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DES EXCRÉTIONS ET DES SECRETIONS

Les aliments que nous prenons ne passent pas en totalité dans le sang, même après une bonne digestion. La partie la plus grossière, après avoir parcouru les différents intestins et après avoir été épuisée du chyle qu’elle contenait, passe dans le rectum et sort par les selles. Il s’en faut même beaucoup que cette autre partie qui, sous la forme de chyle, passe dans le sang, y reste elle-même en entier. En filtrant par les reins, elle y déposé les parties les plus grossières et les moins digérées qui descendent dans la vessie et forment les urines. En passant ensuite par les glandes salivaires, par celles du nez, elle forme des sécrétions séreuses et visqueuses qui sortent par la bouche et par les fosses nasales. La transpiration insensible achève de débarrasser le sang de tous les corps grossiers qui en altéraient la qualité.

On ne jouit d’une bonne santé qu’autant que toutes les excrétions et les sécrétions se font régulièrement.

SI. — Des selles.

Pour être en bonne santé, les excréments ne doivent être ni trop durs ni trop mous : ceux qui rendent des excréments trop durs et en petite quantité , sont échauffés et constipés. Pour rétablir l’ordre, il faut

s’abstenir de liqueurs fermentées, éviter tout ce qui est échauffant et astringent, et faire usage de pain de seigle, de légumes, de pruneaux, de laitage, de viandes blanches et de lavements faits avec une décoction de graine de lin à laquelle on ajoute de l’huile d’amandes douces ou d’olive.

Les personnes trop relâchées useront d’aliments qui fortifient et feront usage de lavements émollients, de tisane de riz, d’eau de gomme sucrée avec du sirop de coing.

Les selles régulières sont d’une grande importance pour la conservation de la santé. Une selle par jour suffit en général. Le moyen de se la procurer est de se lever de bonne heure, de se promener en plein air et d’avoir un régime régulier.

§ 2. — Des urines.

L’excrétion des urines est absolument nécessaire pour le maintien de la santé. L’urine retenue dans la vessie occasionne les affections les plus graves : les vomissements, les nausées, les frissons, la fièvre, le délire, l’assoupissement. Il est donc essentiel de ne point retenir ses urines et d’obéir au besoin de les rendre dès qu’il se fait sentir. Tout ce qui peut en retarder l’excrétion ou la supprimer, est extrêmement dangereux. Il convient pour favoriser la sécrétion de l’urine, d’avoir de l’exercice, de ne point rester trop longtemps au lit et surtout dans des lits mous et chauds. L’excrétion excessive de l’urine, pour peu qu’elle dure, ne tarde pas à affaiblir le corps et à faire tomber dans la consomp-

tion ; elle peut être le produit d’un usage immodéré de boissons aqueuses, de substances salines ou diurétiques.

§3 . — De ta transpiration .

La transpiration est d’une si grande importance pour la santé , que nous ne sommes exposés qu a un petit nombre de maladies tant qu’elle a lieu ; sa suppression produit les rhumes, la grippe, la pleurésie, les fluxions de poitrine, la coqueluche, la phthisie, la goutte, les rhumatismes, les obstructions.

Aussitôt qu’on s’aperçoit qu’on est enrhumé, il faut rester dans une chambre dont la température soit douce et égale ; prendre quelques bains de pieds dans lesquels on aura délayé 125 grammes de farine de moutarde, et faire usage d’infusions bien chaudes, faites soit avec la bourrache, soit avec des fleurs de violette.

Les causes de la suppression de la transpiration sont les variations de l’atmosphère et le froid humide, le passage subit du chaud au froid, les habits mouillés, les pieds humides, la vie sédentaire.

Les substances alimentaires font varier la quantité de cette excrétion : la chair de porc, les melons, les raisins, les figues fraîches, les concombres, les poissons et surtout l’anguille, les substances grasses et huileuses retardent ou diminuent la transpiration. Au contraire, le pain bien fermenté et bien cuit, le mouton, les poulet, l’augmentent d’une manière sensible.

Les moyens propres à rétablir la transpiration consistent dans l’usage de frictions, de bains tièdes, de cou-

vertures chaudes et sèches, de boissons sudorifiques, telles que : infusions soit de bourrache, soit de fleurs de violette ou de sureau; mais on ne doit faire emploi de ces infusions que lorsqu’il n’y a pas de fièvre, car elles ne feraient que l’exaspérer et l’augmenter. L’exercice modéré est un des moyens les plus propres à favoriser la transpiration, surtout le matin, en sortant du sommeil, ainsi que le pratiquaient les anciens.

On doit éviter d’habiter les maisons situées sur des terrains humides et marécageux, et celles nouvellement bâties, soit à cause de l’humidité, soit à cause de l’odeur que fournissent le plâtre, la chaux, les peintures ; on doit aussi éviter avec le plus grand soin, toute transition subite du chaud au froid.

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