‹ Le medecin de mer, ou, Traité élémentaire de pathologie interne et externeChapitre 10 sur 25 · L’APPAREIL VOCAL · texte numérisé non relu

L’APPAREIL VOCAL

Le larynx est l’organe de la voix. C’est un tube essentiellement cartilagineux, formé de plusieurs pièces articulées les unes aux autres, et sur lesquelles s’insèrent des muscles destinés à leur imprimer des mouvemens. Un cartilage en forme de bouclier , thyroïde > produit cette saillie qui se voit au cou, et que l’on nomme la pomme d'Adam. Audessous il y a un cartilage annulaire : cricoïde ; en arrière, deux cartilages prismatiques : aryténoïdes; en haut une lame recourbée ûbro-cartilagineuse , Y épiglotte > qui recouvre la glotte , entrée de la cavité du larynx. Dans cette cavité, il existe quatre ligamens dirigés d’avant en arrière. Deux d’entre eux sont considérés comme des cordes vocales ; ils s’étendent ou se relâchent pour la formation des sons aigus ou des sons graves ; en même temps la glotte se rétrécit ou s’élargit, de manière que le larynx remplit à la fois l’office d’un instrument à vent et d’un instrument a cordes.

DE l’appareil VOCAL.

Corps étrangers.

Le larynx étant situé au-dessous de la base de la langue, il arrive que, dans certains mouvemens désordonnés de la déglutition, l’épiglotte ne s’applique pas exactement sur la glotte, et que des corps étrangers entrent dans la cavité du larynx. Si ces corps sont d’un petit volume, ils provoquent une toux convulsive qui ordinairement les expulse; mais si leur volume est considérable, le passage de l’air peut être intercepté , et la suffocation est imminente.

En pareil cas, on doit se hâter de porteries doigts au fond de la gorge pour tenter de saisir et d’extraire ces corps étrangers. Si l’on n’y parvient pas avec les doigts, il faut employer des pinces recourbées. Il devient nécessaire quelquefois de diviser le larynx perpendiculairement en portant un bistouri sur la pomme d’Adam. Il vaut mieux, sans doute, se hasarder à pratiquer une opération qui n’est point très-dangereuse, que d’abandonner le patient à une suffocation inévitable. Dans certains cas, des corps étrangers arrêtés dans le larynx tombent ensuite dans la trachée; on est forcé d’inciser en long ce canal, et de tenir la plaie béante. 11 arrive qu’une colonne aérienne, dans l’expiration, expulse un corps étranger lorsqu’il a échappé à de longues recherches.

M \ I.AIUKS

laryngite#

Est-il surprenant que le larynx, exposé aux influences atmosphériques, donnant sans cesse passage à l’air, soit fréquemment frappé de pldegmasie? Échauffé, excité par le chant, par la pho nation (exercice de la parole), lors(|ue surtout on passe brusquement d’une température élevée à une température froide et humide, il s’opère un arrêt des globules sanguins dans les vaisseaux capillaires de cet organe. De là, une série de phénomènes morbides , désignés sous le nom de laryngite. Cette affection est alors accidentelle, idiopathique ; mais elle dépend, dans quelques cas, d’une cause interne, d’un vice dont est imprégnée l’économie, notamment du virus syphilitique, et l’on peut la considérer alors comme symptomatique. On attribue son invasion à une impression de l’atmosphère : cette cause peut bien exercer une influence sur son développement; mais il y a un principe spécifique qui préside à son existence.

Une vive irritation de la gorge, bientôt suivie d’une toux quelquefois convulsive; la raucidité de la voix, un état fébrile, sont les symptômes les plus ordinaires de la laryngite. Ces symptômes se calment, se dissipent aisément par l’influence du régime, des adoucissans, si cette affection est le résultat d’une cause passagère; mais elle résiste avec opiniâtreté, s’aggrave, la toux devient

de l’appareil vocal. “25^

sèche, férine, si elle dépend d’un vice spécifique.

Il est une variété de laryngite qui a un caractère chronique, et amène l’ulcération de la membrane muqueuse du larynx et la carie de ses cartilages; elle complique ordinairement la phthisie pulmonaire, ou bien elle existe exclusivement de cette dernière affection, et constitue la phthisie laryngée , affection grave, et qui se termine inévitablement par la mort.

Dans les inflammations aiguës , idiopathiques du larynx, les saignées locales et générales, les boissons mucilagineuses, les potions calmantes , sont les médications auxquelles on doit s’empresser d’avoir recours. Le régime le plus sévère sera observé. Les dérivatifs, comme les purgatifs, les vésicatoires, les bains de pieds irritans, sont des remèdes secondaires. Par la persévérance dans ces moyens, on voit les symptômes de la laryngite se dissiper, et une voix rauque ou éteinte revenir à son type normal.

Mais tous ces moyens échouent lorsque la phlegînasie tient à un vice spécifique ; il faut nécessairement employer les remèdes propres à combattre ce vice. Ainsi, une laryngite syphilitique ne guérira que sous l’influence des préparations mercurielles; tous les autres médicamens ne seraient que d’impuissans palliatifs. Que peut -on espérer des ressources de l’art dans la laryngite chronique qui tient à une lésion des poumons? On déploie alors

MALADIES

la série des remèdes appropriés à la phthisie pulmonaire 5 encore 11’exerce- t- on qu’une médecine stérile.

Croup.

Ce n’est point seulement une laryngite que cette terrible affection connue sous le nom de croup ; c’est encore une bronchite, car l’inflammation se propage dans les bronches , conduits aériens qui se portent dans les poumons. Cette phlegmasie est le funeste apanage de l’enfance; elle attaque spécialement les sujets lymphatiques , et elle reconnaît pour cause principale une température froide et humide.

Y eut-on se former une idée rigoureuse du croup, juger de sa gravité, apprécier les espérances que l’on peut fonder sur sa guérison? Que l’on se pénètre bien de la théorie de la formation d’une fausse membrane. Si l’on a vu sur un vésicatoire récent une couenne albumineuse s’organiser, lorsqu’on cherche en vain à produire une suppuration , couenne que l’on enlève en totalité et qui aussitôt se régénère , on aura une idée exacte de la nature du croup.

Les mucosités, abondamment exhalées dans les voies aériennes, au lieu de demeurer humides et d’être chassées par l’expectoration^ se eoncrètcnt par le fait de l’inflammation, exactement comme une pâte liquide dans une poêle en se convertissant en crêpe. Or, dès qu’une pareille couche albumineuse s’est formée dans les conduits aériens ,

de l’appareil vocal. 255

d’autres couches semblables se forment à l’extérieur de celle-ci. Successivement il y a plusieurs fausses membranes concentriques, appliquées les unes aux autres. Les premières formées , étant rejetées en dedans du calibre aérien, le rétrécissent et l’ob-

struent.

Ne s’explique-t-on pas , d’après cela, tous les accidcns qui doivent survenir? Il y a d’abord irritation, toux, et raucidité de voix; bientôt le son vocal est sifflant et aigu; plus tard, l’air ne peut plus passer, il y a suffocation, et le malade meurt asphyxié.

Qu’est-il besoin de dire que des anxiétés, que la fièvre, que des mouvemens convulsifs entrent dans le cortège des symptômes, et que le croup est une affection essentiellement mortelle? Il est vrai que la médecine peut être victorieuse de cette affection, lorsqu’elle est active; mais il est vrai aussi qu’on croit guérir le croup lorsqu’on n’a affaire qu’à une simple laryngite.

Il n’est pas de remèdes que l’on n’ait proposés contre cette maladie désespérante, et chacun a une fausse confiance dans le système de curation qu’il a adopté. C’est une inflammation : il faut des antiphlogistiques, notamment des saignées locales. Il y a tendance à l’accumulation des mucosités qui organisent défausses membranes : il faut des moyens révulsifs, comme des vésicatoires au cou, aux membres; des vomitifs, des purgatifs, peuvent aussi produire une dérivation favorable. Voilà ce qui.

MALADIES

dans le traitement, est le plus rationnel. Mais le sulfure de potasse, mais le colomel, mais le muriate d’ammoniaque, et mille autres moyens préconisés, ne sont que des remèdes imaginaires. Que peut-on penser des opérations qui consisteraient à ouvrir la trachée-artère pour extraire les fausses membranes? Sans doute la suffocation est imminente, il faut à tout risque chercher à la prévenir; mais on ne peut raisonnablement attendre rien d’heureux de cette ressource désespérée.

Aphonie.

Lorsque les causes qui produisent la laryngite persévèrent, les cordes vocales s’épaississent, s’engorgent ; la vibration qui résulte du passage des colonnes aériennes ne s’exécutant pas, la voix est d’abord sourde, rauque, bientôt elle se fait à peine entendre , le malade ne peut parler qu’à voix basse : c’est l 'aphonie ou l’extinction de voix. Si la phlegmasie du larynx est rebelle, incurable, comme cela se voit dans la phthisie, c’en est fait, la voix est à jamais éteinte.

L’aphonie reconnaît d’autres causes que la laryngite aiguë ou chronique ; elle tient, dans quelques cas, à une lésion de l’ innervation , à la paralysie des muscles du larynx , et , sans douleur , sans aucune altération delà santé, on devient aphone. Comment expliquer cette inertie musculaire? c’est difficile ou impossible. On en attribue la cause à

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une affection vermineuse , à des cris immodérés, à des émotions de l’ame; mais on ne saurait dire pourquoi de telles causes agissent précisément sur ces petits muscles qui font mouvoir les cartilages du larynx , tendre ou relâcher les cordes vocales , élargir ou rétrécir la glotte. On conçoit combien dans quelques professions , chez l’orateur, le chanteur, l’acteur, une telle affection est désespérante!

C’est en combattant la laryngite que l’on peut remédier à l’aphonie, ou en excitant la sensibilité du système nerveux lorsqu’on soupçonne la paralysie musculaire. Des gargarismes astringens , des dérivatifs comme les ventouses , des vésicatoires , peuvent produire de bons résultats. On ne saurait assez condamner l’organe malade à un repos absolu; et loin de là, l’on cherche souvent à remonter les ressorts de la voix , on tente de parler à voix haute , à chanter : de tels efforts sont superflus et souvent nuisibles.

MALADIES DE l’ APPAREIL

MALADIES

UE

Les poumons sont les organes essentiels de l’appareil de la respiration. Ils sont composés de conduits aériens, de canaux sanguins, de nerfs, de vaisseaux lymphatiques, de glandes, de tissu cellulaire. Une membrane séreuse, la plèvre, forme leur enveloppe , et se réfléchit sur tous les points des parois thoraciques.

L’organe destiné à porter l’air dans les poumons est la trachée-artère y canal cartilagineux et membraneux. Entrée dans la poitrine , elle se divise en deux branches : ce sont les bronches, qui se divisent, se subdivisent à l’infini; leurs dernières extrémités constituent les vésicules aériennes.

Une artère nommée pulmonaire, partie du ventricule droit du cœur, se divise, se subdivise comme les bronches, et apporte du sang qui est mis en rapport , au travers des parois des vésicules bronchiques, avec l’air atmosphérique. L’air et le sang se mélangeraient sans l’interposition des parois

minces des artères et des vésicules aériennes. Une telle fusion n’a pas lieu ; mais au travers des porosités il se fait un échange. L’air applique au sang l’un de ses principes : l’oxigène; le sang cède à l’air l’un de scs principes constitutifs : l’acide carbonique. 11 résulte de la fixation de l’oxigène sur le sang un phénomène analogue à la combustion: à l’instant le sang devient plus chaud , en même temps il devient plus rouge, plus rutilant; il était noir, veineux, provenant du ventricule droit du cœur, à l’instant il est vermeil, artériel. Repris dans les poumons par des veines pulmonaires, il est apporté au côté gauche du cœur, afin d’être départi dans toutes les parties de l’économie animale, et de servir à l’alimentation de tous les organes , de tous les tissus.

Cette exposition succincte de la structure des poumons et des phénomènes chimiques de la respiration est propre à jeter un grand jour sur les diverses lésions del’ appareil respiratoire. On comprend que, puisque l’air entre par la trachée, la bronche parvenant aux vésicules bronchiques le met en contact médiat avec le sang qui doit changer sa nature. Si l’air est chargé de principes vicieux , funestes, la conversion du sang de veineux en artériel ne pourra aisément s’opérer. Ainsi, contient-il un excès d’acide carbonique, ce gaz délétère s’appliquera au sang, empêchera qu’il ne prenne le caractère artériel.

MALADIES DE l’ APPAREIL

Asphyxie*

On sait que l’inspiration de l’air, dans un lieu où du charbon est en combustion, occasionne la syncope , et que, si l’on ne se hâte pas de faire parvenir dans les poumons un air pur, il peut s’ensuivre une asphyxie mortelle. C’est qu’alors ce n’est point de l’oxigène qui s’applique au sang, mais de l’acide carbonique, et que la conversion du sang de veineux en artériel ne peut s’exécuter.

Asphyxie par submersion.

Le milieu dans lequel on est placé lorsqu’on plonge dans l’eau , contient une trop petite proportion d’air atmosphérique pour que la respiration puisse s’y opérer. Certains nageurs remplissent , dit-on , leur bouche d’air, et parviennent à rester quelques minutes sous l’eau sans éprouver un grand besoin de respirer; mais ce sont des faits exceptionnels. Ordinairement, dès que l’air cesse d’entrer et de sortir librement par les voies aériennes , la suffocation est imminente. Toutefois, on rapporte des exemples de submersions pendant quelques heures, après lesquelles on a pu rappeler des noyés à la vie.

Il faut se bien convaincre que la mort par submersion dépend du défaut d’oxigénation du sang, c’est-à-dire de la cessation des phénomènes chimiques de la respiration. À la vérité, il y a en même temps congestion du sang dans les poumons, dans

le cerveau, clans tout le système veineux ; mais tout cela dépend de ce que le sang ne peut de veineux devenir artériel , et que la circulation dès-lors cesse d’avoir lieu; ou que, si elle s’effectue, ce n’est que pour imprégner tous les organes de sang veineux , qui les frappe de stupeur et de mort.

Il y a loin de cette explication sur ce qui se passe chez les noyés, à la croyance que la mort dépend de la grande quantité d’eau qu’ils avalent. Qu’importerait que l’estomac se remplit d’eau? il n’y aurait nullement en cela une cause de mort. Ce liquide serait rejeté ou rendu par les voies d’excrétion, sans produire le moindre accident. Mais il n’en est pas ainsi du manque d’air ; il suffit de quelques instans pour qu’il en résulte une asphyxie mortelle. Peut-être l’eau entre-t-elle en certaine quantité dans les voies aériennes, et active-t-elle la suffocation; mais toujours est-il que c’est par cessation des phénomènes chimique&de la respiration que les noyés succombent.

Pénétré de la connaissance de ce qui se passe dans la submersion, on donnera aux noyés des secours éclairés et salutaires. On se gardera de les pendre par les pieds, de leur placer le ventre sur un tonneau pour leur faire rendre l’eau. S’il convenait de porter la tête en bas pour faire couler la portion de ce liquide qui remplit l’arrière-gorge et la trachée, ce ne serait que pendant quelques secondes tout au plus; mais il faudrait se hâter de faire parvenir de

l’air atmosphérique pur dans les cellules bronchiques, afin de déterminer la fixation de l’oxigène sur le sang.

On parvient à remplir ce but au moyen de l’insufflation; mais cette opération doit être exécutée avec beaucoup de prudence , afin de ne pas produire une rupture dans les poumons.

Pour solliciter les mouvemens d’inspiration , on titille le fond de la gorge avec la barbe d’une plume, on frictionne la région du cœur , on fait respirer de l’ammoniaque, de l’éther, d’autres substances stimulantes, on réchauffe le noyé, on le stimule de mille manières. Comme il y a stase, stagnation du sang dans le système veineux, il faut, pour favoriser le cours de ce fluide, se hâter de pratiquer une saignée à une veine du bras , ou , de préférence , à une veine du cou.

Mais combien de pratiques ne met-on pas encore en œuvre ? On conseille de réchauffer les noyés par tous les moyens possibles , de leur donner des vomitifs, de les parfumer avec des plantes aromatiques. On prescrit principalement de leur introduire , au moyen de canules et de tubes disposés à cet effet, de la fumée de tabac dans les intestins, afin de produire une révulsion favorable. Tout cela peut être tenté, sans doute, lorsque la mort est imminente; on est même autorisé à pratiquer une petite incision sur la trachée-artère, afin de faciliter l’entrée de l’air par une voie artificielle : mais de tous les secours

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à administrer aux noyés, ceux qui conviennent le mieux sont la douce insufflation d’un air pur; la titillation de la gorge; les frictions au-devant du cœur; la saignée. Avant tout, il faut que le patient soit placé dans une position horizontale, alin que les mouvemens respiratoires puissent aisément s’exécuter. Lorsqu’on voit la poitrine opérer un mouvement de soufflet qui annonce l’entrée et la sortie de l’air, on doit redoubler d’efforts; on peut alors espérer de conserver la vie à des individus chez lesquels elle paraissait éteinte.

Asphyxie par strangulation.

La mort arrive dans la strangulation par deux causes différentes : l’une est le manque d’air, d’où résulte la cessation des phénomènes chimiques de la respiration ; l’autre est la compression de la moelle vertébrale par le fait de la luxation des vertèbres. S’ il n’y avait qu’asphyxie, en se hâtant d’employer tout ce qui vient d’être conseillé pour la submersion, on pourrait prévenir la mort; mais si une vertèbre était luxée, que la moelle vertébrale fût comprimée, tous les soins seraient superflus.

Traumatisme (plaies).

Les parois thoraciques sont fréquemment traversées par des corps vulnérans, ou éprouvent des violences qui y produisent de graves lésions. Les

lésions constituent les plaies de poitrine , distinguées en pénétrantes ou non pénétrantes.

Lorsqu’un instrument vulnérant est parvenu dans la cavité de la poitrine, le poumon, le cœur, sont principalement exposés à être lésés. La gravité de la plaie consiste surtout dans la division des vaisseaux sanguins, car il peut s’opérer des hémorrhagies instantanément mortelles. Si un caillot qui s’est formé suspend l’écoulement du sang, ce caillot peut se détacher, et la mort être consécutivement inopinée. Il faut user de beaucoup de prudence dans les plaies de poitrine, s’abstenir de ces recherches excitées par la curiosité, par le désir de se montrer nécessaire, car elles pourraient être nuisibles ; on ne doit donc point sonder de telles plaies. Le repos absolu , des réfrigérans sur la poitrine, des saignées, quelques légers caïmans, la diète, l’expectation, voilà le système de curation qu’il convient essentiellement d’observer.

Emphysème .

Un accident assez fréquent dans les plaies de poitrine, c’est Y emphysème; il tient à ce que, les poumons ayant été lésés, l’air s’est infiltré dans le tissu cellulaire. Cette affection est fort remarquable : la moitié du corps est ordinairement enflée, et si l’on pèse du bout des doigts , on entend une crépitation qui résulte du passage de l’air d’une cellule à une autre. C’est surtout dans la fracture des côtes que

l’on observe l’emphysème, le poumon ayant été intéressé par un fragment osseux. Ce phénomène ne présente pas ordinairement de gravité, l’air est absorbé, la tuméfaction se dissipe; cependant l’emphysème occasionne quelquefois de la douleur et provoque la suppuration. On peut appliquer de l’eau-de-vie camphrée, d’autres résolutifs pour faciliter la disparition de l’air et des accidens qui résultent de sa présence dans les aréoles du tissu cellulaire.

Rhume*

Il n’est pas un phénomène morbide plus commun que le rhume. Cependant son essence est encore énigmatique; sa nature, son siège sont des sujets d’erreurs , de préjugés. Explique-t-on bien comment l’impression du froid sur les pieds enflamme instantanément la gorge et les bronches ? La sympathie évidente qui existe entre deux parties éloignées est-elle réellement comprise? La dénomination de rhume de cerveau n’implique- t-elle pas l’absurde croyance que cet organe est envahi par la pldegmasie ?

Il est hors de doute que le rhume résulte de l’impression du froid , et qu’il se développe surtout lorsque les organes sont injectés de sang par l’action du calorique. Il est probable que, par l’influence du froid, les globules sanguins s’arrêtent dans les dernières extrémités capillaires , et que ,

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bientôt après, se développe eet appareil de symptômes qui caractérise le rhume.

On sent du prurit , de la gène dans la gorge ; la voix devient rauque, la parole est difficile. La toux se déclare ; elle est d’abord sèche , mais des mucosités étant exhalées, la toux devient humide par la formation des crachats. Le rhume peut se dissiper promptement; mais aussi il s’aggrave, s’entretient. On dit parfois que le rhume est négligé, la moindre circonstance occasionne une recrudescence. Le malade a des accès de toux violente, spasmodique, des quintes ; la poitrine fait entendre un râle muqueux, crépitant, siby liant, et d’autres variétés de sons.

Le rhume est-il borné aux cavités nasales, il y a coryza, écoulement de sérosité par les narines : c’est le rhume de cerveau; mais se propage-t-il en arrière sur la membrane muqueuse , c’est la bronchite : infïammation de la membrane muqueuse des bronches; si l’irritation se porte dans l’épaisseur des poumons, c’est alors le rhume de poitrine. Le mot catarrhe , quoique générique , propre à désigner toutes les inflammations des membranes muqueuses, s’applique généralement aux rhumes qui ont pris un certain caractère de chronicité.

Il est à peine nécessaire d’indiquer le traitement du rhume. On sait qu’avant tout il faut écarter les influences qui l’ont produit, et qui pourraient l’entretenir; il convient d’éviter à la fois le froid, et une chaleur exagérée. C’est par des vêtemens et

une habitation conformes aux règles de l’hygiène que l’on remplira ces indications.

Gomme il y a irritation de la membrane muqueuse, la diète est nécessaire. Les boissons tempérantes, gommeuses, sucrées, sont indifféremment convenables. Quelques looks caïmans, de légers vomitifssont d’une utile application. Si l’inflammation était intense, qu’il y eut une bronchite aiguë, il faudrait recourir à la saignée, à l’application des sangsues sur la poitrine. Tout le monde connaît ces pâtes , ces pastilles dont le sucre, la gomme, quelques petites doses d’opium, sont la partie essentielle ; leur vertu est d’adoucir la gorge , de favoriser l’expulsion des mucosités. Il est aussi des sirops très-préconisés et dont la principale propriété tient à l’opium qu’ils contiennent. Les dérivatifs sont souvent très-salutaires : ainsi , les pédiluves irritons, les vésicatoires, les purgatifs, sont indiqués, si les rhumes sont rebelles. Il arrive qu’on les combat énergiquement par une méthode perturbatrice: ainsi , lorsqu’ils sont parvenus à une période avancée , un écart dans le régime, des toniques, un punch léger les dissipent parfois avec une promptitude surprenante.

Plciiréaie.

La plèvre, membrane séreuse, tapisse les parois de la poitrine ; elle s’étend sur la face interne des côtes et des muscles qui garnissent leurs intervalles,

sur le diaphragme; elle se réfléchit sur la racine des poumons, enveloppe ces organes, et s’adosse à la membrane du coté opposé, en formant une cloison, le médiastin , qui, dans sa partie antérieure, renferme le cœur.

La plèvre est très -sujette aux phlegmasies , aux inlluences atmosphériques; l’air froid, notamment lorsqu’on vient d’un lieu chaud, détermine un arrêt dans les vaisseaux capillaires, enfin une inflammation : c’est la pleurésie.

Des frissons, la fièvre, un point de côté, la gêne de la respiration , signalent cette maladie. Elle peut, en parcourant sa marche, se dissiper par une heureuse résolution; mais aussi elle amène quelquefois une exhalation de sérosité qui constitue Yhydropisie de poitrine ; ou un épanchement de pus : Yempième. Ces deux fâcheuses terminaisons exigent ordinairement une grave opération pour donner issue au fluide accumulé dans la cavité de la plèvre. On combat essentiellement la pleurésie par des saignées, des sangsues, des ventouses, des vésicatoires. S’il reste à la suite de cette maladie de la douleur, de la gêne dans la respiration, on doit penser qu’il y a quelque adhérence entre la plèvre costale et la plèvre pulmonaire : alors l’application d’un séton, d’un eautère , produit un exsutoire habituel qui procure un dégagement favorable, et amène la disparition des accidcns qu’entraîne après elle la pleurésie.

Pneumonie (fluxion de poitrine).

Si le phlegmon peut être offert comme le type des maladies inflammatoires des parties superficielles , la pneumonie peut être présentée comme celui des organes placés dans les cavités viscérales. Cette affection se déclare principalement chez les individus doués d’un tempérament sanguin. Elle est occasionnée par le passage brusque du chaud au froid , notamment lorsqu’un exercice a activé le mouvement circulatoire ; alors le sang congestionne les poumons : c’est la fluxion de poitrine.

On ne peut expliquer raisonnablement la formation de la pneumonie que par l’arrêt des globules sanguins dans les dernières extrémités des vaisseaux capillaires : aussi l’expression sang glacé dont se sert le vulgaire pour désigner cette maladie , n’est-elle pas peu significative ; elle indique qu’il y a arrêt , coagulation de ce fluide. Le mot irritation n’est pas satisfaisant pour expliquer l’essence de la pneumonie. Des phénomènes inflammatoires se déclarent , il est vrai , mais ils ne sont que la conséquence naturelle de l’arrêt du sang dans les capillaires.

La dénomination de péripneumonie , assez généralement employée, est inexacte, elle doit être abandonnée , car ce n’est point la surface des poumons qui seule est affectée, mais le parenchyme même de cet organe. Cette expression est équivalente

à celle d e pleurésie , car, la membrane séreuse qui couvre les poumons étant enflammée , on peut réellement dire qu’il y a péripneumonie.

Un cortège de symptômes annonce l’invasion de la pneumonie , surtout lorsqu’elle est très-intense, très-aiguë. Un point de côté se fait sentir, la toux se déclare , des crachats sanguinolens sont expulsés; la respiration est pénible, précipitée; la face devient rouge, animée; la fièvre s’allume. Tous ces symptômes s’aggravent : le malade éprouve des étouflemens , l’air ne pouvant parvenir librement aux cellules pulmonaires ; les poumons se congestionnent, parce que le sang y abonde et ne parcourt pas librement les voies qui doivent lui donner passage; la cavité thoracique semble être remplie outre-mesure; de grands mouvemcns inspiratoires s’exécutent pour favoriser l’entrée de l’air; la respiration devient de plus en plus stertoreuse ; et si le mal s’aggrave, le malade meurt suffoqué.

La pneumonie peut n’atteindre qu’un seul poumon : alors les accidens sont moins prononcés ; le malade peut long-temps résister aux progrès de la maladie, quelle que soit son intensité, quel que soit le désordre existant dans l’organe. Mais si les deux poumons sont fluxionnés à la fois, l’asphyxie est imminente.

Il est une variété de pneumonie bien funeste, parce que les symptômes qui la caractérisent sont obscurs, et ne se déclarent que progressivement:

c’est la pneumonie latente. Elle a une marche insidieuse, est d’autant plus redoutable qu’elle laisse le médecin dans l’incertitude sur son existence réelle ; le malade semble approcher de la guérison , tandis qu’il marche \ers un terme fatal.

On ne saurait trop s’étayer de tous les signes qui font reconnaître la pneumonie. Il en est qui résultent de la percussion et de l’audition : en frappant la poitrine avec le bout des doigts réunis, on produit un son mat du coté où un poumon est enflammé; c’est une preuve qu’il y a du trop plein dans la poitrine. L’auscultation seule fait reconnaître des variétés de sons respiratoires qui indiquent la difficulté qu’éprouve l’air à parvenir dans les radicules des bronches. On peut l’exercer avec l’oreille seule ou à l’aide du stéthoscope.

La pneumonie se termine, comme toutes les inflammations, d’une manière heureuse ou funeste. Quand la résolution n’a pas lieu, il peut se former des foyers de suppuration, des abcès, qui portent le nom de vomique. Mais une terminaison assez fréquente est Y hépatisation : le tissu pulmonaire, frappé d’induration, acquiert l’apparence du foie, h' hépatisation est rouge quand elle est récente, grise lorsqu’elle est ancienne. C’est une fâcheuse terminaison de la pneumonie, elle est ordinairement mortelle.

Il semble que, puisque Y impression du froid détermine l’arrêt des globules sanguins, d’où résulte

la pneumonie, il conviendrait d’activer la circulation sanguine en réchauffant les malades , et en leur donnant des stimulans. C’est justement ce (pie font les personnes étrangères à la science, et il est hors de doute qu’elles opèrent quelquefois une heureuse réaction.

Les médecins, se conformant aux principes de la physiologie , combattent les phénomènes inflammatoires par des saignées réitérées, des applications de sangsues sur les parois de la poitrine; ils tendent à opérer une déplétion du poumon , et souvent ils y parviennent. Les saignées sont la base essentielle du traitement de la pneumonie; on doit se hâter de les pratiquer et de les réitérer. Les boissons adoucissantes ne sont qu’une ressource secondaire; les dérivatifs, tels que les vésicatoires au thorax, aux membres, conviennent surtout lorsque la pneumonie est rebelle, et qu’elle a tendance à se terminer par hépatisation ; les ventouses servent à opérer une dérivation très-salutaire.

Que doit-on penser de cette fameuse méthode qui consiste à donner l’émétique à très-haute dose? C’est un moyen perturbateur propre, sans doute, à opérer la désobstruction dans le point où il y a arrêt des globules sanguins. Ce n’était pas l’intention qu’avait Rasori; mais c’est ainsi que j’explique l’action des vomitifs énergiques dont on a reconnu l’efficacité dans le traitement des fluxions de poi-

trine.

Plttliisie pulmonaire.

L’homme qui possède la plus brillante sanie peut devenir phthisique; car une affection inflammatoire des poumons, se convertissant en maladie chronique, altère, mine l’économie, entraîne la formation de diverses dégénérescences , notamment de foyers purulens; le malade tombe dans la consomption î c’est vraiment la phthisie.

Mais on entend par phthisie pulmonaire une maladie qui consiste tantôt en des granulations qui se développent dans le parenchyme pulmonaire, tantôt en des ganglions qui s’enflamment et suppurent, ou en des corps demi -purulens, demi-caséux, nommés tubercules. La phthisie coïncide ordinairement avec une constitution lymphatique, une diathèse scrofuleuse.

Une toux sèche, fréquente, incommode, accompagnée de prurit à la gorge, marque la première période du mal. Plus tard, on aperçoit dans les crachats des débris de tubercules mêlés à des mucosités sanguinolentes; il y a même hémoptysie (crachement de sang) considérable, fièvre accompagnée d’ardeur dans la paume des mains: c’est la seconde période. Consécutivement , et à une époque variable selon les sujets, il se forme des foyers purulens par le ramollissement et la destruction des tubercules ; il y a crachement de pus ; il se creuse des cavités ou cavernes dans les poumons ; en appliquant l’oreille

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nue, ou armée du stéthoscope , sur la poitrine, on entend la voix s’engouffrer , il y a pectoriloquie ; il survient des sueurs nocturnes, une fièvre hectique, de la diarrhée ; les malades tombent dans la consomption : c’est la troisième période. La mort arrive inopinément, lorsque les poumons, détruits par la fonte des tubercules, deviennent impropres à l’acte respiratoire.

Quel traitement peut-on opposer à la phthisie pulmonaire? Il faudrait parvenir à opérer la résolution des glandes, des granulations , des tubercules qui l’occasionnent , pour enrayer sa marche et amener la guérison. Seraient-ce le lait d’anesse, la tisane de lichen d’Islande ou d’autres plantes mucilagineuses, les eaux Bonnes, les dérivatifs cutanés, comme les cautères, les vésicatoires, le séton? Seraient-ce l’iode, lesvarecqs, l’acide prussique, et mille remèdes béchiques préconisés , qui pourraient faire obtenir une heureuse conversion dans la structure du poumon? On compterait à tort sur l’elficacité de tous ces moyens ; mais faut-il soigner les malades dans cette affection rebelle, entretenir leurs espérances. Si la diathèse tuberculeuse n’est pas très-confirmée, il est possible que quelques tubercules fondus, ramollis, soient expulsés, que les parois d’une caverne se rapprochent, adhèrent entre elles, qu’une véritable cicatrice s’opère dans le poumon, et que la phthisie ainsi se trouve guérie: aussi doit-on être persévérant, imaginatif dans la

curation de cette maladie, s’adresser à toutes les ressources. Quant à moi, je fonde des espérances dans l’action d’un médicament susceptible d’amener la fonte des glandes et des tubercules : c’est l’onguent mercuriel qui, appliqué en frictions sur le thorax, pénètre par imbibilion , et peut déplacer, expulser les molécules qui forment dans les poumons une série de petits engorgcmens. G’est un tel phénomène qu’on cherche à produire, peutêtre sans y songer, par les modificateurs divers employés contre la phthisie pulmonaire. Il n’est pas de modificateur plus puissant que celui qui parvient dans le parenchyme d’un organe; or, le mercure à l’état naturel possède cette propriété. Pourquoi dans une maladie désespérée n’emploierait-on pas un remède qui, bien administré, ne produit que des effets salutaires?

MALADIES DE if APPAREIL

MALADIES

DK

Le cœur, organe d’impulsion du sang; les artères , canaux destines à porter ce fluide dans toutes les parties de l’économie animale, les veines, canaux destinés à le rapporter au cœur : voilà ce qui constitue l’appareil de la circulation du sang.

Le cœur , organe central , offre un côté droit à sang noir et un côté gauche à sang rouge ; de chaque côté il y a deux cavités : l’une se nomme oreillette ; l’autre, ventricule. Yoici comment s’opère la circulation : Le sang vient de toutes les parties du corps, il est versé par deux veines, les veines caves , dans l’oreillette droite ; il passe de cette oreillette dans le ventricule droit, et de ce ventricule dans un gros vaisseau, l’ artère pulmonaire , qui , se divisant en deux branches, le verse dans l’un et l’autre poumon, afin qu’il se mette en rapport avec l’air atmosphérique. De petites soupapes ou valvules garnissant l’ouverture qui communique de l’oreillette au ventricule, et l’ouverture de l’artère pulmonaire,

empêchent, en se soulevant, le cours rétrograde du liquide.

Le sang , après avoir subi dans les poumons l’influence de l’air atmosphérique, s’étant enrichi de principes nouveaux , par la fixation de l’oxigène et son mélange avec le chyle, est versé dans le système veineux et revient au cœur par quatre conduits , les veines 'pulmonaires, qui le portent dans l’oreillette gauche. De là il parvient dans le ventricule gauche, d’où il passe dans l’artère aorle , qui le répand dans toutes les parties de l’économie animale. Des valvules empêchent encore que du ventricule le sang ne reflue dans l’oreillette, et de l’aorte dans le ventricule. Le retour du sang au cœur, de toutes les parties du corps, et la répétition successive du trajet qui vient d’être indiqué , constitue la circulation sanguine.

IÆSIOXS DU CŒUR.

L’organe d’impulsion du sang ne peut se mouvoir sans susciter un ébranlement, qui se réfléchit dans toute l’économie animale. Touche-t-on une artériole, on y ressent une pulsation isochrone, c’està-dire correspondante à la contraction du cœur : c’est parce que cet organe est formé d’un tissu musculaire, robuste, qu’il possède une telle force d’impulsion. Aussi sa structure, ses usages deviennent-ils une source fatale de maladies.

Hypertrophie.

Les parois des oreillettes, mais surtout des ventricules, acquièrent quelquefois trop d’épaisseur, partant trop d’énergie. Le sang, dès-lors, est poussé avec une extrême violence , il parvient au cerveau , et y détermine des secousses. Les colonnes sanguines, frappant un conduit circonflexe creusé dans l’un des os du crâne, produisent un bruit que perçoit le malade et qui l’affecte. Mais aussi des mouvemens anormaux se remarquent dans la poitrine, les parois de cette cavité sont frappés avec force; la main, l’oreille, la vue même font juger d’une exaltation dans les contractions du cœur. Ces phénomènes, et d’autres encore, dénotent Y hypertrophie , c’est-à-dire l’accroissement du tissu musculaire, et constituent une affection désignée aussi sous le nom d’ anévrysme actif. Quelquefois il existe une dilatation des cavités avec amincissement des parois, la circulation éprouve du trouble, il y a des mouvemens désordonnés, tumultueux : c’est l’anévrysme passif.

Les progrès de l’une ou de l’autre de ces lésions peuvent amener la mort , car des épanchemens de sang, des hémorrhagies internes, l’apoplexie ou cérébrale ou pulmonaire sont de fréquentes conséquences ou de l’anévrysme passif ou de l’anévrysme actif.

Si l’on reconnaissait des symptômes de ces lé-

sions, on devrait, par un régime sévère, par des saignées répétées, diminuer la force et la quantité du sang : c’est le système le plus convenable de médication; mais si, malgré cela, la maladie organique du cœur s’entretient et s’aggrave, il faut recourir aux saignées locales, appliquer des réfrigérans : l’eau froide, la glace dont on fait un usage soutenu. On met ainsi en pratique deux méthodes vantées : la méthode débilitante, et la méthode réfrigérante.

On commet une grande erreur en considérant comme hypertrophie du cœur ce qui n’est qu’un spasme , qu’une affection nerveuse de cet organe. Tout ce qui porte à l’ame se réfléchit sur le cœur; des palpitations , des contractions violentes annoncent les impressions qu’éprouve le cerveau. Les affections tristes ou gaies produisent indistinctement les mêmes effets. Il ne faut donc point s’en laisser imposer en prenant une hypertrophie pour une névrose. Or, dans ce dernier cas, le même traitement ne pourrait convenir, il devrait être essentiellement moral. Le calme d’esprit, une volonté établie à l’avance, pour parer aux coups que pourrait recevoir l’organe des pensées, seraient propres à prévenir desaccidcns qui auraient nécessairement lieu si l’on n’usait de sages précautions. Dans la classe des remèdes anti- spasmodiques, parmi lesquels figurent l’éther, l’assafœtida, les tempérans, notamment les bains, on trouve d’utiles ressources.

Plaies «lu cœur.

Je ne veux que signaler les lésions physiques du cœur. Qui ne comprend la gravité d’une plaie qui pénétrerait dans les cavités de cet organe ? Ne serait-elle pas instantanément mortelle , si elle était étendue ? Une hémorrhagie n’en serait-elle pas F infaillible conséquence ?

Toutefois, on ne devra pas désespérer dans une plaie du cœur. En affaiblissant le malade par des saignées copieuses , en appliquant des réfrigérans , en observant le plus rigoureux repos , on peut obtenir la cicatrisation, s’il n’y a qu’une petite perforation. On aurait surtout lieu d’espérer la guérison , si les parois du cœur n’avaient été qu’effleurées , et si le corps vulnérant n’avait pas pénétré dans les cavités de cet organe. Mais comment s’assurer à l’avance du juste degré de la lésion? On ne peut acquérir à cet égard que des données trèsconjecturales,

On ne doit pas considérer les plaies du cœur comme rigoureusement mortelles; le tissu musculaire sécrète une matière albumineuse qui fournit des matériaux d’adhésion , et une véritable cicatrice peut s’opérer. Mais de combien de prudence ne doiton pas s’armer ! Et à quel blâme ne s’exposerait-on pas si l’on sondait les plaies du cœur, en imitant la conduite qu’a suivie un chirurgien d’une grande célébrité dans une catastrophe mémorable !

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