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pinces, on pratique la torsion de leur pédicule, qui se rompt; dès-lors l’extirpation s’opère aisément.
Lésions «lu sinus maxillaire.
Une cavité nommée antre d’Hygmore, ou sinus maxillaire , est creusée dans l’épaisseur de l’os maxillaire supérieur. Un coup porté sur la face est suivi quelquefois d’un gonflement considérable qui augmente de plus en plus; l’os maxillaire se distend , se ramollit, s’altère: on pense, dans ce cas, qu’il y a une lésion quelconque dans le sinus. Une variété de polypes, qu’on qualifie de fongus, s’y développent , y acquièrent une croissance illimitée , dégénèrent , et prennent un caractère cancéreux. Il devient indispensable d’attaquer les parois du sinus , ou par la face ou par la voûte du palais, pour parvenir dans sa cavité et opérer l’extraction du fongus. Il est utile alors, pour détruire le mal et empêcher la récidive, de cautériser avec un fer rougi à blanc.
Collections de liquides .
Au lieu d’une masse charnue, le sinus maxillaire contient quelquefois un liquide : c’est de la sérosité, du pus, ou toute autre humeur. De toutes les collections, celle qui constitue l’abcès est la plus fréquente. Le gonflement de la face ne peut en être un signe suffisant, car c’est un symptôme commun aux autres maladies du sinus. Ce n’est que lorsque
du pus s’écoule par la narine ou par une alvéole qu’on peut affirmer l’existence d’un abcès.
Lorsqu’on est assuré de la présence d’un liquide, il faut lui donner issue. S’il y a une brèche à l’arcade dentaire par le manque d’une dent, on profite de cet espace pour faire une perforation à l’aide d’un trois-quarts ou d’ un instrument analogue, afin de parvenir dans le sinus. S’il ne manque pas de dent, on peut arracher l’une des petites molaires, et dans le fond de l’alvéole on perfore l’os maxillaire avec un trois-quarts, on pénètre dans le sinus; le pus s’écoule, l’abcès se vide, et par des injections détersives on parvientà tarir la source du pus.
Ozène.
Quelle est cette maladie qui fait nommer punais ceux qui en sont atteints? Consiste-t-elle dans un dépôt de pus formé dans l’antre d’Hygmore, qui , en croupissant, exhale une odeur fétide? Est-ce une carie, une nécrose des lamelles osseuses qui sont si nombreuses dans les cavité nasales et dans les cellules ethmoïdales, sphénoïdales et frontales? Y a-t-il un vice spécial , comme le syphilitique, le scrofuleux , qui entretient cette fâcheuse disposition morbide? C’est l’une de ces choses; mais toujours est-il que la punaisie est une affection infiniment désagréable.
Il faut être absurde, prétentieux à l’excès ou imposteur, pour affirmer de guérir l’ozènc par une
cautérisation dirigée dans les fosses nasales, ou en plaçant dans ces cavités un corps qui , empêchant l’entrée de l’air, favorise la cicatrisation d’un prétendu ulcère. L’anatomie fait connaître combien les cavités nasales et leurs accessoires sont étendus et compliqués. Un instrument armé d’un caustique ne peut parvenir que sur certains points, encore est-il dirigé au hasard. La cautérisation pour la cure de l’ozène est donc illusoire.
J’ai employé avec succès une méthode que je présente comme très-rationnelle. Elle consiste dans d’abondantes injections 5 mais pour que ces injections soient ellicaces, elles doivent être précédées du tamponnement des ouvertures postérieures des fosses nasales. On peut se servir de liquides détersifs aromatiques. L’eau de rose, de plantin, où l’on ajoute du sulfate de zinc, est le collyre auquel on doit donner la préférence.
LÉSIONS DES ORCiAVES DU TACT.
La faculté de reconnaître les caractères physiques des corps est répartie sur toute la surface de la peau; partout le chaud, le froid, la rudesse, le poli peuvent être perçus et jugés. Il en résulte des sensations tantôt agréables, tantôt pénibles. Cette faculté, généralement existante sur la périphérie de l’individu, se nomme le tact. Mais il est des régions où elle s’exerce avec une grande per-
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fection. Les parties se moulent en quelque sorte sur les corps, pour juger de leur forme, de leur élasticité, de leur pesanteur, de tous leurs autres caractères physiques; ces régions, ce sont les mains, et notamment leurs appendices : les doigts. Là, tout est organisé pour que le tact soit parfaitement exercé; il y a des articulations nombreuses, alin que les os , en se rapprochant les uns des autres, permettent de saisir les corps. Il y a notamment un appareil nerveux tout spécial qui se termine et s’épanouit à la pulpe des doigts où siège principalement cette faculté sensitive, cette va riété du tact, que l’on nomme le toucher.
Panaris.
On fait dériver le mot pawans de para, contre, et d 'onyx, ongle , parce que c’est aux extrémités unguéales des doigts que se forme cette maladie. Une piqûre, l’ introduction d’une écharde, une autre lésion physique la déterminent; mais elle dépend aussi de quelque vice occulte, ou bien elle se déclare spontanément sans cause appréciable.
Le doigt médius est le plus exposé au panaris. Comment expliquer cette préférence? Comment surtout se rendre compte de la sympathie fâcheuse que présente cette affection lorsque, après avoir sévi sur un doigt d’une main, elle attaque le doigt semblable de l’autre main ?
Le panaris est une phlegmasie cruelle. A une
douleur sourde, profonde, succède bientôt une douleur lancinante, térébrante; on dirait qu’une vrille est enfoncée dans les tissus et les déchire. Les malades n’ont ni sommeil, ni repos, à moins qu’ils ne se les procurent par l’action des remèdes.
Cependant, l’intensité du mal varie selon ses espèces, ses degrés. Il n’y a quelquefois qu’un érysipèle de la peau qui fait le tour du doigt près la racine de l’ongle : c’est la tourniole , première espèce de panaris. Une ampoule se forme; de la sérosité, puis du pus s’accumulent; on perce l’épiderme, on l’enlève, le liquide s’évacue, bientôt le malade est guéri. Mais le tissu cellulaire sous-cutané est le siège de l’inflammation : dans cette seconde espèce , qui est un phlegmon véritable , il survient une tuméfaction , avec tension et douleur extrême ; on a à redouter toutes les chances de F inflammation ; on voit se former des foyers purulens, le doigt est même parfois frappé de gangrène. Si c’est dans la gaine des tendons que siège la phlegmasie, elle se propage dans les membranes synoviales, se porte fort haut, et détermine des abcès très-douloureux dans la paume de la main : c’est la troisième espèce , Il est une quatrième espèce qui consiste dans l’inflammation du périoste et de l’os; alors on a à craindre la carie, la nécrose, d’où résulte la perte de la phalange et d’une partie du doigt.
Il est évident, d’après cela, que le panaris est
une affection grave. Dès que les symptômes qui le caractérisent se manifestent , on doit se hâter de recourir aux anti-phlogistiques , d’observer une diète rigoureuse, de prendre des bains locaux, d’appliquer des émolliens, des caïmans de toutes sortes.
Quoi qu’on fasse, il arrive que le mal parcourt sa marche cruelle. Pour y mettre de puissantes entraves, rien n’est plus efficace qu’un débridement; la distension des tissus occasionne la douleur; on diminue cette distension en pratiquant une incision, et l’on prévient ainsi de graves accidens qui pourraient survenir. On aurait tort d’attendre , pour opérer le débridement, que le pus soit formé; on doit agir avant sa formation, et souvent on parviendra à l’éviter. Un dégorgement qui s’opère par l’écoulement du sang, devient infiniment favorable.
On conseille, pour le traitement du panaris, d’appliquer des onguens, du vieux oing, et autres choses analogues. Des cataplasmes de farine de lin, arrosés de laudanum, remplacent tout cela fort avantageusement. On peut, lorsque L’ inflammation est abattue , se borner à recouvrir la partie affectée d’un emplâtre d’onguent de la mère.
Pour favoriser la détersion, amener la cicatrisation, rien n’est préférable à des lotions avec du vin miellé, et à un pansement avec de la charpie. On devrait provoquer la chute de l’ongle par de légers ébranlemcns , s’il tendait à tomber, et opérer
l’extraction des phalanges , si elles étaient nécrosées. Dans quelques cas fâcheux , on est forcé d’en venir à une amputation régulière pour mettre fin à un mal qui serait interminable, à une altération de tissus tellement avancée, que leur conservation est impossible.
Onygose.
L’ongle est sujet à prendre dans sa croissance une direction vicieuse; la pulpe des doigts et des orteils se tuméfie à la suite d’une compression, d’une irritation quelconque; il arrive que les bords latéraux des ongles entrent dans les chairs, et y font des scissures profondes, infiniment douloureuses : c’est Vonygose incarné.
Le gros orteil est le siège principal de cette affection; ce n’est point surprenant: le poids du corps, dans la progression , joint à la résistance et à la pression qu’exerce la chaussure, est bien propre à faire entrer un ongle dans les parties molles qui l’avoisinent. Si on laisse croître ainsi ce tissu corné, il n’y a pas de raison pour que la lésion ne s’entretienne et ne s’aggrave de plus en plus. Quelquefois un vice dont est imprégnée l’économie, le virus vénérien notamment , est la cause de cette affection et l’entretient; mais l’onygose est ordinairement une lésion toute simple, idiopathique.
On conseille de relever les chairs et de les brûler avec des cscarotiques ou le fer rouge; d’amincir le
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centre (le l’ongle en le raclant, pour que les bords puissent quitter les chairs en se rapprochant du centre; de relever l’ongle avec des plaques métalliques ; de couper la pulpe des doigts, trop exubérante; de faire tomber l’ongle par l’application de la potasse caustique vers sa base; d’en opérer l’arrachement à l’aide des pinces, et Dupuytren avait adopté cette méthode cruelle. Quant à moi, j’ai adopté un procédé différent de tous les précédons, et j’ai constamment réussi en laissant croître l’ongle, notamment sur ses côtés, en le soulevant graduellement avec de petits corps durs pisiformes formés avec de la charpie. Les bords ainsi se relèvent, quittent les chairs, et bientôt les débordent; l’ongle , au lieu de conserver la forme d’une gouttière , s’aplatit; la fissure des parties molles se cicatrise , et l’onygose incarné, rebelle à tout autre moyen, se trouve guéri par ce simple procédé. Mais il faut user de temps et de patience, introduire chaque jour quelques nouveaux brins de charpie, roulés pour former une petite boule du volume d’une grosse tète d’épingle , afin qu’elle agisse à la manière d’un coin; et au lieu de rogner l’ongle , on doit respecter sa croissance pour qu’il puisse parvenir à déborder les parties molles.
MAL A DIE S
MALADIES
DE