EXERCICE
L’exercice est indispensable à la conservation de la santé. L’exercice appelle l’appétit ; il facilite et améliore
la digestion ; il donne un sommeil calme et profond ; il fortifie les organes et rend leur action plus parfaite. La paresse et l’oisiveté, au contraire, les énervent et les affaiblissent, en même temps quelles ont l’inconvénient de gâter le cœur et de corrompre l’esprit. La paresse n’est- elle pas la mère de tous les vices?
Les anciens attachaient un très-grand prix à la gymnastique; ils la divisaient en gymnastique médicale , gymnastique athlétique et en gymnastique militaire. On attribue aux Lacédémoniens l’invention de l’exercice gymnique ; en effet, ce fut chez eux qu’on vit les premiers gymnases. Les Athéniens qui les imitèrent en firent élever plusieurs à Athènes et dans les autres villes de l’Attique, qui surpassèrent en grandeur et en magnificence tous ceux qui avaient paru jusqu’alors. Ces lieux étaient arrondis par l’une de leurs extrémités , et garnis de plusieurs rangs de gradins disposés de façon que ceux que la curiosité ou l’oisiveté y conduisait, pouvaient y voir commodément les combats des athlètes. Les Romains furent longtemps sans avoir des gymnases ou des lieux particuliers pour instruire la jeunesse dans les différents exercices du corps. Ils n’eurent d’abord que la place publique, et dans la suite le champ de Mars; mais vers la fin de la république, ils élevèrent de superbes édifices qu’on appela Thermœ , Thermes , où la jeunesse pouvait en tout temps s’exercer à la lutte, à sauter, à lancer un javelot et à manier les armes. Ces établissements, s’ils ont existé, sont tombés en désuétude dans nos contrées ; cependant l’hygiène moderne n’en considère pas moins l’exercice comme un des moyens les plus précieux pour fortifier la santé et
corroborer le corps. Il est de fait que l’oisiveté et l’inaction détériorent la constitution. Quelle différence énorme entre l’homme qui se livre habituellement au mouvement et celui qui croupit dans la nonchalance ! quelle différence entre l’enfant du mercenaire de la campagne, qui s’exerce librement, et celui du riche bourgeois qui est élevé dans la mollesse ! Buchan rapporte un exemple qui mérite d’autant plus d’être cité, qu’il prouve autant le danger du défaut d’exercice que de ïa négligence de plusieurs autres règles de l’éducation physique. « Edward Watkinson était le fils unique d’un ecclésiastique de campagne, de moeurs douces, et instruit, mais d’un caractère faible. Sa mère, fille d’un négociant de Londres, avait été élevée avec une excessive délicatesse. Elle se conduisit naturellement de la même manière avec son enfant, et son mari qui la chérissait céda à l’influence de la même faiblesse. Beaucoup d’enfants sont gâtés par l’indulgence d’un seul parent ; mais, dans l’exemple dont il est question, l’un et l’autre concourent à produire le même effet.
» Pendant ses premières années, Neddy, ou Édouard, fut regardé comme un garçon qui promettait. Quand je le vis pour la première fois, il avait environ dix-huit ans ; mais à en juger par sa mine, on lui en aurait donné au moins quatre-vingts. Sa figure pâle, allongée, était sillonnée de rides profondes; ses yeux étaient enfoncés dans leurs cavités; toutes ses dents étaient tombées; son nez et son menton se joignaient presque ; sa poitrine étroite était proéminente; son corps en double ; ses jambes comme des fuseaux ; ses mains et ses doigts approchaient de la forme des
griffes d’un oiseau; toute sa personne enfin offrait le spectacle vraiment digne de pitié d’un vieillard que le poids des ans et des infirmités entraînait dans le tombeau.
» C’était en été que je lui rendis ma première visite ; je le trouvai enveloppé dans des vêtements qui eussent suffi pour faire supporter un hiver de Laponie, et si fort embéguiné qu’on voyait à peine le bout de son nez. Il portait plusieurs paires de bas: ses gants étaient doublés et montaient jusqu’à ses coudes, et, pour mettre le comble à 1a. manière dont il était vêtu, il portait un corcet étroitement lacé. Quoiqu’il fût ainsi armé de toutes pièces, il ne sortait que très-rarement de la maison de son père, excepté pendant la canicule, et n’allait alors pas plus loin que l’église qui n’en était qu’à quarante pas : c’est, je crois, la plus grande excursion qu’il ait jamais faite, et cette entreprise extraordinaire était toujours accompagnée de soins particuliers et de surcroît de précautions contre le froid.
» On peut dire que l’œil de ses parents veillait sur lui nuit et jour ; car il dormait dans le même lit qu’eux, et jamais on ne l’avait laissé coucher seul, de peur qu’il ne jetât ses couvertures, ou qu’il n’eût besoin de quelque secours immédiat. Le père et la mère n’eurent pas une seule fois l’idée que tous les inconvénients qu’ils redoutaient si fort, ne pouvaient pas être la moitié si pernicieux que l’atmosphère relâchante d’un lit chaud, entouré de rideaux fermés avec soin, et imprégnés des exhalaisons malsaines de leurs corps et de leurs poumons.
» Ses aliments et ses boissons étaient de la plus mauvaise qualité; il les prenait toujours chauds, et par poids et mesure. Lorsque je recommandai un régime
plus nourrissant et un peu de bon vin, on me dit que ce qu’il avait bu de plus fort était de l’eau de poulet, et qu’on n’osait pas se hasarder à lui donner du vin et de la viande, de peur de la fièvre. De sorte que ce pauvre jeune homme était presque réduit à l’état d’un squelette, parce qu’on avait la sotte crainte qu’il ne contractât une maladie dont il n’était pas susceptible : la nature était trop faible chez lui pour lui donner, même . pour un moment, la chaleur de la fièvre. Son visage avait la couleur d’un poulet flambé ; toutes ses forces vitales languissaient, et son organe même ressemblait plutôt au cri d’un oiseau qu’à la voix d’un homme.
» Lorsque je parlai d’exercice, on me répondit qu’il se promenait dans la salle toutes les fois qu’il faisait beau, et qu’on supposait que c’était assez pour quelqu’un d’aussi délicat. Je conseillai le cheval; la mère fut effrayée au nom seul de ce dangereux animal. Cependant, comme je lui dis que j’étais redevable de la fermeté et de la vigueur de ma constitution à l’usage où j’étais de monter chaque jour à cheval, elle commença à se persuader que cet exercice pouvait avoir quelque avantage. Elle consentit à acheter un petit cheval ; mais quoiqu’on eût choisi le plus pacifique possible, la mère n’en était pas moins alarmée, et lorsqu’on plaçait Neddy sur le petit cheval, on ne lui en confiait pas les rênes : elles étaient remises entre les mains d’une servante qui guidait le cheval autour du verger. Le prudent cavalier se tenait avec les deux mains au pommeau de la selle, tandis que son père d’un côté et sa mère de l’autre, l’accompagnaient en lui tenant les jambes avec soin, de peur qu’il ne fut jeté à terre par
Io8 LE MÉDECIN DE LA FAMILLE
quelque écart de son fougueux coursier. Ce spectacle était trop ridicule pour ne point exciter les plaisanteries des voisins, et elles mirent bientôt fin aux exercices équestres de Neddy.
» La timidité d’un jeune homme ainsi élevé est plus facile à concevoir qu a décrire. Craignant tout, l’animal le moins dangereux aurait fait fuir celui-ci, comme s'il eût été poursuivi par un lion ou par un tigre. Sa faiblesse à cet égard était connue des petits garçons du village, et ils ne manquaient pas, lorsqu’ils le voyaient regarder à la porte de son père, de le forcer à rentrer tout effrayé, en appelant les petits cochons pour le mordre. Cette plaisanterie avait sur lui le même effet que s’il eût vu paraître un taureau furieux.
» Cette excessive faiblesse, tant d’esprit que de corps, n’empêchait pas que Neddy n’eût de bons côtés. Ses parents le citaient comme un parfait modèle de moralité, et on ne pouvait guère douter que cela ne fût vrai ; mais on ne devait pas lui en faire un grand mérite, car sa constitution n’était pas assez forte pour qu’il fût capable d’aucun vice. Mais ce que je ne pouvais voir sans un sentiment mêlé d’admiration et de pitié, c’est que ce jeune homme avait de la facilité, qu’il était assez instruit; chose surprenante, car le soin continuel qu’on avait de son corps ne devait guère lui laisser le temps d’orner son esprit.
» Une nourriture mal choisie, des vêtements étroits et gênants, le défaut d’air pur et d’exercice, font périr des milliers d’individus. Le jeune homme dont il est ici question, fut victime de toutes ces causes réunies, et c’eût été un vrai miracle s’il eût survécu à leur influence
combinée. Ii mourut sans pousser un soupir, et sans autre indice de maladie que sa vieillesse prématurée, son corps se trouvant entièrement usé avant qu’il eût complété sa vingt-unième année. Sa mort fut fatale à son père et à sa mère : leur vie se trouvait étroitement liée à celle de leur enfant. »
Cette narration peint fidèlement le prototype de l’absurdité de l’exagération de la tendresse perfide des parents; elle exprime l’apogée des erreurs de l’éducation physique du premier âge. Si le savant Buchan s’était proposé de tracer le tableau des écarts que l’on commet concernant les soins qu’exige l’enfance, il n’eût pu choisir un sujet plus tranchant, ni le scelter plus naturellement du coin de l’évidence. Cet exemple offre les principales et les plus grossières erreurs contre les règles de l’hygiène des enfants.
L’exercice conserve et fortifie la santé ; il développe les forces physiques et rend le corps agile , apte et habile aux arts, aux métiers, au travail et aux manipulations diverses. Il n’est pas de notre ressort de signaler ici les nombreux avantages que l’on retire de l’exercice pour l’avancement de l’état social; cette matière embrasse des détails qui dépassent les limites dans lesquelles nous nous sommes proposé de nous circonscrire ; mais nous devons nous appuyer sur son influence bienfaisante au maintien de la santé, en envisageant son action sur les phénomènes de la vie. « L’homme, dit Petit- Radel, n’a pas été créé pour être continuellement immobile, comme les patelles, les alcyons, les gorgones, les tubulaires et autres zoophytes qui restent fixés sur le rocher où la nature les a fait naître. Le genre de vie annexé à son
organisme demandait que son corps ou ses membres pussent atteindre à ce qui lui est nécessaire pour vivre, et le disposassent à répondre aux impressions que ses sensations continuellement renaissantes déterminent. Tant que l’homme ne cède qu’aux impressions naturelles de ses sens, et qu’il est docile aux avis salutaires que son propre sentiment lui suggère, tout se passe conve • noblement chez lui, et les mouvements qui s’opèrent dans son organisme , étant nécessités par les actions mêmes de la vie, ils ne sortent point des bornes qui leur sont prescrites; mais pour peu qu’il s’oublie à cet égard , des accidents surviennent, qui l’avertissent de mener une vie plus tranquille. » Anaxagore, ce savant philosophe de l’antiquité , avait apprécié toute l’utilité de l’exercice ; le vœu qu’il forma avant de mourir prouve l’intérêt qu’il y attachait. Les habitants de Lampsaque , reconnaissant les bienfaits qu’ils devaient à sa sagesse, lui demandèrent, aux approches de la mort, comment il voulait qu’on honorât sa mémoire : Que vos enfants , dit -il, jouent en liberté le jour que j'aurai cessé de vivre.
La nature commande de faire de l’exercice; les principes le suggèrent et les autorités les plus recommandables le conseillent : mais il faut fuir les extrêmes , car tout excès est nuisible; c’est pourquoi il convient de désigner les préceptes qui concernent le mouvement. Ils se déduisent particulièrement de l’âge , de la constitution , de la saison et de la nature des aliments dont l’individu fait usage. Parmi les exercices les plus salutaires, Cels se conseille la lecture à haute voix, le jeu de paume, la course, la promenade. Il recommande spécia-
lement que le mouvement ne soit point porté jusqu’à la fatigue. Hippocrate , dans son livre sur la diète , fait observer qu’il est important qu’il y ait équilibre entre les nourritures dont on fait usage et les mouvements auxquels on se livre ; dans le cas contraire , l’exercice pourrait devenir nuisible. Mais l’avis donné par Platon, dans son Timée, nous paraît le plus sage et le plus applicable à l’enfance ; car il engage à permettre à l’enfant les exercices les plus en rapport avec ses goûts, et les mouvements qui lui sont les plus agréables, qu’il exécute spontanément et qui sont ordonnés par le seul et libre essor de l’âme. Nous sommes actuellement privés de l’établissement des Gymnases, mais nous ne manquons pas de jeux ou d’exercices divers accommodés à tous les âges, sexes, constitutions, qui procurent un mouvement salutaire et agréable : la promenade, le voyage, la balle, la danse, la chasse, la natation, etc.
Récapitulons actuellement les modes d’exercices les mieux appropriés à l’enfance. Nous avons déjà dit que le nouveau-né n’en requiert aucun pendant les premiers jours de sa naissance, que les doux etlégers mouvements qu’il éprouve de la part de sa mère pendant l’allaitement et pendant qu’on le nettoie, suffisent à cet âge. Lorsque les forces s’accroissent, et que le corps commence à se familiariser avec les impressions extérieures, les amusements sur le giron d’une bonne, ou la promenade bien coordonnée , accomplissent les vues de la nature. Le jeu des organes étant parfaitement établi, et la charpente osseuse ayant acquis une solidité nécessaire, placez le jeune être sur un tapis étendu dans l’appartement, ou si l’état du temps et de la saison le permet,
sur un gazon sec où vous le laisserez s’exercer et folâtrer en liberté; vous le verrez bientôt croître et se développer. Enfin , lorsque l’enfant marche , accordez-lui tous les genres d’exercices propres à son âge , et particulièrement ceux pour lesquels il a le goût le plus prononcé. C’est alors que les préceptes d’Anaxagore et de Platon, que nous avons cités plus haut, doivent être mis en entière exécution.
Il est intéressant de relever quelques erreurs que l’on commet communément concernant l’exercice ; celle relative au berceau doit occuper le premier rang. Quoique le danger de bercer les enfants ait été bien signalé par les écrivains de la plus haute autorité, cependant ce funeste usage n’est point encore totalement anéanti, quoiqu’il puisse en résulter les accidents les plus graves, tels que la commotion du cerveau et le trouble des fonctions digestives. On a cru parer à cet inconvénient en fabriquant des berceaux suspendus ; cette méthode n’a pas répondu à l’intention, car l’enfant qui est soumis à ce mouvement, se trouve dans la même situation que le voyageur sur mer, qui ne peut supporter sans incommodité le roulis des bâtiments , lorsqu’il n’y est point accoutumé. Au reste, l’usage des berceaux fait contracter des habitudes nuisibles aux enfants ; on ne peut rien faire de mieux que de les proscrire entièrement. L’emploi des chaises, des paniers , des chariots et des lisières est également condamnable. Yan Swieten fait observer que la mauvaise conformation du bassin, qui rend les accouchements difficiles, doit souvent être rapportée à l’habitude délaisser les filles encore jeunes trop longtemps sur leur séant ; le coccix et le sacrum
étant continuellement comprimés par cette position, tendent à se porter en avant, et conséquemment à rétrécir le détroit inférieur. L’usage des chariots, des lisières, etc., entraîne fréquemment aussi des suites non moins fâcheuses : le poids du corps, reposant sur des extrémités encore faibles, produit des courbures aux os des hanches, des cuisses, des jambes et à la colonne vertébrale, d’où naît une difficulté de marcher que les enfants conservent toute la vie. La compression des aisselles peut également occasionner des lésions aux extrémités supérieures. C’est encore de même par une suite bien sensible de la faiblesse des ligaments et des cartilages, qu’il survient un dérangement dans la solidification des épiphyses et une difformité dans les articulations, que l’on nomme vulgairement noueuse. L’affection médicalement considérée est essentiellement inflammatoire ; elle résulte de la faiblesse ou du défaut d’énergie de ces parties, qui ne sont pas alors douées d’une force capable de résister à l’action prolongée de ces causes irritantes. Quelquefois aussi, dit Franck, le col du fémur étant déprimé par le poids du corps, de manière à former un angle droit avec l’axe de celui-ci, la progression ne se fait qu’avec une vacillation consi dérable du tronc, parce que la distance des fémurs est plus grande, et que l’axe du tronc est, par la même •» raison, jeté de droite à gauche et de gauche à droite ; car sans cela le point de gravité sortirait de toute nécessité de sa base. Ce vice bien gratuitement acquis constitue ce que l’on nomme marche des canards. C’est aussi à cette période de la vie que les bonnes exposent les enfants aux plus grands dangers, en leur faisant
exécuter des mouvements brusques qui peuvent déterminer des suites pernicieuses : l’élévation de ces jeunes êtres par la tête peut causer la mort spontanée. L’élévation par la main, pour les faire sauter ou franchir un ruisseau, peut produire la luxation des extrémités supérieures ou inférieures des os de l’avant-bras. Ces derniers exemples ne sont pas rares, mais iis sont souvent déplorables, parce que les bonnes, voulant cacher leur étourderie ou leur imprévoyance, n’avouent l’accident que lorsque les parents l’ont découvert, et qu’il est souvent trop tard pour y remédier efficacement. Enfin, il est sage de ne point permettre que l’on chatouille les enfants , surtout aux plantes des pieds, aux paumes des mains et en dessous du menton ; ces titillations sollicitent le rire convulsif et impriment au système nerveux une direction vicieuse que dans la suite on corrige difficilement.
Il est bien démontré que rien n’est plus essentiel à la santé que l’exercice ; il facilite la transpiration, entretient la souplesse et le ressort des muscles, réveille les esprits et leur donne plus de jeu. C’est en particulier aux flegmatiques et aux mélancoliques que l’exercice d’une nécessité absolument indispensable.
Passons en revue quelques exercices :
1° 'L'équitation paraît mériter la préférence; aucun exercice ne produit de meilleurs effets : il accélère la circulation du sang et procure une transpiration favorable.
2° La chasse , pourvu qu’elle soit modérée.
3° La danse , l’escrime, Fescarpolette, le volant, le billard, les quilles.
4° Le jardinage, le tour et plusieurs autres occupations qui demandent du mouvement.
5° La ‘promenade ; après le cheval, il n’en est guère de meilleur et de plus salutaire, pourvu qu’on se promène en bon air. La promenade du matin donne de l’appétit et fortifie le corps.
L’exercice est le seul remède pour les personnes inactives qui se plaignent de douleurs dans l’estomac, de vents, de gonflements.
Mais quelque salutaire que soit l’exercice, il faut cependant ne s’y livrer qu’avec prudence. Tout excès qui va jusqu’à la lassitude et qui excite une sueur violente, au lieu de fortifier, relâche les fibres, prive le corps du suc nourricier ét l’épuise.
Il ne faut pas se livrer à un exercice violent immé diatement après le repas ; il est nécessaire qu’il y ait au moins une heure de repos avant de se livrer à un travail fatigant.
Quand on a pris quelque exercice et qu’on sue, il ne faut pas se refroidir trop promptement.
Lorsqu’on a fait pendant plusieurs jours un exercice violent, il faut se tranquilliser au moins un jour entier. Ce repos donne le temps de réparer les pertes occasionnées par le grand mouvement.
Les frictions peuvent suppléer à l’exercice. Les anciens en faisaient plus d’usage que nous. Les gens sédentaires devraient se servir de ce moyen salutaire, pour réparer le défaut d’exercice.
Les frictions accélèrent le mouvement du sang, facilitent la transpiration, procurent, àquelque choseprès, le môme effet que les exercices les plus sains. C’est
surtout dans les rhumatismes que les frictions sont avantageuses.