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SYSTEME CIRCULATOIRE

Le sang est un liquide rouge, d’une odeur spéciale, d’une saveur salée, douceâtre, dont la température, au sortir des vaisseaux, est de 37° 5 ; sa pesanteur spécifique est de 1,052 à 1,057. Quelques minutes après sa sortie des vaisseaux, — chacun a pu l’observer à la suite d’une saignée, — le sang se coagule en une masse solide; puis, après une demi-heure environ, cette masse solide se resserre spontanément et exprime de sa substance une liqueur jaune transparente, qui est le sérum. La masse solide, ou le caillot , est un réseau de filaments blancs, élastiques, \& fibrine, emprisonnant une matière rouge appelée cruor, qui n’est elle-même qu’un mélange de sérum et de corpuscules microscopiques qu’on appelle globules du sang. Le sang vivant est un liquide transparent qui tient en dissolution de la fibrine, ligueur élu sang, et en suspension des corpuscules, dont les uns peu nombreux, incolores, représentent des sphères rugueuses, dont les autres très -nombreux et d’une couleur rouge, représentant des disques aplatis sur deux faces opposées, sont constitués par une enveloppe mince, transparente, élastique, renfermant un liquide rouge, et sont à proprement parler ce qu’on appelle les

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globules du sang. La coagulation du sang tient à ce que, au moment où cesse la vie, la fibrine dissoute dans la liqueur du sang se solidifie, emprisonnant les globules, puis éprouve sur elle-même un mouvement de retrait qui chasse de la masse solidifiée la liqueur du sang privée de fibrine.

Au point de vue chimique, le sang représente le corps tout entier réduit à l’état liquide. En effet, le sang contient tous les éléments du corps, associés comme dans le corps sous les formes albumine, fibrine, matières colorantes, graisses, sels. C’est à cette composition du sang qu’est due son aptitude à fournir les matériaux de l’accroissement de toutes les parties et de la formation de tous les produits animaux, qui sont utilisés dans le corps ou qui sont rejetés au dehors.

On conçoit que tout ce que le sang abandonne soit au corps, soit au monde extérieur dans le travail de la nutrition, constitue une perte qui doive être incessamment réparée pour que le sang conserve son aptitude à fournir les matériaux nutritifs. Aussi est-ce à restituer au sang les matériaux perdus et à lui conserver, par une introduction incessante de nouveaux matériaux, son aptitude nutritive, qu’aboutit l’emprunt de matière fait au monde extérieur sous les formes air atmosphérique, boissons et aliments.

En raison de la structure celluleuse de toutes les parties du corps et de la perméabilité des cellules, l’absorption des gaz et des liquides peut se faire partout dans le corps, soit aux surfaces, soit à l’intérieur. Mais l’absorption nutritive s’accomplit dans deux régions déterminées au moyen d’appareils spéciaux dont les

actions se rattachent à deux fonctions distinctes : l’absorption de la matière gazeuse, ou respiration; l’absorption de la matière liquide et solide, ou digestion.

L’introduction dans le sang du chyle qui représente le produit de l’absorption digestive, et de la lymphe qui représente le résidu du travail de la nutrition dans toutes les parties, ou le produit de l’absorption interne, suppose dans le chyle, dans la lymphe, un mouvement vers le sang. Ce mouvement a effectivement lieu des racines des vaisseaux lymphatiques qui commencent aux surfaces et dans la trame dernière des tissus, vers le canal thoracique et vers les veines sous-clavières. C’est un mouvement peu rapide qui a pour cause l’introduction non interrompue dans chaque racine vasculaire d’une nouvelle quantité de liquide absorbé, chassant devant elle la colonne de liquide antérieurement introduite.

Le sang, qui, après avoir été utilisé dans toutes les parties du corps pour le travail de la nutrition, est devenu par cela même sang veineux, doit, pour redevenir sang artériel, se rendre de toutes les parties à la surface respiratoire, en recevant dans son trajet la lymphe et le chyle. Il y a donc nécessité d’un mouvement du sang veineux de toutes les parties du corps à la surface respiratoire. Le sang artérialisé à la surface respiratoire, et devenu dès lors propre à entretenir la vie, doit être conduit de ce lieu à toutes les parties du corps pour y remplir les offices delà nutrition. Il y a donc nécessité d’un mouvement du sang artériel de la surface respiratoire à toutes les parties du corps.

Ces deux mouvements existent réellement, et une habile disposition en simplifie le mécanisme par la réu-

nion des deux mouvements en un seul. En effet, les vaisseaux qui portent le sang veineux de toutes les parties du corps à la surface respiratoire se continuent avec les vaisseaux qui conduisent le sang artériel de cette surface à toutes les parties du corps, où les vaisseaux du sang artériel se continuent aussi avec les vaisseaux du sang veineux, de telle sorte que l’ensemble de tous ces vaisseaux représente une seule carrière vasculaire dans laquelle le sang se meut en cercle.

Le sang est mis et maintenu en mouvement dans cette carrière circulaire par l’action principale d’une admirable machine que l’on appelle cœur.

Le cœur est composé de deux moitiés similaires : l’une droite, l’autre gauche. Chacune de ces moitiés est constituée par deux cavités à parois musculaires, superposées et communiquant entre elles, par une large ouverture.

La cavité supérieure, à parois plus minces et de forme globuleuse, s’appelle oreillette , et est en communication avec plusieurs vaisseaux veineux. La cavité inférieure, à parois plus épaisses, de forme conoidale ou pyramidale, s’appelle ventricule, et est en communication avec un gros vaisseau artériel.

Ces deux moitiés du cœur sont adossées l’une à l’autre, oreillette à oreillette, ventricule à ventricule, et réunies par des éléments communs de structure, mais sans communication de cavités d’un côté à l’autre.

Les vaisseaux que le sang traverse dans son mouvement représentent, pour leur forme, des arbres dont les troncs aboutissent aux cavités du cœur, se divisent graduellement en branches, en rameaux, et enfin en

ramuscules plus fins que des cheveux, qui aboutissent aux surfaces d’absorption et à la trame des tissus organiques.

Les vaisseaux veineux, qui aboutissent aux oreillettes, constituent deux systèmes de veines : l’un qui a ses fines divisions ou ses racines dans toutes les parties du corps, et qui aboutit par deux troncs principaux à l’oreillette droite : le système de la veine cave ; l’autre qui a ses racines aux surfaces respiratoires et qui aboutit par quatre troncs à l’oreillette gauche : c’est le système des veines 'pulmonaires. Les vaisseaux veineux ont des parois minces et molles, et sont médiocrement élastiques. Les vaisseaux artériels, qui aboutissent aux ventricules, constituent aussi deux systèmes d’artères : l’un qui a son tronc au ventricule droit et ses extrémités à la surface respiratoire, système de Y artère 'pulmonaire; l’autre, qui a son tronc au ventricule gauche et ses extrémités dans toutes les parties du corps, système de Yaorte. Les vaisseaux artériels ont des parois épaisses et dures, et sont très-élastiques.

La direction du sang dans ces quatre ordres de vaisseaux est constante. Relativement au cœur, qui est comme leur centre commun, cette direction est centripète dans les vaisseaux veineux : de toutes les parties du corps à l’oreillette droite pour le système de la veine cave, de la surface respiratoire à l’oreillette gauche pour le système des veines pulmonaires ; elle est centrifuge dans les vaisseaux artériels : du ventricule droit à la surface respiratoire pour le système de l’artère pulmonaire, du ventricule gauche à toutes les parties du corps pour le système de l’aorte. Voici maintenant quel

est le mécanisme qui détermine et dirige le mouvement du sang.

Chacune des cavités du cœur offre alternativement dans ses parois deux états opposés : l’un de relâchement, qu’on appelle diastole , pendant lequel les parois permettent la réplétion et la distension de la cavité, et par conséquent l’introduction du sang; l’autre de contraction, qu’on appelle systole , pendant lequel ces parois, diminuant d’étendue en surface, se rapprochent énergiquement jusqu’à se toucher, de manière à effacer leur cavité et à la vider du sang contenu.

Ces changements d’état se succèdent et s’associent dans les oreillettes et les ventricules suivant un ordre déterminé qui exprime le rhythme des mouvements du cœur, et qui assure l’efficacité de la machine comme agent d’impulsion et de direction.

En considérant les phénomènes dans une seule moitié du cœur, soit la moitié gauche, voici ce qui se passe ;

L’oreillette gauche, gonflée et distendue par le sang artérialiséque lui versent les quatre veines pulmonaires, se contracte subitement et énergiquement, de manière à effacer sa cavité et à chasser le sang qu’elle contient. A ce moment précis, le ventricule gauche est à l’état de relâchement dans ses* parois, qui n’offrent dès lors aucune résistance à l’introduction du sang, et l’ouverture, qui fait communiquer sa cavité avec celle de l’oreillette, est libre. Le sang de l’oreillette s’introduit brusquement dans la cavité ventriculaire et la remplit.

Dès que cet effet est produit, le ventricule gauche se contracte énergiquement et chasse le sang dans l’aorte

et ses divisions par un mouvement brusque et impétueux.

L’embouchure de l’aorte livre un libre passage au sang, car les trois petites soupapes dont elle est munie et qu’on appelle valvules sigmoïdes , sont disposées de manière à céder facilement à la pression qui leur vient du côté du ventricule.

Le reflux du sang de la cavité ventriculaire dans l’oreillette au travers de l’ouverture de communication est rendu impossible par le jeu d’un appareil qui ferme hermétiquement cette ouverture au moment même de la contraction du ventricule. Cet appareil consiste dans un anneau membraneux adhérent par son bord supérieur au pourtour de l’ouverture de communication, et plongeant par son bord inférieur dans la cavité du ventricule. Ce bord inférieur, découpé de manière à offrir deux languettes et deux échancrures, donne attache à deux séries de fins et robustes cordages : l’une antérieure, l’autre postérieure, qui vont se fixer au sommet de deux colonnes musculaires détachées des parois antérieure et postérieure de la cavité. Ces deux colonnes offrent chacune deux saillies séparées par une gouttière. Au moment de la contraction du ventricule, les deux colonnes se rapprochent jusqu’au contact, et s’engrènent de manière que la saillie droite de la colonne antérieure remplisse la gouttière de la colonne postérieure, et que la saillie gauche de la colonne postérieure remplisse la gouttière de la colonne antérieure. Dans cette disposition des colonnes, qui n’en font plus qu’une, les cordons tendus par le raccourcissement des colonnes ont été entraînés, et avec

eux le bord inférieur de l’anneau membraneux, de manière que les cordons sont devenus verticaux, de divergents qu’ils étaient, et que l’anneau rapproché, plié et Comme froncé, se trouve fermé à l’instar de l’ouverture d’une bourse.

Immédiatement après que le ventricule gauche s’est vidé de sang par sa contraction, ses parois se relâchent pour recevoir le sang que lui envoie la contraction auriculaire qui marque le commencement d’une nouvelle période des mouvements du cœur. Au moment où les parois du ventricule se relâchent, le sang qu’il vient de chasser dans l’aorte tend à refluer dans sa cavité, et y refluerait en effet, si ce mouvement rétrograde du sang ne se fermait à lui-même le passage en redressant les trois soupapes de l’embouchure aortique, qui deviennent par leur rapprochement une véritable cloison infranchissable.

Des phénomènes tout à fait semblables se produisent au même moment, et par un mécanisme semblable, dans la moitié droite du cœur. L’oreillette droite se contracte, sur le sang qu’èlle a reçu du corps parles veines caves, le chasse dans le ventricule droit qui se contracte à son tour pour pousser le sang, par l’artère pulmonaire, dans les poumons.

"Si maintenant on suit le sang dans son mouvement circulaire, à partir de la surface respiratoire où il a été artérialisé, on voit qu’il se rend de cette surface, avec une quantité de mouvement acquise, dans l’oreillette •gauche ; l’oreillette gauche le pousse dans le ventricule gauche ; le ventricule gauche le pousse dans l’aorte et ses divisions par une impulsion brusque et impétueuse

qui, dilatant brusquement les artères, donne naissance à ce qu’on appelle 1 e pouls; les artères, après s’être dilatées sous l’influence de l’introduction soudaine et forcée du sang chassé par le ventricule, se resserrent en vertu de leur élasticité et pressent latéralement sur la colonne sanguine de manière à maintenir le mouvement dans cette colonne. Arrivé à l’extrémité des dernières divisions de l’arbre artériel dans des vaisseaux disposés en réseaux qu’on appelle capillaires , et qui font partie de la trame des tissus, le sang s’engage dans les plus fines divisions des veines qui se continuent directement par ces réseaux capillaires avec les divisions artérielles. Il revient le long des vaisseaux veineux du corps à l’oreillette droite, qui le chasse dans le ventricule droit, d’où il est poussé par l’artère pulmonaire jusqu’aux vaisseaux capillaires du poumon, où il reçoit l’influence de l’acte respiratoire en s’engageant dans les origines des veines pulmonaires, rejoignant le point de sa carrière circulaire, qui a été pris pour point de départ de son mouvement.

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