore , baron de Gobinac, qu'est devenu le médecin Minard ?
— On n'en sait fichtre rien, lé bonhomme ayant trouvé prudent dé se sauver après avoir essayé dé brûler la cervelle à son très honore gendre et avoir manqué son coup.
— Diable ! ceci prouverait que le cher docteur n'était point très entiché de son gendre, et en plus, que pour (^n faire le mari de sa fille, qu'il y eu a contrainte, car enfin, vous savez, ainsi que moi, que Minard détestait et méprisait ce Laridon;^
— D'accord; mais séduit sans doute par lès fallacieuses promesses dé ce Brizard, qui déjà était fort bien en cour, lé cher docteur aura cédé à un mouvement d'ambition en sacrifiant sa fille.
— Mieux encore, il y a là-dessous quelque mystère que je ne puis comprendre, quelque chose d'inextricable qui aura placé le malheureux Minard sous l'odieuse dépendance de ce Laridon; car, quoi que vous en disiez, baron de Gobinac, l'ambition se lait où parle l'amour paternel, surtout lorsqu'il s'agit du sort d'un enfant chéri^ et Minard adorait Denise ; or, je conclus de là qu'il n'a pu, sans de fortes raisons, arracher sa (fille de gaîté de cœur à l'amour d'Antonin et à une union honorable , pour en faire la femme d'un chevalier
d'industrie, d'un sacripant méprisable et méprisé. Je vous dirai encore, baron de Gobinac, qu'il n'y aurait rien de surprenant à ce que Denise fût en effet innocente des torts dont on la charge; et moi, persuadé qu'une fille vertueuse , modeste et sage, ne franchit pas, sans un long combat avec sa conscience, le pas immense qui sépare la vertu du vice , je soutiens que Denise ne peut avoir failli à l'honneur et, méprisant les apparences trompeuses qui l'accusent , je me crée aujourd'hui son défenseur, termine Montigny avec feu.
— Bien, très bien, monsieur Montigny, oh ! vous avez raison, prenez la défense de notre pauvre sexe, contre lequel se liguent ces méchants hommes, ce qui fait que beaucoup de témmes, ne trouvant ni honneur
ni profil à rester sages, se perdent par dépit, fil entendre Manette.
— Sandis ! mon cher Montigny, ce sera un homme bien adroit , celui qui parviendra à rétablir la réputation dé la fille du docteur et par en faire une verlu.
— Telle est cependant la tâche honorable que je m'impose, autant par eslime que par générosité, envers celle dont la seule présence a excité mon admiration, gagné ma confiance et ma vive amitié.
Maintenant, baron et vous Manette, permettez que je vous quitte pour courir embrasser un ami dans ce cher Antonin.
— Cadédis ' vous permettrez bien aussi
que je vous accompagne chez moi, d'autant plus que mon carrosse m'attend à cent pas d'ici.
— (Comment, baron de Gobinac, vous auriez cette complaisance, lorsqu'ici l'amour semble vous retenir? dit en riant Montigny.
— Certes , vu que l'heure s'avance et que ma lendro moiiié né peut tarder à mé réclamer. Elle m'adore lanl que c'en est fatiguant.
Après avoir adressé leurs adieux à la danseuse, après que Montigny eut, à la dérobée, pressé amoureusement la main de cette filleen train en ce moment, de faire
en cachette la grimace à Gobinac , nos deux personnages gagnèrent la porte, puis le boulevarl où ils trouvèrent le riche carrosse qui, en un rien de temps, les conduisit à l'hôtel où, aussitôt arrivé et apprenant que de Courvale était au logis enfermé dans son appartement, Montigny, conduit par Gobinac, s'élança sur la montée puis dans la chambre d'Antonin qui, en l'apercevant, poussa un cri de surprise et de joie et vint tomber dans ses bras.
— Ah ! ce jour est décidément un des plus heureux de ma vie, puisqu'il me rend tout à la fois un ami après m'avoir rendu ma fortune? s'écriait Antonin en embrassant Montigny.
— Oui, mon cher de Courvale, c'est moi,
moi qui, après huit mois d'une injuste captivité à la Bastille , est enfin rendu à ton amitié.
— Toi, enfermé à la Bastille , ami, et pourquoi ?
— Je n'en sais rien encore, mais c'est ce dont je me propose d'aller minformer auprès du roi très incessamment, répondit Montigny.
Un valet étant venu prévenir Gobinac que sa femme le demandait, invitation à laquelle s'empressa de se rendre le mari très soumis ; les deux jeunes gens, restés seuls, entamèrent un long et intime entretien dans lequel Antonin fit part à Monti-
gny des profonds chagrins que lui avaient causés l'infidélité et l'abandon de Denise, ainsi que la perdition d'une femme qu'il avait tendrement aimée et honorée, mais qu'il était forcé maintenant de mésestimer.
En vain Montigny employa-t-il toute sa rhétorique à vouloir ramener Antonin à de meilleurs sentiments sur le compte de Denise, à justifier cette jeune femme, à prouver à Antonin qu'une fille qui possédait toutes les vertus du ciel, ne pouvait subitement être devenue un être vil et méprisable; de Courvale ne voulut rien entendre, etfaussement convaincu, il demeura insensible, incrédule, quoiqu'en ce moment le souvenir de Denise, de celle qu'il accusait,
à l'innocence de qui il se refusait de croire, lui arracha des larnaes abondantes.
— Eh bien ! que le ciel me soit en aide^ et je me fais fort de réhabiliter cette infortunée àqui, dès aujourd'hui, je consacre ma vie, s'écria avec force Montigny.
— Va donc ! car je t'abandonne cette infâme, répondit Antonin avec dédain et fermeté.
— Brisons sur ce chapitre, et maintenant , ami, apprends-moi le sujet de ton retour à Paris, ce qui a pu te décider à quitter une seconde fois ta paisible province, reprit Montigny.