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PROPRETE

La propreté est l’un des meilleurs préservatifs des maladies, et suivant un vieil adage, elle est la moitié de la vie; elle est au corps ce que la décence des mœurs est à l’âme.

La propreté du corps doit s’étendre spécialement à la peau, à la tête, aux ongles et à la bouche. .

La peau nous l’avons déjà dit, ne doit point être considérée seulement comme l’enveloppe générale du corps ; elle remplit d’autres fonctions très-importantes aux agréments de la vie et très-essentielles au maintien de la santé.

Il faut se laver souvent et changer de linge ; par cette opération, on ranime et rafraîchit le corps et l’esprit ; car lorsqu’elle est terminée on se trouve beaucoup plus gai et plus dispos qu’auparavant.

Le défaut de propreté est une négligence qui n’admet point d’excuse. La malpropreté a pour effet de pro-

duire les maladies de la peau : la gale, la teigne, les dartres, les démangeaisons; d’entretenir constamment autour de vous un air malsain qui peut rendre la santé languissante et engendrer des maladies. On peut remarquer en effet que les personnes malpropres jouissent rarement d’une santé brillante.

Une des causes ordinaires des fièvres putrides et malignes, est le défaut de propreté. Ces fièvres commencent ordinairement par ceux qui habitent des maisons mal propres et renfermées, qui respirent un air malsain et qui portent des habits sales.

La propreté est surtout nécessaire dans les lieux où se trouvent rassemblées un grand nombre de personnes, comme hôpitaux, ateliers, familles nombreuses, etc.

Les maladies contagieuses se communiquent par l’air corrompu : or, tout ce,qui peut corrompre l’uir et répandre la contagion doit être évité avec le plus grand soin.

Se laver les pieds est un acte de propreté qui contribue singulièrement à la conservation de la santé ; la sueur et la malpropreté de ces parties ne peuvent manquer de s’opposer à la transpiration. Cet acte de propreté prévient souvent les rhumes et les fièvres.

Si la propreté est nécessaire pour une personne en santé, elle l’est d’avantage encore pour une personne malade. Dès qu’un malade est sale, dans quelque état qu’il soit, il faut le changer : on ne risque jamais rien si le linge qu’on emploie est chaud et très sec. Dès qu’un malade sue, il faut le changer de chemise.

Disons un mot des bains. On distingue plusieurs sortes de bains, savoir :

Bains chauds. On ne doit en faire usage que lors-

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qu’on est atteint d’une maladie qui en exige l’emploi ; ces bains produisent de l’agitation, du malaise, des étourdissements, portent le sang au cerveau et peuvent donner lieu à des hémorrhagies graves, à l’apoplexie et à une mort subite.

Bains tièdes. Ces bains calment l’agitation, les douleurs et les maladies qui tiennent à réchauffement du corps ; ils sont utiles : dans les agitations causées par le chagrin ; dans les grandes fatigues du corps et de l’esprit; dans les inflammations et les irritations de l’estomac, des intestins et de la vessie, pourvu qu’il n’y ait pas de fièvre ; dans la gale, les dartres vives et les maladies des nerfs. Ils sont nuisibles : lorsqu’on n’a point d’appétit ; quand on est faible et épuisé ; quand on éprouve des hémorrhagies soit par le nez , soit par la bouche , ou par les parties inférieures.

Bains froids. Les bains froids ne sont utiles qu’aux individus jeunes et robustes ; ils sont pernicieux pour les personnes faibles, souffrantes , surtout celles qui ont la poitrine délicate, sujettes à la toux et au rhume, ainsi que pour celles qui ont des irritations d’estomac ou des rhumatismes.

Les bains froids pris en rivière sont les plus favorables ; il ne faut en faire usage que pendant les chaleurs. L’heure la plus convenable est celle qui précède le coucher du soleil. En entrant dans le bain, il faut commencer par y tremper les mains, se mouiller le front, puis le visage et la poitrine, afin d’éviter que le sang ne s’y porte avec affluence. Pendant la durée de ce bain, il faut nager ou marcher : plus on s’agite dans un bain, plus il est salutaire.

Il est dangereux de se baigner dans l’eau froide : 1° lorsqu’on a des boutons, des dartres vives et autres maladies aiguës de la peau ; 2° lorsqu’on vient de manger, parce qu’alors on peut mourir subitement d’une indigestion ; 3° lorsque les urines sont rouges, peu abondantes, et toutes les fois qu’on est échauffé ; 4° quand on est en transpiration : il faut dans ce cas attendre que la sueur soit bien arrêtée et que le corps soit bien rafraîchi par un peu de repos.

Bains de 'pieds, les bains de pieds dans l’eau tiède sont très-sains ; ils sont utiles lorsque les pieds ont été exposés au froid et à l’humidité ; ils sont encore excellents pour prévenir la fièvre, le rhume et les fluxions de poitrine.

L’établissement de bains publics donnant à bas prix ou gratuitement û l’ouvrier pauvre un moyen précieux d’entretenir sa santé ou de guérir ses maux, a toujours été un objet de sollicitude pour les peuples civilisés et pour les sages législateurs de quelques peuples barbares. La Belgique a beaucoup à faire sous ce rapport. Les ouvriers pauvres et malades des grandes villes trouvent, dans certains hôpitaux, des bains gratuits, et ce remède, souvent coûteux, est largement dispensé, comme tous les autres. Mais ce n’est pas seulement aux malades que le bain est nécessaire : pour toute cette population laborieuse et vivant du produit de son travail, le bain est de première nécessité ; combien de maladies , nées de la malpropreté , de la fatigue, du contact de la peau avec des substances plus ou moins nuisibles, seraient prévenues par le bain ! Et pourtant la plus grande partie de la classe ouvrière et toute la classe

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indigente ne peuvent se baigner que lorsque la maladie leur ouvre la porte de l’hôpital.

Les frictions pratiquées sur la peau avec la flanelle, la brosse fine de poil de chèvre, stimulent légèrement la surface cutanée, la débarrassent des écailles d’épiderme desséché, de la crasse qui obstrue les orifices des vaisseaux absorbants et exhalants; elles combattent plus ou moins la tendance qu’ont certaines personnes aux affections catarrhales;

Enfin, voici quelques autres préceptes concernant la propreté, qui ne méritent pas moins d’attention :

— La tête, la barbe et les dents seront tenues dans un grand état de propreté. Le tartre qui s’amasse sur les dents eh altère l’émail et les dispose à se gâter.

— On évitera de tenir dans la bouche les substances ou les instruments employés dans la profession qu’on exerce.

— Les ongles doivent être taillés et nettoyés avec soin. Il en est de même des cheveux. En les coupant souvent, on les empêche quelquefois de tomber de trèsbonne heure.

— Enfin , on observera également la propreté des vêtements et des habitations.

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